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Tour de France des Clubs : Le Cannet

le 19/09/2020
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Retrouver le plaisir

 

Auteur d’une deuxième partie de saison remarquable, qui aurait peut-être pu l’emmener loin sans l’arrêt prématuré du championnat, Volero Le Cannet repart en campagne avec ambition, mais il veut avant tout retrouver le simple plaisir d’être à nouveau sur les terrains.

 

Il pourrait en mâchouiller des regrets, Volero Le Cannet. Sur les deux derniers mois de compétition 2019-2020, le club azuréen avait enfilé sa cape. Après une première partie d’exercice délicate, à chercher la formule, à remodeler l’effectif, Le Cannet avait fini par trouver la recette. Depuis la mi-janvier, le club n’a en effet plus perdu un seul match officiel à ce jour ! Quatorze succès, toutes compétitions confondues et ce sentiment grisant, exaltant de se sentir fort, enfin. «L’arrêt a été brutal», convient la présidente du club, Jelena Lozanzic. «On était dans une dynamique exceptionnelle, on était en super forme, on commençait vraiment à ressembler à une équipe de haut niveau.»

 

Mais la crise sanitaire est passée par là, laissant chaque club pro à ses incompréhensions, ses frustrations ou ses espoirs. Le Cannet n’a pas voulu ruminer pour autant. A l’intersaison, quelques joueuses références, grandement sollicitées, ont quitté les lieux. C’est le jeu. Le club l’a accepté. Mais il n’a pas pour autant cherché farouchement la copie conforme. Au-delà des ambitions qui nourrissent forcément Le Cannet, épaulé par le Volero Zurich et impulsé ces deux dernières saisons par son patron, Stav Jacobi, le club des Alpes-Maritimes veut d’abord profiter, savourer les retrouvailles. La coupure a distendu le lien et pour Jelena, il est d’abord temps de se délecter du simple bonheur d’être à nouveau là. « On est tous hyper content de pouvoir retrouver la compétition, pouvoir retrouver le plaisir, la passion qui nous anime, le terrain, cette sensation que tu ressens quand tu gagnes des matchs. Retrouver du public, en espérant que les gens vont sortir de la maison et faire revivre le sport. Quand on s’est retrouvé pour la reprise, ça a été un soulagement, mais en même temps un saut dans l’inconnu. Ce Covid a été très compliqué et il le sera peut-être aussi dans l’avenir. L’essentiel, c’est revenir à notre passion et retrouver le sourire, redonner un peu d’espoir aux gens. C’est aussi ce message qu’il faut envoyer», confesse Jelena.

 

Face à une situation évolutive, que personne aujourd’hui ne maîtrise vraiment, Le Cannet n’a pas tenté le quadruple saut ou l’envolée mythique. Son recrutement est dans les clous, posé, sans excès. Avec une carte maîtresse, celle de la jeunesse et du feu, à l’image de son tandem d’Américaines, Nia Reed (24 ans) à la pointe et Ronika Stone (22 ans) au centre, tout juste sortie de l’université de l’Oregon ! «On est parti sur une saison de travail, une saison test, avec du dynamisme, un groupe de jeunes joueuses, encadré par l’expérience de Déborah (Ortschitt) et Eva (Yaneva), avec un budget de fonctionnement que l’on est complètement sûr d’assumer. Au vu du contexte, c’est de la sécurité. On a pris nos précautions», justifie Jelena, qui compte sur son tandem US pour rallumer la flamme. «Elles ont joué dans les universités aux Etats-Unis, devant beaucoup de monde. Elles connaissent le show, elles font du spectacle et on a envie de pousser le volley vers le sport-spectacle. Ce sont des filles qui ont un tempérament de feu.» A 15 ans, Maeva Schalk, adolescente bien née au volley, intégrée au groupe pro cette saison, est aussi le parfait symbole de cette jeunesse cannetane pleine de promesses.

 

Mais, sous le matelas de la jeunesse et du plaisir, Volero Le Cannet cache toujours une gourmande ambition. Le projet est en place et la fin de saison dernière donne forcément des idées. Dès ce week-end, Le Cannet pourra s’étalonner face à d’autres grandes dames du volley français, à l’occasion du Final Four de la Coupe de France, premier rendez-vous de l’année. En demi-finale, Le Cannet défie au Palais des Victoires les voisines du RC Cannes, dans un derby toujours particulier. Si le groupe du coach Italien, Lorenzo Micelli, ne sait pas encore vraiment où se situer dans la hiérarchie, il n’a pas l’intention de faire le court déplacement en balade. «Cette Coupe de France, c’est le premier événement, on retrouve les terrains, c’est une image d’espoir, ça y est, on commence ! Le monde du volley avait besoin de se revoir. Il faut à nouveau échanger des regards», insiste Jelena, déjà chatouillée cependant par la fibre de la gagne. «Très clairement, quand on parle compet, on a envie de gagner», glisse la présidente dans un petit sourire.