Billetterie

Pauline montre la voie

le 18/11/2020
'.$actu->_Identite['LibelleActualite'].'

Passeuse titulaire en LAF pour la première fois de sa jeune carrière, Pauline Martin est en train de franchir un cap avec Istres, guidant les pas d’un promu qui réalise un début de saison très cohérent jusque-là.

 

C’était une quête, un but avoué depuis un petit moment déjà. A 25 ans, Pauline Martin a évidemment de grandes et belles années devant elle, mais elle ne veut plus attendre. Elle a déjà connu de beaux moments de vie, des émotions fortes, des joies entières qu’elle a enfouis précieusement dans la malle et qui l’ont déjà un peu élevée, construite. Mais la passeuse, nourrie au lait des Angels de Béziers, sous le regard de Cyril Ong et son staff quand elle avait 20 ans, en veut plus désormais. Pour elle, c’est maintenant.

 

Car Pauline est déterminée, audacieuse aussi. Son parcours n’est pas le plus simple des chemins de randonnées. Championne de France avec Béziers en 2018 dans le costume de deuxième passeuse qu’elle a porté sans rechigner et avec une implication sans faille durant ses cinq premières saisons en LAF, Pauline a ensuite emprunté une voie hardie, s’exilant au Nord de l’Europe, à Hameenlinnan en Finlande, pour y donner ses premiers coups de baguette, à l’orchestration. Un choix pensé avec une seule idée en tête, limpide : être titulaire. «Après cinq saisons en tant que seconde passeuse, je me suis dit, c’est maintenant ou jamais», raconte Pauline. «M’affirmer, montrer ce que je vaux. J’ai eu cette opportunité en Finlande et cela a été une grosse expérience pour moi, bénéfique à tous points de vue.» D’autant que pour sa première saison à la barre d’une équipe, Pauline découvre en prime la Ligue des Champions ! D’un coup, elle est dans le beau monde, croise de grandes dames, se frotte, se développe et grandit. «J’ai tout joué là-bas, je suis partie en tant que titulaire. J’ai appris beaucoup de choses. J’avais vécu une Ligue des Champions avec Béziers, mais pas de la même façon. Là-bas, c’est la compétition qui m’a le plus apporté en termes de jeu. Rien que d’entendre cette musique, on y était !», raconte joliment Pauline.

 

En Finlande, la passeuse se façonne, s’endurcit, progresse sur les fondamentaux. «J’ai appris à avoir une meilleure vision du jeu, à ne pas être automatique, à mieux sentir les choses. Ça reste toujours à travailler bien sûr. Je n’aurai jamais atteint la perfection. Mais j’ai beaucoup plus confiance en moi, dans ma façon de jouer et d’être sur le terrain», avise-t-elle aujourd’hui. D’ailleurs, derrière cette saison, si elle ne parvient pas à prolonger l’aventure au bord de la mer Baltique pour des raisons financières, si les propositions ne se bousculent pas à côté, Pauline ne panique pas. Istres est en DEF, mais le club provençal la suit depuis quelques temps et il a des ambitions, une structure solide et un coach, André Sa, réputé gros travailleur. Et Pauline aime cela. Alors, elle fonce, avec son costume de titulaire sous le bras, et elle emmène, au bout de la saison, la troupe de l’IPV en Ligue A !

 

Même quand le club istréen signe à son poste l’Américaine, Caila Stapleton à l’intersaison, Pauline ne se formalise pas. Elle accepte le duel. «Il y a vraiment eu de la concurrence quand elle est arrivée. Après je m’entraîne, je me bats, je ne suis pas là pour être deuxième», revendique-t-elle, très honnêtement. «J’étais là l’an passé, on est monté, j’ai prouvé que je n’étais pas venue pour rien. Je voulais retrouver le haut niveau et ce n’était pas pour dire : maintenant je vous laisse faire !» Depuis le début de la saison, c’est bien Pauline qui marche devant. Titulaire à la passe et dépositaire du jeu de l’IPV. «Il y a une vraie fierté oui. Pendant cinq saisons, j’ai été seconde à Béziers et mon objectif a toujours été d’être titulaire en Ligue A», confesse l’étudiante en Staps, qui a validé sa Licence pendant le confinement.

 

Il faut maintenant tenir le rythme, ne pas lâcher la rampe. Avec trois victoires pour trois défaites, dont un succès de prestige sur le RC Cannes, Istres effectue un bon début de saison. «Après une mise en route un peu plus longue sur les deux premiers matchs, la victoire contre Cannes a rattrapé les points perdus. On est plutôt bien dans ce que l’on fait. On travaille beaucoup, on se bat sur tous les ballons. Notre mentalité est d’aller jusqu’au bout et de ne rien lâcher», commente Pauline. Un état d’esprit général qui s’accole finalement parfaitement au profil de la jeune passeuse de l’IPV.