Sète et Paris, le grand défi

Ils sont face à un grand défi. L’Arago Sète et le Paris Volley ont un pied dans le vide, avant les demi-finales retour vendredi soir. Trublions des Play-Offs, ils ont magnifiquement bousculé la hiérarchie établie en saison régulière pour en arriver là, avec des rêves en tête désormais, forcément. Sixièmes de l’aventure au long cours, la troupe de Fulvio Bertini a écarté Tourcoing avec une belle autorité en quarts de finale. Quant au Paris Volley, moribond en février, reconfiguré en grand de France en Play-Offs, il a déjà frappé très fort en évinçant sans ménagement le champion de France en titre, Tours, en quarts de finale. Et il aimerait conter l’histoire un peu plus loin.
Pour cela, Sète et Paris doivent cependant renverser la table, après avoir été logiquement dominés en demi-finales aller le week-end passé. Au Barrou, l’Arago a subi le talent, le collectif et la puissance du voisin héraultais, Montpellier (1-3). Champion de France 2022, le MHSC fait figure de favori parmi les armées du dernier carré. Sitôt l’élimination actée en Ligue des Champions face à Las Palmas, Loïc Le Marrec et sa troupe ne s’étaient pas cachés, faisant de la quête du titre de champion de France l’objectif de l’année. Pour tenter d’enrailler l’ordonnancement montpelliérain, Sète devra venir chahuter sa réception, impacter au service, mettre Corentin Phelut et Tomas Lopez Pascual dans l’inconfort. Avec Luuc Van der Ent (3 aces à l’aller), Sète a les moyens de hausser le curseur dans ce domaine. Mais le MHSC n’a qu’une idée en tête : terminer le travail ce vendredi soir et s’éviter un match d’appui sur un fil dans deux jours.
Poitiers en est sûrement au même stade dans sa réflexion. Impeccable depuis le début des Play-Offs, une phase finale où il n’a pas encore perdu le moindre set en trois rencontres, l’Alterna Stade Poitevin n’est plus qu’à une marche de disputer une deuxième finale consécutive, après celle perdue face à Tours en 2025. A l’aller, à Charpy, Poitiers a étalé sa force collective, un block-défense en place, un passeur, Anatole Chaboissant, inspiré et qui peut pianoter à sa guise entre les bouts de filet et le centre, où, de Kevine Kobrine à Thomas Pujol, en passant par Simon Magnin, la diversité offensive poitevine est un atout crucial.
Dans le chaudron de Lawson-Body, où Paris devra gagner deux fois s’il veut retrouver la finale, dix ans près son dernier sacre en 2016, où Poitiers n’a plus perdu depuis huit rencontres en MSL, le défi est donc immense pour le Paris Volley. Mais le retour d’un homme, Vasilii Molotkov, peut tout changer. Malade et absent il y a une semaine, l’attaquant russe vaut 20 points par match et est un danger permanent à chacun de ses passages sur la ligne de service. Sa complémentarité avec Mathis Henno a fait des ravages face à Tours en quarts de finale. Le duo reconstitué, ce soir, peut donc encore porter Paris très haut. Il le faudra ce soir, puis dimanche encore, pour que le 10e de la saison régulière fasse de son aventure une histoire extraordinaire.
