«Les premiers indices sont bons»

Quelles sont les champs d’expression majeurs sur lesquels la LNV veut travailler et avancer cette année ?
Cette saison marque le vrai retour de la lnv dans le "game" médiatique. On était absent des tv linéaires depuis des années. Là, on a un partenaire avec une très belle marque qui est beIN (pour la LAM) et les passionnés de sport vont pouvoir retrouver le volley tous les vendredis sur beIN, avec un match le vendredi soir qui sera le seul de la journée. C’est un évènement extrêmement important. La Ligue Féminine (LAF) n’est pas oubliée, avec un match décalé le mardi sur la chaîne twitch de RMC Sports. C’est quelque chose d’extrêmement intéressant pour nous, car la population des spectateurs des sports indoor vieillit et il est capital de se trouver sur des supports médiatiques qui sont utilisés par les générations Y et Z. Cette réussite du grand retour du volley professionnel dans l’univers médiatique nous donne un champ d’expression beaucoup plus large que celui que l’on avait. Autre objectif majeur, réussir la migration de LNVtv, qu’on a totalement «reworkée», avec des caméras 4K haute définition. On va également avoir une appli ! Il faut correspondre au mode de consommation aujourd’hui du spectateur. C’est une clé d’accès à un autre public et je pense que LNVtv va marquer des points importants cette année, avec une accessibilité beaucoup plus grande. Aujourd’hui, on est suivi globalement par près 30.000 personnes, c’est une progression assez vertigineuse car on est passé de 10.000 à 30.000 en un an et demi ! C’est un outil de conquête stratégique pour nous.
Au-delà du paysage médiatique, l’effort entamé sur la structuration des clubs pros va évidemment être poursuivi ?
On veut à la fois pérenniser nos clubs pros et les aider dans leur progression. On recherche une excellence qui passe par des critères économiques bien évidemment, mais ces critères sont supportés par un spectacle sportif. Et ce spectacle, il faut être capable de le monnayer, de le rendre «bankable», avec des clubs qui progressent année après année. Nous allons instaurer en fin d’année une Licence Club. C’est une année charnière où les clubs vont se préparer à intégrer cette Licence Club, qui a des exigences structurelles, RH, financières, administratives, sportives afin d’être en mesure de fournir le meilleur des spectacles.
Cela veut-il dire qu’en fin de saison, les clubs qui ne rempliraient pas ces exigences, même maintenus sportivement, pourraient éventuellement être sortis de la division dans laquelle ils évoluent ?
Cela pourrait être envisagé comme ça. Ça ne sera peut-être pas aussi manichéen la première année, parce que les clubs ne maîtrisent pas encore l’ensemble des éléments qui font partie de cette Licence Club .Cependant il y aura deux, trois items éliminatoires à moyen terme qui devront donc etre priorisés par les Clubs. C’est une petite révolution. Mais je rappelle que cette Licence Club, qui demande aux clubs de nouveaux efforts de professionnalisation, a été votée l’unanimité en comité directeur, ce qui prouve la grande maturité des Dirigeants de clubs, qui ont un vrai objectif commun : le volley d’excellence , le volley spectacle.
Un peu plus d’un an après le vote de cette Licence Club, où en sont les clubs de manière générale dans leur travail de structuration et de professionnalisation ?
Les premiers indices sont bons. C’est évident qu’au départ, il y a des clubs déjà bien structurés, pour lesquels la Licence Club est un petit aiguillon pour aller plus loin. Après, il y a aussi des clubs qui arrivent juste dans l’univers professionnel et qui ont plus de difficultés à se poser véritablement. L’objectif sur cette Licence Club, c’est d’avoir 80% des points pour avoir la licence dans un premier temps. L’intérêt c’est que chacun choisisse le chemin, la stratégie qu’il souhaite développer pour atteindre ces 80%. Chaque club va avoir des priorisations différentes. Ce qu’on veut, ce sont des clubs pérennes qui ne fassent pas du «one-shot» dans l’univers professionnel.
Sur le volet sportif, les performances des clubs à l’échelon européen (Tours en finale de CEV Cup, Narbonne champion d’Europe en Challenge Cup) peuvent-elles impacter le volley lnv ?
Si on parle d’attractivité, nos salles n’ont jamais été aussi pleines. Les performances de nos clubs à l’échelon européen, les performances des équipes de France participent à la médiatisation du volley. On constate une augmentation de 15% en moyenne des fréquentations de nos salles. Après, sur le plan sportif, il faut faire un bilan différencié du monde masculin et du monde féminin. La LAM est aujourd’hui clairement la 4e Ligue européenne si on raisonne par le haut. Après, si on raisonne sur la qualité moyenne du championnat, pour moi le championnat français est en 3e position. C’est-à-dire que le ventre mou de notre championnat est supérieur au ventre mou du championnat polonais, même si les quatre premières équipes polonaises sont au-dessus des quatre premières équipes françaises. On a aujourd’hui pléthore d’internationaux dans notre championnat ! Pour le volley féminin, c’est plus compliqué parce que la structure du volley féminin est plus éparse. On a cinq clubs à vrai potentiel européen et derrière des clubs pour qui la Licence Club est un vrai enjeu parce qu’elle va leur permettre justement de devenir compétitif.
Après l’instauration des Play-Offs, avec notamment des séries en cinq matches, et des Play-Downs en LAM l’an passé, le format de la deuxième partie de saison innove encore cette année ?
On a instillé encore un peu plus de dramaturgie cette année, en faisant une finale au meilleur des deux matches, avec set en or ! C’est une dramaturgie qu’on a reprise à la CEV. Je me rappelle, en tant qu’ancien président de Tours, avoir gagné la CEV sur le set en or contre Trente (2017) et je peux vous dire que c’est une ambiance phénoménale. Quand on a proposé cela, tout le monde a adhéré. En termes de communication, c’est beaucoup plus simple. Il y a un match aller et un match retour et les deux sont des matchs couperets quelque part. On sait quand on connaît le champion. Cela concernera les trois divisions.
