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Tour de France des Clubs : Tours

le 03/10/2020
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Les beaux atours de Tours

Tenant des deux derniers titres décernés, en 2018 et 2019, Tours est candidat déclaré et premier favori à sa propre succession. Avec un collectif de qualité et un peu plus de caractère dans son groupe, Hubert Henno veut emmener le TVB tout en haut.

 

A la veille d’ouvrir la saison, Hubert Henno est comme tout le monde, oscillant entre impatience et excitation à l’idée de retrouver le chemin du jeu, et questionnement légitime au regard d’une situation compliquée pour les sports de balles en salle, que personne, à ce jour, n’est en mesure d’analyser ni de maîtriser. «ça fait bizarre de ne pas forcément avoir de visibilité sur le long terme, se dire qu’à chaque match, tu peux ne pas le jouer, devoir ne plus t’entraîner. C’est un contexte particulier, propre au sport indoor. Maintenant, il faut savoir vivre avec. C’est une réalité qu’il faut que tout le monde affronte», résume le coach tourangeau, qui veut maintenant se lancer pleinement dans l’exercice 2020-2021 plutôt que d’envisager les difficultés contextuelles qui ne manqueront pas de survenir.

 

Car le TVB voit loin cette année. Comme toujours évidemment. Leader au moment de l’interruption de la saison dernière, double champion de France en titre, en 2018 et 2019, Tours veut continuer d’exercer sa domination et creuser le sillon. Le club du président Yves Bouget a les épaules et la structure, il est bâti pour les grandes batailles et les hauts plateaux. Hubert Henno, libéro iconique de la maison tourangelle, le sait très bien. Jeune coach, il entame sa deuxième saison à la tête de l’équipe en connaissance de cause et sans plus de crainte que cela. A Tours, de toute manière, on ne passe pas sans laisser de trace. C’est le principe fondamental d’un club qui a la gagne dans le sang. «Je ne vois pas la pression différente de quand j’étais joueur. A Tours, quand tu as des hautes ambitions, c’est normal que tu aies la pression. Les joueurs qui viennent à Tours savent très bien où ils tombent et quand ils ne le savent pas, ils s’en rendent compte tout de suite. J’ai commencé ma carrière avec des années Covid, j’aurais préféré mieux mais bon c’est comme ça», sourit Hubert, frustré évidemment par une saison sans fin au printemps dernier, mais focalisé uniquement désormais sur le lendemain.

 

Car, même si la situation est rude et fragile, le TVB, jusqu’à présent, a tout bien géré : aucun cas de Covid déclaré au sein du club, toutes sections confondues, et une préparation dans les clous pour le champion en titre, tout juste revue et corrigée par la substitution du pointu en fin de parcours, avec la blessure au pied de Renan Buiatti et l’arrivée du Biélorusse, Artur Udrys, qualifié pour la première journée de championnat prévue à Cannes demain. Et même si le géant blond n’est pas encore totalement d’aplomb physiquement, il devrait pouvoir largement remplir l’office. «L’avantage, en mesurant 2,12 m, est qu’il n’a pas besoin d’être dans des conditions optimales. Il est arrivé en forme, il n’a pas rien fait», constate Hubert satisfait.

 

Avec une triplette brésilienne en renfort, la venue du réceptionneur-attaquant du voisin poitevin, Zouheir El-Graoui, un passeur bosnien, Zeljko Coric, qui aime quand ça bagarre, Tours est une nouvelle fois solidement armé et bien équilibré sur ses fondations. Avec sans doute un profil plus affirmé et une personnalité plus forte que la saison passée. C’est du moins, en ce sens, que le staff technique tourangeau a oeuvré. «On a voulu donner un peu plus de caractère à l’équipe. L’année dernière, j’avais des bons joueurs, mais dans les moments importants, ils avaient du mal un peu à sortir de leur zone de confort. Ils se réfugiaient un peu trop dans leurs acquis. Cette année, j’ai opté pour prendre des joueurs de caractère, capables de se transcender dans les moments importants. Parce que Tours ne fait pas de cadeau et on n’en fera pas», convient Hubert.

 

Il faudra au moins cela au TVB pour faire valoir son rang. Car, si la Covid ne s’en mêle pas, le championnat promet de belles étincelles. Les équipes LAM ont joliment recruté, des références d’Amérique du Sud ont débarqué un peu partout en France cette année et cela rend plutôt très bien sur le papier. «Le championnat va être vraiment dense, avec une qualité de joueurs qu’on n’aurait pas pu avoir en temps normal. On a profité de cette situation, comme d’autres équipes. Si ça peut renforcer le championnat, ça ne peut être qu’une bonne chose pour l’image du volley», indique Hubert, qui confesse aussi s’être nourri de sa première saison de coach inachevée. «C’était une année un peu spéciale, je venais d’arriver, il y avait des joueurs avec qui je jouais. Même si ça ne m’impactait pas forcément, il y avait quand même une certaine forme d’appréhension. Maintenant, plus trop. Je commence à bien voir le métier. Je sais que je reste novice, mais ça ne m’empêche pas de voir ce qui peut se trouver de mieux, tout en gardant mon caractère», assure-t-il. Et porter Tours, encore une fois, au plus haut.