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Julien, la vie en toute sérénité

Julien, la vie en toute sérénité

le 28/04/2021
Après vingt saisons et une carrière professionnelle dédiée au Plessis-Robinson, Julien Lamy a vécu la plus belle, la plus incroyable des sorties. A bientôt 36 ans, le central français quitte la...
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Après vingt saisons et une carrière professionnelle dédiée au Plessis-Robinson, Julien Lamy a vécu la plus belle, la plus incroyable des sorties. A bientôt 36 ans, le central français quitte la scène sur un titre de champion de France LBM en toute sérénité et sans aucun regret.

 

Il a posé le plus majestueux, le plus émouvant point final à son incroyable histoire. Le 17 avril dernier, Le Plessis-Robinson est devenu champion de France de Ligue BM en terrassant l’archi favori, Saint-Nazaire, sans un seul mouvement de panique, accédant ainsi pour la première fois de son histoire à la plus haute distinction du volley-ball français de clubs, la LAM. Devant les supporters massés derrière les baies vitrées pour tenter d’attraper au moins un oblique souvenir de ce grand moment de vie pour le club, son plus fidèle ami, son compagnon de toujours, son capitaine emblématique, Julien Lamy, s’en est allé. Alors que Le Plessis-Robinson s’élève ce jour-là au plus haut, Julien, lui, se retire. A bientôt 36 ans, qu’il fêtera le 4 mai prochain, l’enfant du club quitte la scène, comme il l’avait très tôt annoncé, en toute sérénité et sans l’ombre d’un regret, après vingt saisons pleines et fidèles à son club professionnel de toujours, Le Plessis-Robinson.

 

Malgré l’horizon de la Ligue AM, qu’il n’aura au final jamais expérimentée, Julien part en toute quiétude, avec ce sentiment d’avoir déjà rempli le sas de très jolis souvenirs. Des premiers regards du président fondateur du club, Serge Boussard, figure tutélaire, attentive et sans cesse bienveillante, qui l’accueillit quand il avait 15 ans, à la joie extatique du titre de champion il y a dix jours, Julien a fait un long et beau voyage au Plessis-Robinson. Et il sait aujourd’hui qu’il est temps de partir, de quitter le terrain pour revenir plus fort encore dans le jeu, puisque le central français des Hiboux occupera dès la rentrée prochaine un poste stratégique dans l’organigramme du club, tant dans la direction sportive que le développement structurel et opérationnel. «J’ai eu la chance de commencer ma carrière ici en N2. Quand j’ai débuté le volley, j’ai progressé avec le club, le niveau de jeu du club m’a accompagné. Si je joue, c’est pour apporter quelque chose à l’équipe. J’ai envie d’être utile, je ne veux pas profiter de façon égoïste, simplement pour dire au final, j’ai joué en Ligue A. Je n’ai pas envie de faire ça en plus. Je n’ai aucun regret, ça me va très bien comme ça, je vais continuer à travailler pour le club, à travailler au club. 20 saisons au Plessis, dont 16 avec l’équipe pro, ce sont des rencontres, c’est l’essence de ma motivation, de ma passion. Je pars de façon, très sereine. Avec Rudy (Verhoeff, qui lui aussi a joué son dernier acte cette année), on en a beaucoup parlé ensemble, on en a profité. On est resté à l’entraînement un peu plus longtemps pour du travail supplémentaire, on est resté dans le vestiaire pour débriefer le match, analyser, on a profité de ces moments et les échanges autour d’un verre de vin ont été un peu plus nombreux. Je ne regrette rien, je suis serein avec cette décision », confesse-t-il dans un sourire sincère. 

 

Julien s’en va donc sur un dernier exercice un peu plus court en temps de jeu sans doute, avec 20 matches, 48 sets disputés et 81 points marqués au total. Mais l’enjeu n’était pas là pour Julien, passé à tous les postes, sur toutes les branches ou presque, chez les Hiboux. Capitaine de l’équipe, il a tenu ses hommes avec une dévotion et une motivation intactes. A l’image de ces quelques mots d’avant-match à Saint-Quentin, en phase de poule, alors que Le Plessis-Robinson, miné par trois défaites d’entrée est au bord du précipice. « Avec Rudy, on leur a simplement dit que cela pouvait être les trois derniers matches de notre vie de volleyeur pro et qu’il fallait faire en sorte d’en profiter au maximum.» Car elle est incroyable cette dernière aventure pour Le Plessis-Robinson. Quatrième de la saison régulière, de travers sur les matches aller de la phase de poule et, soudain, totalement irrésistible en demi-finale et en finale, pliant, essorant Nancy et Saint-Nazaire, les deux géants de la division, en laissant tomber deux sets seulement en quatre matches !

 

Le plus insensé dans tout cela, c’est que Julien avait vu tout cela avant tout le monde. Pas dans le marc de café. Juste un ressenti profond que chaque jour, chaque heure passée à l’entraînement nourrissait un peu plus de certitudes. « Quand on est allé gagner à Nancy, dans la tête des joueurs, du coach, c’était lancé. Quand on s’est qualifié pour la finale, j’étais intimement convaincu qu’on allait la gagner. J’ai du mal à l’expliquer, à dire pourquoi, mais les deux dernières semaines, j’ai eu une sensation de plénitude et de sérénité, comme rarement. Au milieu des gars, il y avait beaucoup de sourires, une bonne ambiance. Je n’ai jamais aussi bien dormi que les deux dernières semaines et encore plus avant le match retour de la finale », raconte Julien. Après avoir éliminé Nancy, il s’ouvre alors sur ce qu’il ressent, ce « qu’il voit» au loin, à sa femme et à la présidente du club Joëlle Logeais. Il leur donne même le score de la finale : deux fois 3-0…  Il n’y a rien de rationnel, mais il savait que l’histoire allait ainsi s’écrire.

 

Aujourd’hui, Julien ne craint pas le vide, même si la vie sera forcément différente. Depuis douze ans, le central des Hiboux avait trouvé le bon équilibre. Professeur de physique-chimie en collège à Châtillon et volleyeur pro, l’un lui permettait de déconnecter, de s’évader, de lever la soupape et l’autre lui apportait l’adrénaline nourricière. « Faire quelque chose entre les entraînements, pendant la journée, aller travailler, ça permet de rester assez stable. Dans une carrière sportive, ce n’est pas facile, certains moments peuvent remettre en cause l’individu et avoir autre chose à côté, c’est une bouée de sauvetage. Je sais que l’adrénaline du match va peut-être me manquer, mais je n’ai pas peur. L’essence, ce sont les rencontres et le travail pour construire et dans les fonctions que je vais prendre au club, cela aura toujours une part importante », estime Julien, serein et en en paix avant de refermer le livre de vingt ans de carrière, en se disant que le dernier chapitre est finalement bien joliment écrit. 

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