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Tour de France des Clubs : Nantes

le 09/09/2020
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Le VB Nantes, un titre dans la peau

 

Placé mais jamais gagnant ces dernières années, le VBN, qui a perdu son attaquante phare Lucille Gicquel mais reconstruit un collectif offensif fort, demeure en quête d’un premier titre pour valider enfin son ancrage au plus haut niveau.

Il y a bien longtemps que Cyril Ong a passé l’âge des hésitations, des cachotteries de cour d’école. Chez le bonhomme, il n’y a pas de flottement. C’est clair, carré, tranchant. Quand le coach nantais a des choses à dire, il le dit, peu lui importe l’assistance. Avec lui, le VBN sait où il va. Tant dans le jeu que sur le terrain des ambitions, une voie dans laquelle Nantes s’était déjà engagé avant l’arrivée de l’ex coach champion de France avec Béziers en 2018, porté par un tandem Monique Bernard – Sylvain Quinquis qui avait déjà pavé le chemin. Nantes continue donc de tracer sa route. Deuxième au moment de l’arrêt de la saison passée, derrière une campagne en Ligue des Champions terminée en lisière d’un quart de finale, le VBN est installé, ancré, membre actif et reconnu désormais du tout premier cercle du volley féminin français, aux côtés de Mulhouse, Cannes et Le Cannet.

Inutile donc de tergiverser. Nantes veut que ça vibre. Il veut surtout maintenant du titre et des gloires. Triple finaliste de la Coupe de France (2014, 2016, 2019), vice-champion de France (2014, 2019) il a vu la salle des trophées d’un peu loin jusqu’ici. Cette saison, il veut y entrer, il veut sa place, son nom gravé. «L’idée c’est de gagner un titre. Lequel, je ne sais pas. Mais on s’engage pour cela. Il est évident qu’aujourd’hui on vise ça, un titre. Je ne me cache pas, c’est le discours que j’ai tous les jours avec mes joueuses. On travaille pour gagner un titre», martèle sans détour le technicien nantais, qui œuvre avec son nouveau groupe, au complet, depuis le 3 août dernier.

 

Un effectif qui, numériquement, n’a pas été totalement bouleversé, puisqu’il n’intègre que quatre nouveaux noms pour pallier cinq départs significatifs cependant. En premier lieu, Nantes a dû laisser partir sa perle offensive, Lucille Gicquel. C’était convenu ainsi, et la pointue de l’équipe de France va désormais continuer de grandir en Italie, à Conegliano. Et comme un magnifique symbole, Lucille reviendra à Nantes dans quelques semaines, puisque Conegliano est dans la poule du VBN en Ligue des Champions ! Avec elle, Nantes a aussi perdu un pan de sa «mémoire», avec l’arrêt de carrière de la réceptionneuse-attaquante de la maison, Clémentine Druenne. Lindsey Vander Weide, Odette Ndoye et Tatjana Burmazovic complètent la liste des départs.

Pour pallier ces lourdes pertes, Cyril a misé tout à la fois sur l’audace, l’expérience et la jeunesse. Au poste de libéro, il a fait venir de Marcq-en-Barœul une connaissance, Lucie Dekeukelaire, qu’il fit travailler à l’aube de sa carrière professionnelle à Béziers. A l’aile, le renfort de Carli Snyder (Mulhouse) pèse lourd évidemment. Avec elle, le VBN a fait confiance à un talent en devenir, une jeune Finlandaise de 20 ans, Suvi Kokkonen. «Une joueuse à fort potentiel. Pour l’instant, on n’est pas déçu, elle va vraiment nous aider», glisse Cyril. Enfin, à la pointe, Nantes a vite admis qu’il ne fallait pas vouloir remplacer Lucille. Le staff technique a fait confiance à la grande gauchère cubaine (1,89 m) Yaremis Mendaro Leyva. Un cv imposant (elle arrive de Grèce et a joué en Italie à Ravenne notamment), des repères en LAF puisqu’elle y fit une saison avec Quimper : Yaremis a le bon profil pour former avec Carli Snyder et Suvi Kokkonen un bout de fil très performant. « Je voulais quelqu’un de dynamique, aérien, qui fasse le spectacle. Yaremis a ce profil. Ma philosophie de jeu ne va pas changer, on a gardé la relation passe-centre bien établie. Offensivement, on est peut-être meilleur que l’année dernière. Plus équilibré sans doute», estime le coach.

Voilà donc Nantes paré à lutter au plus haut, sur tous les fronts, même si la poule de Ligue des Champions du VBN est costaude, avec Conegliano, Fenerbahçe et Ekaterinbourg ! En tout cas, en LAF, il ne faudra pas lambiner. Le format sans Play-Offs ne permet aucun retard et peu d’écart. «J’adore les Play-Offs, c’est ce qui rend notre boulot excitant. Mais avec quinze équipes, un championnat raccourci par les compétitions internationales et le besoin de préserver la santé des joueuses, ça me paraissait un peu compliqué de jouer des Play-Offs. Maintenant, une saison comme ça nous oblige à ne galvauder aucun match. Quelque part, c’est la prime à la régularité. C’est intéressant aussi, ça t’oblige à être au taquet tous les week-ends», convient Cyril. C’est peut-être en empruntant cette voie-là, au bout de ce long tunnel, qu’un premier titre attend le VBN.