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ligue nationale
de volley

«Pepe», capitaine de navire

le 04/11/2021
Le SNVBA réalise un début de saison parfait, avec un pointu argentin de 36 ans, Jose Luis, dit «Pepe», Gonzalez, à la tête d’un navire nazairien parfaitement équipé pour aller loin et effacer la grosse déception de la finale perdue face au Plessis-Robinson la saison dernière. (photo Laury MAHE - SHOOT LO)
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Il l’écrit dans un Français que l’on devine coloré et teinté du bel accent argentin. Plutôt que de s’emberlificoter à l’oral, «Pepe» Gonzalez, le pointu sud-américain du SNVBA, préfère coucher ainsi les mots et les envoyer par écrit. Ce n’est ni une coquetterie, ni un dernier recours. «Pepe» Gonzalez en a déjà vu du pays français, lui qui fit les beaux jours d’Ajaccio et surtout du Paris volley en Ligue BM en 2018-2019. Une grande année pour ce pointu bien élevé (2,06 m), qui avait terminé l’exercice co-MVP et meilleur marqueur, envoyant la troupe parisienne en Ligue AM, après avoir dompté, tiens donc, le SNVBA en finale.

Mais il se sent plus à l’aise ainsi pour conter sa vie nazairienne, lui qui entame en Loire-Atlantique sa deuxième saison, toujours avec la casquette de capitaine, les responsabilités qui vont avec et la pression, fatalement, qui colle plus rudement encore sur les épaules d’une équipe dont on attend qu’elle propulse enfin le club du 44 au sommet, c’est-à-dire en Ligue AM, après deux finales consécutives perdues (2019, 2021). Car le SNVBA est sorti sacrément sonné de la saison dernière, dominé par une bande de Hiboux franciliens sans sommeil, venus sans vergogne dérober le bonheur qui semblait promis aux Nazairiens, dominateurs tout au long de la saison. «Le résultat de la finale l’an dernier a été une surprise pour tout le monde», dit sobrement «Pepe», comme s’il voulait éviter de remuer le couteau dans la plaie. «Mais le sport nous donne l'opportunité de nous venger et d'apprendre de ses erreurs.  Maintenant, nous devons penser à cette saison et atteindre l'objectif», poursuit le sage argentin.

L’objectif est évidemment assez clair, inchangé, répété : l’accession en Ligue AM. Et le club espère avoir fait ce qu’il faut à l’intersaison pour y parvenir enfin. Sur son début de championnat en tout cas, les indices vont clairement en ce sens. Le SNVBA est seul leader avec quatre victoires en quatre matches, sans avoir concédé le moindre set, et il a tancé 3-0 samedi dernier un autre candidat déclaré à l’échelon supérieur, Nancy ! Un dernier succès qui tonne comme un signal pour l’attaquant nazairien, même si l’objectif n’est pas de faire le beau en saison régulière, mais de ramasser la mise en Play-Offs. «Nancy est une équipe très forte cette année. On a fait un super match contre eux. Cela nous donne confiance et affirme que nous sommes ici pour combattre. Mais l'important, ce sont les Play-Offs», résume l’ancien membre de la sélection albiceleste.

Avec une équipe complète et une force offensive plus seulement concentrée sur son pointu, mais largement déployée, entre Kristof Horvath, Helder Spencer, Kevin Rodriguez et Pepe Gonzalez, le SNVBA peut faire tomber la grêle de partout. Avec 37 points en quatre matches, l’Argentin est d’ailleurs bien loin de ses marques offensives habituelles, mais il ne s’en plaint surtout pas. «Cette saison nous avons une équipe très complète. C'est magnifique et très important pour nous d’avoir plus de variantes d'attaque. L’objectif, pour moi, n’est pas d’être MVP de la saison, mais d’être champion avec Saint-Nazaire. Tout joueur doit être à la disposition de l'équipe et non sur des visées personnelles», estime-t-il.

Alors Pepe ne travaille pas seulement à faire tomber les ballons. Depuis son poste avancé de capitaine, il œuvre à la bonne entente générale. «L’année dernière, j'étais aussi capitaine. Mais cette année, c'est un nouveau groupe et le but est d'avoir une bonne ambiance dans l'équipe, entre les joueurs, et aussi entre le staff et les joueurs», dit simplement l’Argentin, qui n’avait encore jamais perdu une finale avant celle face au Plessis-Robinson au printemps dernier, en cinq disputées précédemment ! «C’est toujours difficile de ne pas atteindre l'objectif, mais j'essaie d'apprendre des expériences que le sport me donne, même à 36 ans», sourit-il, préférant aussi regarder devant plutôt que ressasser le passé. «C'est une nouvelle équipe avec de nouveaux joueurs. Ce qui s'est passé lors de la finale de la saison dernière est la responsabilité du groupe de l'année dernière», dit-il pour clore le chapitre.

Car le SNVBA est déjà remonté en selle, au grand galop. Et son capitaine donne toujours le tempo, même si à bientôt 37 ans, il concède que les efforts pèsent un peu plus désormais. «Je ne vais pas vous mentir, ça coûte un peu plus cher», glisse-t-il. «Mais ça va. Je veux faire une bonne saison en équipe et laisser quelque chose au-delà du sport à Saint-Nazaire». L’image d’un capitaine debout, à la proue d’un navire qu’il mènerait enfin au port de la LAM par exemple… 

lnv

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