Billetterie

Le beau monde d’après

le 01/10/2020
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Malgré un contexte sanitaire toujours préoccupant et une situation sportive qui demeure fragile, la saison LAM qui s’ouvre demain, avec Sète – Chaumont et Tourcoing – Cambrai, s’annonce passionnante, notamment au regard d’un recrutement de qualité un peu partout.

 

Si à ce jour, personne ne peut prédire ce qu’il va advenir des saisons sportives 2020-2021, si la visibilité sur la tenue d’un bout à l’autre des championnats de sports collectifs couverts demeure très réduite, une évidence, en revanche, apparaît avec netteté, à l’aube du lancement de la LAM ce week-end : le championnat qui s’ouvre promet d’être de haut niveau. C’est peut-être là, le paradoxe majuscule de l’intersaison. Dans l’angoisse et l’incertitude, entre la fin prématurée d’une saison 2019-2020 sans tête couronnée et avant le début d’une autre, sans garanties solides, les écuries de première division ont fait un travail assez remarquable.

 

De l’avis général, les effectifs constitués, pour peu que la Covid-19 ne vienne pas trop brouiller les cartes et se mêler au sportif, sont impressionnants. Rarement, ces dernières années, la LAM n’avait présenté un tel plateau. On a souvent loué l’homogénéité, la densité du championnat français. Il le sera, à l’évidence, plus que jamais cette année. Partout, du beau monde, des pointures, des références, de l’expérience, des talents en devenir et des potentiels à polir. Chacun, selon son budget et sa philosophie, s’est ingénié à bâtir le plus bel édifice possible et cela promet assurément de jolis combats.

 

Le premier constat notable est l’arrivée massive en LAM cette année de joueurs d’Amérique du Sud. Hier souvent « intouchables» en termes salariaux, ils sont venus cette fois trouver refuge en France, dans un championnat dont tous louent la sanité et la compétitivité, porté par des clubs disciplinés et rigoureux, une assurance pour eux dans le monde d’après. Ainsi, Argentins, Cubains, Brésiliens seront, à n’en pas douter, la petite fleur de sel supplémentaire cette saison. Mais ils ne seront pas seuls. La LAM a du cachet et rappelle cette année des internationaux d’aujourd’hui, tel Nicolas Le Goff à Montpellier et d’hier aussi avec Guillaume Quesque à Ajaccio. Il y a aussi les jeunes pousses, qui ne demandent qu’à éclore un peu plus encore, comme Pierre Dérouillon et Théo Faure, appelés à des hautes responsabilités à Toulouse, le libéro Benjamin Diez, joli coup du printemps pour Paris ou encore Léo Meyer, qui vivra sa première en tant que passeur titulaire à Nantes Rezé.

 

Sur le papier, c’est alléchant. Tours, indémodable candidat au titre, a bâti un collectif de luxe, avec trois Brésiliens, un passeur bosnien Zeljko Coric, le renfort de Zouheir El-Graoui et un pointu biélorusse de 2,12m, Artur Udrys. Mais le TVB a du monde à ses trousses. Montpellier, deuxième l’an passé à l’arrêt de la saison, vise le haut évidemment. Outre Nicolas Le Goff, le Mvuc a tapé fort avec les Argentins Alexis Gonzalez et Ezequiel Palacios. Chaumont, lui, a creusé le sillon des talents cubains de demain, avec une triplette spectaculaire. Nantes Rezé, cinquième l’an passé, veut entretenir l’ambition, sur la base d’un noyau dur conservé, que le jeune Léo Meyer devra mettre en musique. Autre club en plein développement, l’AS Cannes vise ouvertement le premier carré, après une 6e place au printemps dernier. Un passeur brésilien, un pointu australien, un peu de galonnés LAM en plus, ça peut très bien fonctionner.

 

En délicatesse la saison dernière, Tourcoing et Narbonne ont des vues bien différentes cette année. Et tous deux ont activé la filière créative argentine. Les Tourquennois, dirigés désormais par Mauricio Paes, ont misé sur un passeur atypique d’1,73 m, Matias Sanchez, pour présenter un jeu spectaculaire et hors des standards cette année. Avant-dernier, Narbonne a conservé du beau monde et remis les clés du camion à une pointure du volley international, Nicolas Uriarte. Sur l’île, Ajaccio ne crie pas trop fort. Il a fallu tout refaire avec des moyens encore un peu plus rétrécis. Mais Frédéric Ferrandez connaît la musique et l’apport dans ses rangs de Guillaume Quesque est un atout plus que précieux. Après un exercice de promu honnête sans plus, Paris veut retrouver un peu de verve et de gagne, avec Benjamin Diez pour tenir la ligne de fond et Guillermo Hernan pour la mise en musique.

 

A Poitiers, Brice Donat est d’un enthousiasme de jeune premier à l’idée de faire avancer ses troupes, toujours plus rajeunies, mais au talent irréfutable, à l’image de sa colonne passeur-pointu de 23 ans, conservée de haute lutte, Micah Ma’a à la baguette et le phénomène brésilien, Chizoba Neves Atu à la finition. La jeunesse, insouciante, rêveuse et ambitieuse, c’est aussi le crédo des Spacer’s avec évidemment en première ligne, deux talents avérés, Pierre Dérouillon et Théo Faure. L’Arago Sète en revanche, un peu malmené lors du dernier exercice, a d’abord voulu border le périmètre en recrutant des «tatoués» comme Yoann Jaumel, Ardo Kreek et Kamil Baranek. A Nice, c’est peut-être un peu moins clinquant, dans l’élan d’une saison compliquée, mais Peris Ratko a mis un peu de caractère et de physique en bouteille et il compte sur les jeunes mains habiles de son passeur, argentin lui-aussi, Matias Giraudo, pour lier le tout. Enfin, si Cambrai va connaître sa grande première en LAM, il s’interdit déjà d’avoir peur.