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Nina, le bel horizon parisien

le 04/02/2021
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De retour à Paris cette saison, après une expérience enrichissante à Maribor en Slovénie, la passeuse de l’équipe de France, Nina Stojilkovic, retrouve avec plaisir et ambition la LAF, au sein d’une équipe parisienne qui semble trouver le bon rythme en ce début d’année 2021.

 

Le chemin n’était pas tout tracé. La réflexion a été sinueuse, longue et tortueuse. Au printemps dernier, quand Nina a pris le temps de se poser, d’analyser avec raison et lucidité la situation, l’étincelle n’est pas venue d’un coup. Après une saison à Maribor, comme une audace pour une jeune joueuse française de 23 ans, partie ouvrir un autre monde et découvrir la Ligue des Champions, Nina Stojilkovic s’est retrouvée à brasser mille idées. Rester à l’étranger, continuer, apprendre et s’enrichir encore. Ou bien rentrer en France, pour plus de sécurité sans doute, dans un contexte rendu délicat et incertain par une situation sanitaire non maîtrisée. «A l’intersaison, ce n’était pas la panique, mais tu te poses des questions, tu te demandes : Est-ce que je dois rester, partir, revenir en France ? En Slovénie, le plus intéressant pour moi, c’était les deux compétitions internationales, la LDC et la Mevza League. On n’était pas sûr qu’elles aient lieu. C’était un peu flou, compliqué de faire un choix. Au final, revenir en France, ce n’était pas plus mal. C’est un des championnats les plus sûrs, la proposition de Paris était intéressante et c’était chez moi. Avec la situation, c’était une bonne option», résume Nina aujourd’hui.

 

Après un premier passage au Stade Français Paris Saint-Cloud en 2017-2018, Nina est donc de retour «à la maison». Certes, beaucoup de choses ont changé : nouveaux dirigeants, nouveau coach (Nikola Borcic), nouvelles partenaires. Mais la passeuse internationale apprécie l’esprit et l’ambition qui animent désormais Paris. «Le projet est assez ambitieux. On sent vraiment qu’il y a plus de plans au sein du club. On a un coach mental à notre disposition, un préparateur physique. Lors de mon premier passage ici, Stijn Morand faisait un peu tout. Là, ça commence à s’organiser», raconte le chef d’orchestre du jeu parisien.

 

Tout le monde semble donc avoir bien grandi. Nina aussi. Sa saison au Nova KBM Branik, à Maribor, a allègrement nourri la jeune passeuse, à grandes brassées de rencontres de très haut niveau. «J’ai adoré ma saison. On jouait beaucoup de matches, parfois deux à trois par semaine. C’était vraiment top», se souvient-elle. Il avait pourtant fallu une sacrée dose de courage pour quitter le cocon français à 23 ans, pour tenter l’aventure slovène. Mais Nina était convaincue, résolue. On lui proposait un poste de titulaire, avec la Ligue des Champions au menu, ça ne se refuse pas ! Après être passée par Nantes, Paris et Quimper, la jeune passeuse française voulait ouvrir ses horizons. «J’avais besoin de changer de championnat. Cela faisait cinq ans que j’étais en LAF. Je sortais d’une saison, avec Quimper, où on ne se maintenait pas. J’avais besoin de m’écarter un peu, de prendre de l’expérience, des responsabilités ailleurs. C’est autre chose quand tu es étrangère dans un club. On te demande beaucoup plus. J’avais besoin de ça», résume-t-elle.

 

A Paris, Nina est donc riche de tout cela, plus mature, avec ce sentiment d’être en capacité de mieux maîtriser les situations. «Je gère beaucoup mieux mon équipe et les qualités de mon équipe. J’organise mieux les situations offensives. J’essaie vraiment d’être un pilier sur le terrain, dans tous les secteurs du jeu, pas seulement à la passe», clame-t-elle. Cela réussit à Paris, plutôt dans les clous en cette première partie de saison, neuvième et en lisière des Play-Offs. Capable aussi de surmonter les frimas de l’automne et quatre revers de suite, pour rebondir depuis un mois et demi, avec notamment un succès sur Nantes, un autre à Vandoeuvre Nancy et une qualification pour les quarts de finale de la Coupe de France, hier à Marcq-en-Barœul. «On avait très bien commencé la saison, puis on a vraiment eu un creux. On a dû bosser. On n’arrivait pas à s’imposer dans le money time, sur les fins de set. Ce n’était pas fluide. On tenait, mais au bout d’un moment quand il fallait pousser, on se désunissait un peu. C’était bizarre. On a eu quelques séances de préparation mentale, ça nous a permis de nous remettre dedans, on a mieux joué, on s’est beaucoup plus unies. Depuis mi-décembre, c’est vraiment intéressant ce que l’on produit, c’est prometteur», résume Nina.  

 

L’horizon est donc dégagé. Les perspectives sont belles. En club, mais aussi en équipe nationale. Les Bleues ont regoûté au très haut niveau international lors de l’Euro 2019. Avec une génération talentueuse et la perspective des J.O. 2024, les idées sont limpides : «L’Euro 2019, ça a été un grand plus. Affronter les championnes du Monde, la Turquie, la Bulgarie, des équipes de top niveau européen, c’est hyper important pour nous. Comparer, voir le chemin qu’il y a faire pour parvenir à défier des équipes de ce ranking là», estime Nina, qui n’a pas l’intention de faire de la figuration olympique dans trois ans. «Les J.O. 2024, avec les copines, on en parle. On a vraiment envie. Pas seulement d’y participer. On est vraiment envieuse de les vivre d’une bonne manière, pas juste dire bonjour c’est nous, on a organisé, bienvenues et merci pour le match ! On a cette envie de performer et de montrer quelque chose», tonne la passeuse des Mariannes, sur un air de défi.