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Tour de France des clubs : Saint Jean d'Illac

le 05/09/2020
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Une ruche made in France

 

Après une saison passée délicate, Saint Jean d’Illac a revu quasiment entièrement sa copie et construit un effectif 100% français qui colle parfaitement au projet et à l’âme formatrice du club girondin.

 

Certains se seraient peut-être trituré les méninges, auraient ployé sous les questionnements divers et les signaux d’alarme. Il n’en fut rien pour Saint Jean d’Illac. Certes, le promu 2018 avait été beau et magnifique dans son costume de nouveau venu, sacrément effronté, cinquième de la saison régulière et demi-finaliste vaillant face à Paris, le futur champion, pour son tout premier exercice de Ligue BM 2018-2019. Mais l’an passé, les promesses ont fané d’un coup. Malgré un groupe quasiment inchangé, l’AS Illac a reculé. Deux victoires en seize matchs, le plus faible bilan de la division ! Cela avait de quoi interroger. Mais Saint Jean d'Illac avait déjà les réponses avant même de se perdre en hypothèses hasardeuses.

 

Le départ sur le tard de leur joueur phare Eduardo Antony Carlos, dit « Kadu », fut une première avarie importante dans la coque de l’esquif girondin. Quelques erreurs de casting dans le recrutement, des joueurs piliers, comme Hugo Moulinier et Romain Bonon, qui claudiquent, blessés, presque toute la saison, et cela a suffi à envoyer l’ASI par le fond. Mais Saint Jean d'Illac ne s’est pas affolé. Son président, Stéphane Hassoun, avait même presque anticipé cela. Mais dans la troisième année d’un joli cycle qui avait installé son club en Ligue BM, il ne se voyait pas, l’an passé, bouleverser l’effectif et ne pas remercier ceux qui l’avaient emmené jusque-là. « On avait un groupe magnifique pour les saisons 17-18 et 18-19, on savait que certains joueurs allaient arrêter leur carrière en terminant chez nous et c’est la raison pour laquelle on a pris le pari de ne pas bousculer les choses sur le troisième exercice, la saison dernière. A côté de cela, on a joué aussi un petit peu de malchance. On a assez vite compris que c’était peut-être la fin d’une histoire avec ce groupe, mais très sincèrement, au regard de ce que l’on avait vécu, de ce que les gars avaient apporté, il était impossible pour nous de dire à sept ou huit personnes sortant d’une demi-finale perdue au match 3, au revoir, vous avez fait votre temps, on passe à autre chose », raconte avec humanité le patron du club, Stéphane Hassoun.

 

L’ASI a donc souffert, mais dans le calme et la sérénité, acceptant son sort sans se crisper, conscient qu’à la rentrée, la donne allait changer. Et dans la ruche commandée par le technicien, Anisse Guechou, c’est désormais un nouvel essaim d’abeilles qui a pris place ! Avec huit nouveaux joueurs sur dix, l’ASI a renouvelé ses soldats. Seuls, le capitaine emblématique Hugo Moulinier et le deuxième passeur, Jules Fargier, continuent de butiner entre les pins girondins. Pour les huit autres joueurs qui composent l’effectif pro, en revanche, c’est une autre aventure. La matrice est là, solide et unique dans les trois championnats professionnels LNV. En effet, à la rentrée, l’ASI sera la seule formation, LAM, LBM, LAF confondues, 100% française ! Une fierté assurément pour ce club qui a très vite posé la formation au centre de son développement. Un défi pas simple à tenir, mais Saint Jean n’est pas dans l’urgence et il veut se donner du temps. « L’idée, c’était de construire une équipe homogène et dans la durée. On a signé quasiment tous nos joueurs sur deux ou trois ans », précise le président. 

 

Dans la confection de l’équipe, les bases ont été vite posées. « Pour schématiser, l’idée, c’était d’avoir 30% de trentenaires qui ont bourlingué, 30% de joueurs avec déjà un bon vécu et 30% de jeunes avec un potentiel à développer. Trouver cette alchimie entre jeunesse et expérience pour que le club puisse évoluer », résumait le coach dernièrement. A l’arrivée, sur plan, le schéma est séduisant. Parmi les renforts, il y a des noms qui sonnent fort, comme celui de Martin Jambon, pointu référencé dans le milieu de la Ligue BM. Les arrivées du libéro Théo Morillon (Chaumont), du réceptionneur-attaquant Gauthier Bonnefoy (Tourcoing) et de l’attaquant Maxime Capet (Tours), tous trois vus en Ligue AM l’an passé, apportent aussi, a priori, quelques solides garanties. « Il y a de quoi faire avec ce groupe-là sur un moyen terme », estime Stéphane Hassoun, ravi de brandir haut l’étendard du volley français. « L’idée était aussi de travailler pour la formation et le volley français. Je crois que la dernière équipe 100% française en pro, c’était le Plessis Robinson il y a une douzaine d’années. Il y a de bons joueurs français qui ne demandent qu’à s’exprimer. Si on veut que le volley évolue chez nous, il faut pouvoir leur donner du temps de jeu et faire en sorte qu’ils arrivent à éclore. En tout cas, ça donne du sens à ce que l’on fait. » Une démarche louable assurément, dont l’ASI espère aussi tirer quelque bénéfice sur le terrain dès la saison prochaine.