Billetterie

« Le niveau du championnat est vraiment très bon »

le 02/03/2021
'.$actu->_Identite['LibelleActualite'].'

Entraîneur de l’ASPTT Mulhouse, leader de LAF, François Salvagni se félicite de l’extrême densité et du très bon niveau général du championnat de France, lequel doit permettre aux clubs français de grandir aussi sur la scène européenne dans les années qui viennent.

 

Mulhouse n’a concédé qu’une défaite en LAF (contre Béziers). Quel est votre regard sur la saison de l’ASPTT jusqu’à présent ?
D’abord, il est important de signaler que le niveau du championnat de France cette saison est vraiment très bon. Il y a beaucoup de clubs avec de bons coaches et de bonnes joueuses. Aujourd’hui, toutes les équipes ont haussé leur niveau et Mulhouse, Béziers, Nantes, Cannes peuvent perdre contre n’importe qui. Ce peut être Chamalières, Mougins, Paris, peu importe. C’est vraiment très intéressant pour le niveau général du championnat. Ensuite, on a vu beaucoup d’équipes faire de belles choses en Coupe d’Europe. Béziers vient de faire un match incroyable contre Galatasaray (victoire 3-2 en demi-finale aller de CEV Cup), l’an passé Cannes a gagné trois matches en Ligue des Champions et Le Cannet a été très bon en Challenge Cup, Nantes a joué de très bons matches contre Colegliano, nous, on a été capable de battre deux fois une équipe bulgare (Plovdiv) et la saison passée on a battu Rzeszow à Mulhouse… Tout cela signifie que le niveau en France aujourd’hui est bon et c’est important qu’en Europe, tout le monde comprenne que ça commence à bien travailler ici. A propos de Mulhouse, je suis très fier. Je sais que j’ai une très bonne équipe, que mon club a été capable de me donner, non pas six joueuses mais douze. Et sur une saison, cela est très important. En septembre malheureusement, nous n’étions pas en mesure de gagner la Coupe de France, notre niveau de jeu, à ce moment-là, n’était pas assez bon. Mais après cela, on a commencé à très bien travaillé, tous les matins, tous les après-midis. On a commencé à jouer de mieux en mieux. Dans ce contexte, ce n'était facile pour personne. Nous par exemple on n’a pas joué pendant vingt jours en novembre. Mais on est resté focus. Et depuis Noël, je pense que l’on joue vraiment un très bon niveau de volley. Mes joueuses travaillent vraiment dur, mon staff m’aide énormément. Le club nous a vraiment mis dans les meilleures dispositions pour bien travailler.

 

Il y a notamment beaucoup de consistance, de régularité, de discipline dans votre jeu. Vous avez construit quelque chose de solide cette année ?
Bien sûr, on a des systèmes en place très bien installés, une corrélation bloc-défense forte, mais surtout, ce qui est primordial, c’est que chaque week-end, toutes mes joueuses essaient d’aller à l’extrême imite car elles savent que si cela ne fonctionne pas, une autre joueuse pourra aider l’équipe. C’est vraiment intéressant. Tu sais que tu peux donner le meilleur sur un set et que si cela ne marche plus après, ce n’est pas un problème, une autre joueuse pourra venir en soutien. C’est très important pour la qualité de jeu, mais aussi pour la philosophie de l’équipe. Toute la semaine, toutes les joueuses poussent pour débuter le match du week-end et le niveau d’entraînement est vraiment très élevé.  

 

Avec l’élimination en Ligue des Champions, qu’avez-vous appris ? Pensez-vous que Mulhouse soit encore loin d’un quart de finale de Ligue des Champions ?
Non je ne pense pas. Nos défaites contre Lodz cette saison sont très importantes car on a compris que l’on pouvait jouer comme ces équipes-là, mais pas encore avec la même constance sur deux heures. On peut jouer très bien quinze points, dix points mieux qu’elles, mais derrière, on perd la concentration. Après notre élimination, on a vraiment mis l’accent là-dessus. On sait qu’on a besoin de tenir ce niveau sur deux heures pour battre des équipes italiennes, polonaises, mais aussi Béziers, Nantes etc… On a tiré des enseignements importants de cette élimination. De même, je crois que si on n’avait pas eu à jouer Lodz deux fois, sur le troisième match en trois jours dans la bulle, mais dans une situation normale, avec le temps de bien préparer le match, avec toute notre énergie, on aurait pu espérer un résultat différent. Ce sont des petites choses, je crois que l’on n’est pas si loin. Pour devenir plus fort, c’est important que chaque samedi tu doives te battre. C’est le cas en Italie et ça explique pourquoi les équipes italiennes sont si bonnes. C’est un peu le problème en Turquie, où les grosses équipes n’ont pas à se battre en championnat. Et c’est une bonne chose pour nous, en France. Tu sais que pour gagner le samedi, tu dois te battre et cela te rend meilleur. Travailler dans ce sens va tous nous aider pour le futur. Je suis sûr qu’on est tout prêt d’atteindre les quarts de finale dans les deux ans qui viennent.

 

C’est votre deuxième saison en tant que coach à Mulhouse. Dans cette situation sanitaire compliquée, comment vivez-vous cela ?
L’an passé, tout a été parfait. J’ai trouvé un endroit très accueillant, un club avec une super organisation et de très bonnes personnes. Daniel (Braun, le président), Magali (Magail, manager général), les joueuses, les bénévoles m’ont beaucoup aidé. Mais cette saison, pour moi, est peut-être la pire de ma vie. Je n’avais jamais imaginé que je serais éloigné si longtemps de mes enfants. L’an passé, ils venaient me voir tous les mois, avec ma femme. Et là, en sept mois, je n’ai pu passer qu’une semaine avec eux à Noël ! C’est vraiment difficile. Heureusement, avec les technologies actuelles, je peux être un peu avec eux, mais c’est difficile. J’ai aussi perdu ma maman début janvier. C’est très dur. Dans cette période, le travail n’est pas simple. Ma famille me manque. Tout le monde m’aide au club, mais sans les fans, sans les bénévoles, sans la possibilité de sortir, c’est vraiment difficile. Ça l’est pour tout le monde bien sûr. J’ai deux enfants, de dix et onze ans, une charmante femme, pour qui ce n’est pas simple non plus. Cette saison est vraiment la pire de ma vie. Mais je veux me battre. On doit gagner ce titre pour donner une raison à tous ces sacrifices. Ensuite, tu pourras dire : «Ok, c’était dur, mais tu as travaillé pour quelque chose d’important.» 

 

Justement, Mulhouse ne compte qu’un titre de champion (2017) dans son histoire. Ressentez-vous une certaine pression par rapport à cela cette saison ?
Oui beaucoup ! Mais je pense que quand tu es coach dans un top club, tu dois ressentir cette pression. Personne ici ne me met la pression, personne. Mais tu ressens cette atmosphère, le fait que tout le monde travaille dur pour cela tous les jours. Cela fait partie de mon job.