Un triplé sur la table

Saforelle Power 6 (Finale aller)
Voilà donc un beau et grand moment. A Marcel-Cerdan ce soir, en ouverture de la finale du championnat, Levallois Paris croise Mulhouse sur le dernier chemin de la saison 2025-2026. Cela paraît finalement assez naturel, de retrouver au sommet, pour les derniers pas de danse de l’exercice, le double tenant du titre et l’équipe qui a outrageusement dominé la saison, côte-à-côte pour un ultime duel suprême.
Et pourtant, paradoxalement, ce sera la première fois en Saforelle Power 6, à ce stade où l’on tresse les lauriers. Mulhouse n’est plus reparu sur la dernière scène depuis sa finale perdue face au Cannet en 2023. Quant aux Mariannes, elles n’ont pas forcément connu une saison étale et linéaire, mais elles affichent sur cette fin de parcours un allant, un physique et un état d’esprit capables de les pousser très loin.
Incontestablement, cette finale sera belle, entre deux écuries carénées pour les grandes œuvres et qui courent, finalement, après la même chose : un triplé. Seulement vaincu par Le Cannet sur l’entièreté de la saison régulière, le VMA a impressionné par sa ligne collective, la profondeur de sa rotation, sa discipline dans le jeu. Auteures d’un exercice au long cours remarquable, avec un seul revers en 24 journées (au Cannet), Mulhouse a pourtant failli chuter d’entrée de play-offs face aux Burdis de Bordeaux Mérignac. Sous pression, chahutées par des Girondines décomplexées, les Alsaciennes sont passées deux fois à un point du vide.
Une peur immense qu’elles ont chassée, pour maîtriser ensuite Le Cannet et se présenter en finale, armée de toutes leurs forces. De l’orchestration lancée par Gretell Moreno à sa double lame offensive US, Reagan Rutherford – Katelyn Evans, en passant par un centre costaud avec Kjersti Strong et Uliana Kotar, et un fond de terrain où Julia Casadei fut impeccable en demi-finales, au relais de la capitaine, Léa Soldner, le VMA a les moyens de combler toutes les failles pour tenter de décrocher le troisième titre de champion de France de son histoire.
Le 3. C’est décidément le chiffre qui guide cette finale. Car les Mariannes ont la même cible dans le viseur : un troisième sacre national, qui plus est consécutif ! Rebâti au printemps 2023 sous la bannière Levallois Paris, le club francilien s’est immédiatement installé en commandeur dans l’hexagone. Et il n’a cessé de grandir depuis. Avec trois succès en six matches en Ligue des champions cette saison, il a même pris date pour les campagnes futures à l’échelle continentale désormais.
Si tout ne fut pas simple à gérer cette année pour Alessandro Orefice, le double tenant du titre a eu cette formidable capacité à rebondir, à s’adapter. Quand il a perdu sa pointu allemande, Lena Kindermann, au cœur de l’hiver, il a responsabilisé une jeune internationale français de 18 ans, Cyrielle Depie, qui tient depuis le rôle avec un immense talent et une maturité bluffante.
Là aussi, le roster est solide. Dans les pas de sa passeuse et capitaine, Victoria Mayer, Levallois Paris affiche un dynamisme et un caractère féroce depuis le début des play-offs. Magdalena Bukovska est capable de faire des ravages en bout de filet, Nika Milosic, Avril Garcia et Tessa Polder forment un trio de centrales redoutable.
Reste que cette saison, les chiffres marquent fort en faveur du VMA. En quatre confrontations (championnat, Coupe de France et Supercoupe), Mulhouse l’a emporté quatre fois ! Les Mariannes trouveront-elles la clé au meilleur moment de la saison ? On aura une partie de la réponse ce soir, à Marcel-Cerdan, théâtre de la première manche de cette grande série finale.
