Billetterie

Julien, le sage du TLM

le 21/10/2020
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Le libéro de Tourcoing, Julien Lemay, salue l’enthousiasme et l’envie de jouer de ses jeunes coéquipiers, mais le vétéran de l’équipe nordiste, leader de LAM, admet que tout n’est pas encore en place dans le jeu tourquennois.

 

Il connaît le coin comme sa poche. A 38 ans, le Lillois a déjà fait un sacré bout de chemin et toute sa carrière là-haut, dans cette large bande de terre, bordée par la mer du Nord, entre la France et la Belgique. Et pourtant, Julien ne s’en lasse pas. Pas encore. Sans doute jamais. «C’est même très compliqué pour moi d’imaginer ne pas faire ce métier. Evidemment, je sais que je suis plus près de la fin que du début désormais. Il y a ce mélange d’émotions, où je me dis qu’il faut profiter au maximum de ce qu’il y a à faire et en même temps se dire qu’il ne faut pas faire l’année de trop. Mais ce sont des questions que je me pose entre les saisons. Une fois que je suis parti, je suis à fond et j’adore ce job. J’adore ça», dit joliment le libéro tourquennois, gardien du temple d’une formation renouvelée grandement et qui a misé cette année sur la jeunesse, le ressenti et l’atypisme pour se refaire une place au soleil de la LAM.

 

Et cela marche plutôt bien pour le TLM de Mauricio Paes depuis la reprise. Avec quatre victoires en quatre matchs et onze points engrangés, Tourcoing est, avec Poitiers (qui n’a disputé que trois rencontres), le dernier invaincu de la bande. Un départ dans le coup de feu qui n’était pourtant pas gagné d’avance, tant Tourcoing a dû jongler entre les blessures, le contre-avis médical pour le pointu initialement signé (Luan Weber), l’arrivée tardive de son remplaçant, Sasa Starovic et la Covid-19 qui a frappé en masse l’effectif nordiste. D’ailleurs, Julien, lui-même, ne fut pas épargné. Symptomatique, il a passé quelques heures pénibles au fond de son lit à une dizaine de jours de la reprise ! «J’étais dans mon lit, je regardais le calendrier et je me disais : dans onze jours, on démarre la saison, on n’a pas fait un match amical, je ne pouvais quasiment pas sortir de mon lit, j’étais cassé, je me demandais comment j’allais faire après sept mois sans avoir joué un match de volley ! On n’était pas prêt, on ne savait pas comment on allait commencer», raconte le patron du fond de terrain tourquennois.

 

Mais Julien est revenu, un tantinet affaibli certes, mais au fil des jours le dynamisme et les réflexes, doucement, sont réapparus. Et le TLM a gagné, malgré un jeu qui demeure encore aujourd’hui en construction, selon les dires du sage de la maison, déjà passé par Tourcoing entre 2009 et 2013 et revenu ici en 2017, pour décrocher dès son retour dans le Nord la Coupe de France face à Chaumont en mars 2018. Car pour le libéro tourquennois, tout n’est pas en place loin de là. «Comme beaucoup de monde, notre jeu n’est pas encore en place», prévient Julien. Mais Tourcoing a su compenser, dans un premier temps, grâce à la jeunesse et le talent d’un effectif qui, malgré de vertes années, n’est pas dénué de vécu. «On a une équipe très jeune. Si je n’étais pas là, ce serait une moyenne d’âge quasiment junior !», sourit le libéro nordiste. «Ils sont jeunes mais ils ont une maturité dans le jeu, une certaine expérience internationale. Ils ont les qualités de leur jeunesse et un peu de bouteille déjà. Ils ne sont pas paniqués par l’enjeu. Ils sont joueurs avant tout, ils ont le volley en eux. Ils ont beaucoup de feeling, ils ressentent le jeu et ça nous a aidés à gagner les premiers matchs. Ils ne se posent pas de question, ils croquent la balle», résume ainsi Julien.

 

Avec un profil d’équipe atypique, symbolisé notamment par un passeur d’1,73 m, Matias Sanchez, un jeu plus spectaculaire que la saison passée, Tourcoing s’installe déjà et se fait plaisir sur le terrain, en attendant de consolider vraiment son jeu collectif sur les semaines qui viennent. Et le rôle de Julien sera primordial, dans l’accompagnement, la tempérance et la mise en place des choses. «La suite, c’est de vraiment mettre en place les systèmes, avancer, travailler tous les jours et progresser. Si on ne progresse pas, les autres vont nous dépasser», prévient-il, avant de dessiner à gros traits les contours de sa «fonction». «J’essaie d’expliquer que cette Ligue n’est certes pas la meilleure du Monde, mais aux joueurs qui la découvrent pour la première fois, j’essaie de leur faire comprendre que c’est la plus dure en termes de densité. Et ça pour un joueur qui était au Portugal, en Argentine, c’est très compliqué à comprendre. Remettre le bleu de chauffe tous les week-ends, c’est la vraie difficulté de cette Ligue. Mais je ne suis pas le vieux shérif. C’est aussi à moi d’être à leur écoute et de m’adapter à la génération d’aujourd’hui», glisse Julien, dans un sourire. Celui du sage qui en a déjà tant vu.