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Yannick, le plaisir des vieux jours

le 11/02/2021
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A 37 ans, le passeur international de Cambrai, Yannick Bazin, continue de distiller les bons ballons et les services de plomb, à l’image de son match à huit aces le week-end dernier à Nantes Rezé.

 

Cela le fait doucement marrer. Quand, à la lecture de la feuille de stats de la victoire de Cambrai à Nantes Rezé (2-3) samedi dernier, on s’arrête, on se frotte les yeux, en découvrant à la colonne aces, le chiffre 8 en face du passeur cambrésien, Yannick Bazin, lui, ça ne le chatouille pas plus que cela. Pourtant, il faudrait à coup sûr sacrément fouiller et déterrer l’histoire et tous les records pour trouver trace d’une performance pareille. «Je crois que c’était moi déjà, avec Paris, un truc autour de 8», glisse Yannick, en souriant. «Mais certains passeurs offensifs comme Antoine Brizard sont capables de faire ça. C’est un passeur qui me ressemble dans le style, très physique. J’aime beaucoup le regarder jouer, ça me rappelle quand j’étais plus jeune.»

Il a beau avoir pris de l’âge, Yannick Bazin demeure à 37 ans une fine fleur de la passe française. Avec Cambrai, promu en Ligue AM cette saison pour la première fois de son histoire, le galonné à la carrière longue comme un parchemin se régale en tout cas. Et il ne fait pas toute une histoire de cette farandole d’aces tombés sur le râble des malheureux Nantais. «J’ai varié mes services, mais il faut reconnaître que Nantes a de gros soucis en réception. Ça m’a aidé», dit-il, sans en rajouter ni accabler ses victimes. Depuis toujours Yannick aime l’exercice, le service, cette attaque frontale de l’adversaire, dont est souvent privé le passeur dans l’expression de son jeu. «J’ai toujours adoré le service. C’est le seul rapport direct que j’ai avec mon adversaire, avec le contre, finalement», avoue-t-il. Alors, il envoie gros, sert smashé à chaque fois. «Le jour où je servirai flottant, ce sera le signe qu’il est temps d’arrêter», dit-il.

Ce qui plaît surtout au double champion de France (2009 avec Paris, 2015 avec Tours), c’est de retrouver la LAM, cinq ans après, avec ce même désir, cette même envie de batailler, sans se perdre en calcul, sans se lamenter sur les années qui passent. «Je prends toujours le même plaisir sur un terrain. Si je n’en prenais plus, je ne pourrais plus jouer. Le physique, oui, ça compte, mais avant tout c’est la tête. Ce qui est important avec les années qui passent, ce qui pèse beaucoup, c’est la tête. Et en l’occurrence, dans la tête, le plaisir est intact cette année», raconte Yannick, dépositaire d’un jeu dynamique, chef d’orchestre d’une équipe jeune «qui n’a peur de rien», dit-il. A l’image du pointu brésilien, Daniel Cagliari, avec lequel, le passeur français a vite tissé un lien très fort sur le terrain. «C’est le type de joueur que j’aime beaucoup. Il peut passer au travers en attaque sur un match, mais il ne va rien lâcher. C’est hyper agréable de voir ce comportement à cet âge-là. Il a la rage de vaincre. C’est un vrai bosseur, un vrai gagneur.»

Mieux, Yannick a la sensation aujourd’hui d’être peut-être plus fin, plus aiguisé dans son rôle de passeur. «Je suis bien meilleur à la passe aujourd’hui qu’il y a dix ans. Avec l’âge, à la passe, tu deviens meilleur. Le poids des années t’apporte l’expérience pour gérer un groupe, des egos etc... Le fait d’être moins physique me fait plus me concentrer sur ma qualité de passe et ma distribution de jeu. Même si de temps en temps, j’essaie d’utiliser encore mon physique. Il m’en reste sur la semelle !», sourit l’ancien. Finalement, Yannick n’a même pas besoin de hausser le ton. Cambrai est un promu ébouriffant, actuel septième, fiché dans la colonne Play-Offs, mais qui continue à ne surtout pas se prendre la tête. «J’essaie de parler quand il faut, mais mon premier rôle, c’est d’être bon sur le terrain», avise le passeur cambrésien, au club depuis cinq saisons maintenant. Alors, ne venez surtout pas lui parler de pression sur cette deuxième partie de saison ! «La pression, clairement non ! On a atteint l’objectif du club qui était de se maintenir rapidement. Il n’y a aucune pression. On joue tous les matches pour les gagner, sans compter les points pour entrer en Play-Offs. On n’est pas focalisé là-dessus, mais les équipes qui nous jouent savent qu’on ne lâchera rien», prévient Yannick, conscient qu’il a encore de beaux jours devant lui sur un terrain de volley.