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ligue nationale
de volley

Anatole, la belle étoile

le 11/01/2023
Arrivé cet été à Nantes Rezé comme deuxième passeur derrière l’illustre Yannick Bazin, Anatole Chaboissant est devenu, à 19 ans et sans aucun complexe, en quelques semaines le maître à jouer du NRMV, actuel deuxième de LAM.
lnv

De loin, il se dit bien que tout cela sort un peu du cadre de la normalité. Mais visiblement, cela ne l’émeut ni ne l’effraie pas plus que cela. A 19 ans, pour sa première vie en LAM, après trois saisons au CNVB et une année dernière à la tête du jeu de France Avenir 2024 en Ligue BM, Anatole Chaboissant a débarqué sur le tard cet été à Nantes Rezé pour apprendre, fourbir ses armes et se tanner un peu la couenne au plus haut niveau français.

Ce devait être ainsi. Devant lui, Yannick Bazin, illustre figure du volley français, international multi-galonné de 39 ans, devait lui damer le terrain, lui transmettre les clés et le savoir pour que le jeune «padawan» soit ainsi formé à l’aube de la saison 2023-2024. Mais, l’histoire a palpité et les choses sont allées bien plus vite que prévues. Trois premières journées dans l’ombre de Yannick, puis deux rentrées parfaitement réussies, sur les trois derniers sets contre Cambrai puis les deux ultimes manches à Poitiers pour deux victoires 3-2 et surtout cette impression dégagée d’un coup, avec force et netteté, que le «gamin», sans doute était déjà prêt. «Je ne m’attendais pas à ce que cela aille si vite forcément», convient Anatole, d’un ton parfaitement posé. «J’avais signé en tant que deuxième passeur derrière Yannick, l’objectif était qu’il me passe le flambeau pour l’année prochaine. Le fait de jouer aussi vite, c’était une surprise pour moi. Maintenant, j’essaie juste de faire ce qu’il y a à faire à mon poste», résume-t-il, sans plus de gesticulations que cela.

Evidemment, cette maturité, ce détachement, cette approche parfaitement maitrisée des évènements et du jeu ne pouvaient échapper à l’avisé Hubert Henno. Le coach nantais, dans une audace qui le caractérise, a donc propulsé Anatole en tête de page, titulaire en LAM dès la 6e journée face au champion de France en titre, Montpellier, pour ne plus lâcher les rênes depuis et participer grandement à la belle aventure du NRMV, seul posté à la 2e place du classement, à cinq longueurs de Tours, avec seulement trois défaites en quinze matches ! «Il n’y a pas eu de discours particulier. Hubert m’a annoncé à l’échauffement du match contre Montpellier que je serai titulaire. J’ai reçu cela comme une chance. Je sais que ce n’est pas donné à tout le monde de jouer ainsi en Ligue AM, à mon âge, après quelques matches seulement. Cette chance je l’ai tout de suite saisie», raconte Anatole.

Et là encore, pas d’enclume, pas de poids sur les épaules de ce fils de volleyeurs, nourri au grain niortais, licencié dès l’âge de 4 ans au VBPN dont le papa fut longtemps président, tandis que la maman, Béatrice Trésor, fit un bout de route chez les professionnelles (Béziers, Clamart, Châtelaillon). Très tôt, Anatole était en chemin. Et même s’il s’essaya au rugby et au tennis de table, le fruit ne pouvait fatalement pas tomber loin de l’arbre. Et c’est avec une déconcertante décontraction, une légèreté bluffante qu’Anatole mène sa vie et dirige le jeu de Nantes Rezé, guidé par une belle étoile. «J’ai toujours été joué comme ça, relax. Ça a toujours été mon style de jeu. Je n’ai pas eu de souci par rapport à cela. Dans les moments chauds, je n’ai jamais eu de pression supplémentaire pour les matches ou quoi que ce soit. Je savais que j’allais réussir à m’adapter», dit-il encore calmement.

En fins connaisseurs, Hubert Henno ne le bride pas et Yannick Bazin glisse à l’oreille du successeur les petits mots qui vont bien aux temps-mort. «On s’entend très bien avec Yannick, il me donne deux, trois conseils en match. Hubert me laisse beaucoup d’expression dans le jeu. C’est moi qui gère le jeu, je n’ai pas de restriction», avise l’étudiant en Staps à Nantes, qui aimerait aussi approfondir sa connaissance des langues étrangères l’année prochaine.

Si Anatole a bien conscience que l’effet de surprise dont il a pu profiter sur la phase aller ne jouera plus désormais sur la phase retour, il ne s’en fait, là encore, pas plus que cela. «Ce qui me plaît dans le volley, c’est juste de jouer, de prendre un maximum de plaisir», résume-t-il, sans broder. «Je suis un passeur assez calme et posé dans le jeu mais aussi créatif. J’aime bien ne pas être forcément dans le jeu classique.» Cela colle plutôt bien à la trajectoire du jeune homme, singulière et fulgurante en LAM.

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