L’heure des braves

Il fallait avoir un sacré flair, un don divin ou la capacité à lire dans le marc de café pour désigner sans faute le dernier carré de la Marmara SpikeLigue cette année. A l’inverse de la Saforelle Power 6 qui a réuni les têtes de série 1, 2, 3 et 5 pour l’avant-dernière scène, on a tout envoyé valser chez les hommes. Pour proposer ce vendredi soir, des demi-finales inattendues mais pleines de bravoure et de panache, qui convoquent au grand rendez-vous le 6e et le 10e du classement régulier !
Les deux invités au loin vont d’ailleurs ouvrir à domicile la série pour tenter le gros coup et mettre d’entrée sous pression leur adversaire mieux classé. On parle là de Sète, qui croise le fer avec son voisin montpelliérain, dans un derby héraultais qui ne manque pas de piquant. 6e à la régulière, l’Arago ne part évidemment pas favori face à un MHSC qui n’est tombé que cinq fois en championnat, a laissé seulement un petit set à Cannes sur le chemin en quarts de finale et pas plus aux Sétois en deux confrontations remportées cette saison.
Mais l’histoire est belle pour la troupe de Fulvio Bertini, plus vue à ce stade de la compétition hexagonale depuis 2016 et une finale perdue face à Paris. En quarts de finale, Sète a été impressionnant de discipline, de solidarité et de solidité défensive, cumulant notamment 22 contres sur les deux duels, pour sortir proprement Tourcoing en deux manches.
Il faudra mettre les mêmes ingrédients, et d’autres encore sans doute, pour venir chatouiller Montpellier, dans une opposition où les grosses têtes offensives dépassent rarement. En effet, cette demi-finale est bien plus celle de la diversité en attaque que le défi de deux pointes affutées. Avec aucun marqueur dans les quinze premiers scoreurs de MSL (Nooa Marttila, 10,7 pts, 26e pour Sète, Tomas Lopez Pascual, 12,7pts, 17e pour Montpellier), les deux camps mettent de l’argent au coffre en variant les plaisirs avec une belle efficacité souvent. Défensivement, c’est du costaud de part et d’autre en réception, avec deux binômes particulièrement efficaces : Lopez Pascual- Phelut côté MHSC et Marttila – Worsley à l’Arago. Cela promet donc une jolie bataille tactique.
L’autre demi-finale devrait faire du bruit. D’un côté, le Paris Volley, métamorphosé depuis l’arrivée de deux hommes nourris à la même source du travail intense et bien fait : Mauricio Paes en bord de touche et Mathis Henno en agrandisseur d’ambitions. Arrivé à la mi-février, le coach franco-brésilien a redonné du caractère au jeu parisien et insufflé de la confiance à sa jeune troupe. Résultat : 10 succès en 12 matches sous ses ordres, une Coupe de France dans le cabas et des rêves en grand après avoir sorti Tours sans ménagement et en deux manches en quarts de finale. En attaque, le duo Molotkov – Henno est diablement efficace et complémentaire (77 pts, 8 aces, 6 contres additionnés sur les deux matches face au TVB), à la passe, l’ancien, Axel Jacobsen (41 ans), a retrouvé l’inspiration et Jérémie Mouiel en fond de terrain semble capable de boucher tous les coins.
Reste qu’en face, Poitiers, c’est solide, précis et incisif. En quarts, l’Alterna n’a pas concédé le moindre set devant Toulouse et son passeur, Anatole Chaboissant, a régalé sur le match 1. En attaque, la doublette Kevin Kobrine – Thomas Pujol (29,5 pts cumulés de moyenne par match) peut faire de très gros dégâts. En réception, Poitiers tremble rarement, posé sur deux socles en dur, Franco Massimino et Tom Picard. Le SPVB paraît donc armé pour faire face à la dynamique parisienne et retourner en finale pour la deuxième année consécutive. Un désir qui chatouille Paris aussi évidemment. Titré en 2016, le Paris Volley n’a plus joué un dernier acte en championnat depuis dix ans.
