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ligue nationale
de volley

«En mission pour aller chercher le titre»

le 01/07/2026
Loïc Le Marrec revient sur le parcours maîtrisé du MHSC pour aller chercher un 9e titre de champion de France et salue, tout à la fois, les qualités techniques, le caractère et la résilience de son groupe pour y parvenir.
lnv

Loïc, que représente ce 9e titre de champion de France pour le MHSC ?

C'est une fierté dans un premier temps. Un titre, ce n'est pas anodin, ça n'arrive pas tous les ans, c'est dur et ça n'arrive pas par hasard non plus. Il y a une fierté parce que c'est aussi quelque chose qui a été construit depuis un petit moment. On courait après depuis deux, trois saisons, on a fait deux finales de coupe de France (2024, 2025). On a essayé d'avoir une certaine stabilité de groupe dans cet esprit de construire. Cette année ça a payé, avec le titre, mais aussi en Ligue des champions où, je pense, que l’on a fait un beau truc.

Vous lâchez deux sets seulement sur l’entièreté des play-offs. Montpellier a vraiment semblé maîtriser le jeu et l’évènement sur cette phase finale de MSL ? 

En termes de niveau de jeu, j'étais vraiment très content de ce qu'ont apporté les mecs sur le terrain. Par ce qu'ils ont amené techniquement, mais aussi en termes de caractère. Les gars ont senti que cette année, ils étaient en mission pour aller chercher le titre. Ils se sont mis dedans et ils n'ont rien lâché de toute la saison. On a beaucoup parlé de la ligne de réception chez nous. On peut effectivement la prendre comme exemple, mais il y en a d'autres. C'est une ligne de réception qui bosse ensemble depuis un petit moment. La relation ne s'est pas faite seulement cette année. On savait que si l’on voulait pouvoir gagner quelque chose, c'était un des secteurs qu'il fallait conserver. Les mecs se sont dits : «On veut un titre», mais surtout il y a vraiment eu les actes, tous les jours à l'entraînement, sur certains matches très compliqués, après des déplacements, de la fatigue. Les mecs n'ont jamais lâché. Peu importe qui était sur le terrain, parce qu'on a eu notre lot de blessures, l'état d'esprit est resté le même. C'est ce qui a fait qu'on a réussi à renverser parfois quelques situations. Je pense que c'était technique, tactique bien sûr, mais pas que. A un moment, c'était aussi le caractère des mecs.

Et puis, il y a un MVP incontestable, Tomas Lopez Pascual, qui a régné sur la saison !

On l'attend bien sûr sur la réception, la défense, mais il a montré tout au long de la saison que ce n’était peut-être pas le plus haut ou celui qui frappait le plus fort, mais par sa palette technique et son intelligence, il a été très efficace en attaque et c'était un rouage important de notre secteur offensif. De même, il a énormément progressé au service au fur et à mesure des saisons. Et par sa personnalité, ce côté leader par l’exemple sur le terrain, son énergie, il a souvent amené le groupe avec lui.

Un groupe qui a allié expérience, jeunesse, promesses avec une vraie réussite. Montpellier s’est encore construit cette saison ?

Oui, bien sûr. C'est vraiment une victoire de groupe, c'est la victoire d'un collectif. Avec la blessure de Nicolas Le Goff, même si on prend un joker médical, Haukea Mare a joué quasiment tout le temps sur ces matches-là. Il avait une chance à prendre, il l’a prise, il s'est révélé, ce n’était pas facile. On a eu aussi la blessure de notre pointu, Simon Hirsch, pendant plus de deux mois, et Vincent Mathias, jeune joueur, a donné le meilleur. Autour, les cadres, Ezequiel Palacios, Matias Sanchez, Corentin (Phelut) ont accepté la situation. Ils ont dit : «Ok, on a des blessés, on va donner la chance aux jeunes, on va les aider, on va les accompagner.» Cette confiance des pairs, entre guillemets, et du staff, a fait que les joueurs ont pu garder cette insouciance de la jeunesse pour pouvoir faire leur numéro, et ça a très bien fonctionné.

Vous évoquiez votre parcours en Ligue des Champions. Il n’y pas eu une petite pointe de frustration à l’arrivée, après l’élimination en «huitièmes de finale» face à Las Palmas ?

Franchement, sur le coup, j'étais déçu, parce qu'on ne passe pas très loin, parce qu'il ne manque pas grand-chose. On a la place, et si jamais on passe en quarts, ce n'est pas volé. Mais ça a été assez vite digéré, ça a été assez vite accepté, parce qu'on avait quand même fait des grandes choses. Pour moi, le moment le plus dangereux aurait pu être après l’élimination en Coupe de France. C’était un objectif majeur, on s'est fait sortir au premier tour et c'était assez tôt dans la saison. Là, il ne fallait pas rester là-dessus. Mais tout au long de la saison, on a vu la résilience de l'équipe par rapport à certaines défaites, à des fatigues. Les gars ont toujours su rebondir, ont toujours su trouver le chemin pour se relever, quoi qu'il se passe.

A titre personnel, cette intersaison est un virage, puisque vous quittez votre poste de coach pour celui de directeur sportif. Pourquoi ce choix ?

On a envie de s'inscrire dans le haut du tableau avec Montpellier, au niveau national, franchir des petits caps aussi au niveau européen. Il manquait un poste, ce poste de directeur sportif au club. En tant qu'entraîneur, avec mon staff qui a été extraordinaire, on avait beaucoup de choses à gérer, peut-être trop de choses à gérer. Quand le président, Jean-Charles Caylar, m'a dit que ce poste allait se créer, il m'a demandé si ça m'intéressait. J'ai accepté. Pour le club, pour tenter de grandir, d’évoluer encore vers le plus haut niveau, je pense que c'était un passage obligé. C'est pour cela que j'ai accepté. Maintenant, après ces trois dernières saisons qui ont été exceptionnelles à vivre pour moi, comment vais-je ressentir les choses avec un peu plus de hauteur ? Je pourrai y répondre la saison prochaine (sourire). Mais c'est aussi un peu la suite logique de mon aventure avec ce club.

lnv