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Mariam, le cœur bien accroché

le 06/03/2021
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Fidèle au club mosellan depuis neuf saisons, la centrale française, Mariam Sidibé, participe largement à la belle saison de Terville-Florange, sixième de LAF et assis sur trois succès consécutifs avant de recevoir samedi le grand RC Cannes.

 

C’est comme un joli paradoxe. Quand elle se raconte, Mariam n’est pas vraiment adepte des longues phrases. C’est, souvent en peu de mots, nichés dans un sourire, qu’elle trace les lignes d’une carrière qui est pourtant, à l’inverse, presque comme un long fleuve tranquille. Car voilà maintenant neuf ans que la centrale française a posé son sac et ses pieds en terre mosellane. Neuf saisons de fidélité indéfectible au Terville Florange Olympique Club. Une longévité, une rareté dans le sport professionnel, où les opportunités ici et les aubaines là tracent souvent les trajectoires d’une carrière.

Mais Mariam a fait sa vie en Moselle et elle apprécie. «Je me suis toujours bien sentie dans ce club. C’est une petite structure, très familiale, où tout le monde connaît tout le monde et j’aime bien ce côté-là. J’ai vu l’évolution du club, on est passé par toutes les étapes, les descentes, les montées, les saisons galères. L’un des trucs qui me fait m’accrocher ici, c’est l’évolution positive dans laquelle on est maintenant. Ça me réconforte dans mon choix de rester ici», dit-elle, sans que le début d’une pointe de regret ne vienne finalement affleurer. Même si, bien sûr, l’idée de voir ailleurs, de pousser une autre porte, forcément, un jour, lui a traversé l’esprit. «Forcément, en neuf ans, je me la suis posée cette question», avoue-t-elle. «J’aurais peut-être bien voulu aller voir ce qu’il se passe ailleurs. Mais déjà, on ne m’a pas trop contactée et je me sens bien ici, j’ai mes repères», glisse-t-elle, pleine d’honnêteté. «Je ne vais pas dire que c’est la solution de facilité, mais presque quoi. Je suis dans mon confort. Mais franchement, je suis bien où je suis, je ne regrette pas et je pense que le club peut faire de très bonnes choses d’ici quelques années.»

Et pour cela, Mariam (27 ans) y met tout son cœur, qu’elle a bien accroché au club, tout son talent aussi, depuis son poste de capitaine du navire qu’elle tient sans hurlement, mais avec discernement et discrétion. «Je suis quelqu’un d’assez calme. Ce n’est pas moi qui vais dire aux filles, faites-ci, faites-ça. Si c’est bien, je vais leur dire, mais si ce n’est pas bien, j’aurai peut-être un peu plus de mal à leur dire. Je suis plutôt du genre à tempérer. Plutôt capitaine discrète», glisse-t-elle doucement.

Sur le terrain en revanche, Mariam se montre et s’affiche depuis le début de la saison. Avec 10,4 points par match, la centrale du TFOC est un maillon fort du canevas offensif du coach, Romain Pitou. Mais surtout, elle est tout simplement indispensable dans le secteur bloc-défense, là où Terville a très belle allure cette année. Avec soixante contres en vingt matches, soit trois par match, Mariam est la deuxième contreuse du championnat derrière une autre Française, maîtresse du genre, la ReBelle de Venelles, Myriam Kloster ! Et si Terville-Florange est actuellement sur une excellente dynamique, propulsé par trois succès de rang, dont un référent face à Nantes (3-0) il y a deux semaines, le club mosellan doit beaucoup à sa centrale, qui a cumulé seize contres sur les trois dernières rencontres ! «Je suis sur une bonne dynamique, mais le groupe m’aide beaucoup à être dans cette dynamique. L’équipe m’aide à être bien», dit-elle, humblement.

Actuellement sixième, le TFOC est donc pleinement dans le cadre des Play-Offs pour l’instant, même si rien n’est encore validé. Mais un nouveau gros coup samedi face au RC Cannes rapprocherait grandement les Mosellanes de l’en-but. «Ce serait vraiment un coup exceptionnel», convient Mariam. «On peut s’attendre à tout dans ce championnat. Notre place dans les huit n’est clairement pas assurée, mais on est sur la bonne voie.» Ce qui est certain, d’ores et déjà, c’est que Terville-Florange a clairement passé un cap cette saison et n’est plus du tout regardé désormais comme la petite équipe que l’on va battre facilement. «Je pense qu’on a passé un petit niveau. Pas encore le grand pas, mais je pense que les gens ont maintenant un petit peu plus peur de nous que les années précédentes. C’est gratifiant», avoue Mariam, ravie de vivre cette belle aventure mosellane au long cours.