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Tanguy, la belle vie

le 24/03/2021
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A 19 ans, le jeune central français de Mende, Tanguy Dijoud, réalise une incroyable première saison en tant que titulaire en Ligue BM. Et il n’a pas l’intention de s’arrêter là, alors que les Lozériens défient ce week-end Saint-Nazaire pour la première manche des demi-finales.

 

Il y a du soleil, des sourires et des idées folles dans les mots de Tanguy Dijoud. A 19 ans, le central du Mende Volley Lozère vit des heures bénies. Samedi dernier, les Lozériens ont poussé la porte du dernier carré de la Ligue BM. Septième de la saison régulière, débarqué en phase de poule sans un sou, comprenez avec zéro point, battu deux fois d’entrée et donc alors très loin du compte, Mende a soudain tout ravagé : quatre victoires consécutives, onze points pris sur douze et un ticket pour les demi-finales soufflé au tout dernier moment à la barbe des Girondins de Saint-Jean-d’Illac ! Une rebuffade magistrale pour un épilogue incroyable, vécu dans l’exaltation et le bonheur d’un vestiaire scotché au résultat du match de Saint-Jean, finalement battu par Nancy, ce qui a propulsé illico Mende au firmament. «Dans le vestiaire, c’était la folie après la qualification», raconte Tanguy, au grand galop. «On avait abordé cette dernière journée en se disant que l’on devait gagner, mais que si Saint-Jean gagnait aussi, cela n’aurait rien enlevé au parcours incroyable que l’on venait de faire.»

 

Mais Mende fut récompensé. A Constant Tchouassi et ses hommes la belle histoire et le grand défi, face à Saint-Nazaire, samedi, pour la première manche de la demi-finale. Ce n’était pas écrit pourtant. Septième sur neuf de la saison régulière donc, Mende a connu un exercice de soubresauts bien plus que de constance. Mais à l’image de Tanguy, 19 ans et intronisé dans le six de départ cette année pour la première fois de sa carrière, le MVL posait en réalité les jalons, les pierres, dans une saison de bâtisseurs. «Cette saison, j’ai toujours su que c’était pour se construire», avoue Tanguy. «Construire notre équipe, notre identité. On est des grands challengers, des grands gagneurs et toute cette saison, on a fait que se construire. Maintenant le résultat paye et on a des armes en mains.»

 

A 19 ans, Tanguy vit donc une sacrée belle première histoire professionnelle. Mais en réalité, tout est écrit dans le beau pour ce central d’1,98 m, à la vitesse de déplacement et à l’explosivité verticale assez remarquables. Arrivé au volley à l’âge de 15 ans, par le biais de…l’UNSS, mais aussi parce que son père ne voulait plus faire les aller-retours pour l’emmener au foot dans la ville voisine, Tanguy semble embellir tout ce qu’il touche. Pour sa première année de volley, il est ainsi champion de France UNSS, avant de décrocher l’année d’après le titre interpôles avec l’ASU Lyon, son premier club formateur. «Au départ, je ne suis pas du tout volley. Ce n’est pas mon projet !», se marre Tanguy. «Moi, c’était foot et tennis. Mes quand je ne suis plus allé au foot, mes amis faisaient du volley dans ma ville, à Marcigny. J’y suis allé et l’ambiance d’équipe, les amis, c’était bien mieux ! En volley, tout le monde peut amener quelque chose. Tu as trois touches de balle et aucun joueur ne peut faire la différence tout seul», résume-t-il joliment.

 

Pour sa deuxième saison à Mende, Tanguy savait qu’il serait titulaire. Constant, le coach, l’avait balisé. C’était comme une année de naissance et Tanguy, qui tourne à 8 points dont 2,5 contres sur la phase de poule, voulait absolument être bien né. «C’est ce que je voulais faire déjà l’année dernière. Quand j’ai commencé à jouer, à être sur le parquet, je ne voulais plus le quitter ! Je voulais montrer cette saison que malgré mon âge, mon coach peut me faire confiance, qu’on peut très bien tenir la baraque à 19 ans. Mais cela se travaille, il faut avoir envie. Ce temps de jeu, je l’ai pris pleinement », affirme-t-il. Si Tanguy manque encore de régularité dans ses prestations, le jeune homme a foi en lui et envisage vite la Ligue AM, même s’il ne veut pas se précipiter. «Je n’ai pas envie de me brûler les ailes, même si j’ai confiance en moi. Le plus important, c’est que je me montre et que je joue. Si un jour un club de Ligue A veut me faire confiance sur le terrain, je prends. Mais en attendant, je préfère rester et me construire en Ligue B. Aller en Ligue A pour s’y perdre, ça ne me sert à rien.»

 

Jouer, se montrer, relever des défis : Tanguy a tout cela devant lui, dès samedi, face à l’épouvantail de la division, Saint-Nazaire, contre lequel Mende a perdu deux fois en saison régulière, sans prendre un point. Mais cela ne l’effraie pas, bien au contraire ! «On est armés maintenant, c’est autre chose. Le challenge est beau : battre des équipes qui ne nous attendaient même pas ! Toute l’équipe est comme ça, avec l’envie, l’ambition, on joue avec le feu, on a cette ADN. Ça va être un match avec du suspense. Saint-Nazaire sait qu’on va les emmerder, beaucoup…», glisse dans un sourire Tanguy, la belle vie.