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ligue nationale
de volley

Célestin, à ciel ouvert

le 01/12/2021
Au relais de Théo Faure, blessé, le jeune pointu montpelliérain, Célestin Cardin, tient le rôle magnifiquement et savoure ses premières grandes heures en LAM, après un début de carrière et deux saisons à Nantes-Rezé où la blessure a longtemps freiné l’éclosion d’un très grand potentiel.
lnv

Cette fois il y est, pleinement. Les deux pieds dans le grand monde et un large sourire droit devant. A 22 ans, Célestin Cardin semble avoir chassé tous les doutes du passé, les blessures qui l’ont si souvent freiné, la pression qu’il se mettait, fatalement, sur ses rares entrées la saison dernière à Nantes-Rezé, alors que la première année en Loire-Atlantique avait été essentiellement passée à réparer une rotule luxée. «La blessure, les douleurs, on n’en parle plus aujourd’hui. C’est une partie de ma vie, il ne faut pas oublier, car ça m’a forgé. Mais désormais, je fais des séances d’entraînement comme un joueur normal, je refais des séances de musculation normales, ce que je ne pouvais pas faire avant», savoure le jeune Breton, qui a d’abord intensément bossé le physique cet été, avant de peaufiner la technique et le volley.

Avec un physique au carré et une mentalité d’aplomb, encore lui fallait-il une ouverture, pour se montrer. Dans le sport collectif de haut niveau, tout est question d’opportunités pour les jeunes joueurs. Pour Célestin, elle est venue, comme souvent, de la blessure du titulaire du poste, Théo Faure. Victime d’une entorse de la cheville face à l’AS Cannes le 20 novembre dernier, le premier pointu du Mvuc a dû s’écarter. Olivier Lecat a tourné son regard vers l’ancien pupille du CNVB, celui qui claqua 34 points à 65% en attaque pour son premier match pro, en LBM face au Plessis-Robinson il y a trois ans. Célestin a foncé, enthousiaste, impavide, convaincu. Et depuis, il a tout ravagé ! Elu MVP («même si sur les stats, je n’aurais pas dû recevoir le trophée sur le match contre Cannes», reconnait-il honnêtement) lors des trois derniers matches, Célestin s’est élevé d’un coup. «J’y suis allé sans pression. Théo s’est blessé, je me suis dit, de toute façon, il faut y aller ! C’est le problème que j’avais avant, peut-être que je me mettais un peu de pression comme à Nantes, quand je rentrais. Là j’ai réussi à la gérer et j’ai vraiment senti l’équipe derrière moi.» Et Montpellier n’a plus lâché un set en championnat. Et le jeune pointu suppléant  a tourné à 18,5 points de moyenne lors de ses deux dernières sorties ! «C’est l’éclosion, mais franchement, depuis le début de l’année, on travaille pas mal avec Olivier. Il n’y a pas eu de discours, il me fait confiance depuis le début, il me voulait déjà à ma sortie du CNVB. Comme le physique va bien, je peux travailler sur des choses spécifiques, trouver d’autres angles d’attaque, être plus régulier», note Célestin, venu au volley sur le sable des plages de Plancoët.

Célestin savoure ces beaux jours, sans se poser plus de question que cela quand Théo Faure reviendra dans le jeu, a priori dans une semaine. «Pour l’instant, je ne sais pas du tout ce qu’il se passera après. Théo reste quand même à un très bon niveau. S’il y a des moments où il est moins bien, je pourrais venir en soutien, on pourrait se partager le temps de jeu», extrapole-t-il, avec prudence. En attendant, il profite et se félicite de n’avoir jamais flanché, même quand la blessure et les douleurs l’ont si souvent accompagné par le passé. «Je ne dirais pas que je l’ai bien pris, mais je faisais tout pour les gommer. J’ai eu un gros mental car ce n’était pas simple de te dire que tu pouvais être un joueur pro, sans parvenir à faire un entraînement complet sans douleur», se souvient-il.

Aujourd’hui, le ciel de Célestin est clair et dégagé. Ce soir, il va même monter un barreau de plus à l’échelle, avec son premier match européen en carrière, face à Olympiakos en CEV Cup. «Ce n’est pas la Champion’s League, mais ça fait plaisir déjà. Tu sens que tu commences à entrer dans la cour des grands», sourit-il. Mais l’autre grand songe de Célestin, c’est évidemment l’équipe de France, les J.O. 2024, le Graal. «C’est un rêve d’entrer un jour en équipe de France. S’il y a une possibilité de le faire pour les J.O. 2024, évidemment que je vais tout faire pour y aller», clame-t-il, d’un ton résolu et désormais ouvert aux plus hautes ambitions.

lnv

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