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Tour de France des clubs : Ajaccio

le 20/08/2020
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Ajaccio, les travaux permanents

 

Comme l’an passé et très souvent les années précédentes, Ajaccio a dû refaire une équipe complète pour la saison prochaine, avec neuf nouveaux joueurs et forcément un gros travail de construction collective en perspective pour Frédéric Ferrandez et son staff technique.

 

C’est une fatalité qu’il accepte désormais avec une certaine philosophie. Chaque année, sur le métier, Frédéric Ferrandez remet son ouvrage. Mais sur l’établi, ce n’est jamais les mêmes pièces, jamais les mêmes outils. Cette fois encore, l’inamovible coach corse doit tout refaire, tout recommencer, tout reconstruire. Avec neuf nouveaux joueurs dans l’effectif, les certitudes sont maigres. Aucun mur de soutien, aucune ancre dans l’eau. Seuls les jeunes et très prometteurs Clément Moracchini (passeur) et Maxime Roatta (réceptionneur-ataquant) ont survécu au « raz-de-marée ». Pour le reste, tout est neuf sur l’île ! « C’est pratiquement tous les ans la même chose, les mêmes difficultés que l’on a. On voit des potentiels sur certains joueurs que l’on prend, mais on ne peut pas les garder pour des questions financières, avec un budget sans cesse à la baisse. C’est compliqué. Même si le style de jeu à Ajaccio, désormais, on le connaît, il faut à chaque fois trouver les joueurs qui vont avec, qui se sentent motivés pour relever le challenge chez nous. Chaque année, J’ai un peu l’impression de recommencer à zéro, comme si c’était ma première saison ici », exprime le technicien du « Gaz » depuis une quinzaine d’années maintenant.

 

Pour autant, n’allez pas imaginer que Frédéric prépare ce futur exercice de guerre lasse. Bien au contraire. Le challenge le pique forcément, le titille. Quand en France, en cette intersaison si singulière, en cette période particulière, on réarme presque partout et l’on construit des véhicules d’assaut rutilants, à Ajaccio, Frédéric envisage la saison qui vient avec un enthousiasme de jeune premier et le désir de venir semer la pagaille. La saison dernière, malgré une équipe édifiée très tardivement, et alors qu’on promettait au club corse une saison dans les bas-fonds, le « Gaz » s’est joliment défendu, terminant à la 10e place, sans frayeur et à trois points seulement de la 6e. « Elle a été très bonne cette saison pour moi ! », s’enthousiasme-t-il, quand il la raconte. « L’équipe a été construite très tardivement, ça a été compliqué de faire une équipe cohérente et j’ai été content du rendement des joueurs. On a relancé pas mal de monde, ça a été intéressant. On nous donnait en Ligue BM avant le début de la saison, au final, j’ai pris énormément de plaisir avec ce collectif. »

 

Il en espère donc autant, voire plus encore cette année, avec cette nouvelle équipe à construire quasi intégralement. Il faudra au staff technique pas mal de finesse pour trouver rapidement le juste équilibre. Car le GFCA 2020-2021, sur le papier, c’est un savant mélange d’expérience et de talents à polir. Avec six joueurs de moins de 21 ans, le potentiel est important, c’est certain, mais il doit mûrir et travailler. Autour, Frédéric a posé des vigies d’expérience. Emmanuel Ragondet, qui va faire dans le dépassement de poste pour évoluer en tant que libéro, Rusmir Halilovic, le passeur bosnien de 34 ans qui connaît la LAM comme le fond de sa poche, Ivan Kolev, le solide réception-attaquant bulgare vu à Chaumont ou encore Beau-James Graham, le central australien passé il y a quelques années par Saint-Quentin, fournissent a priori pas mal de garanties. Et puis, il y a le retour en France de l’ancien international, Guillaume Quesque, réceptionneur-attaquant baroudeur, qui doit être un pilier du collectif ajaccien cette année. « C’est une très bonne pioche Guillaume évidemment ! », clame Frédéric. « Ça va être mon joueur clé, il va avoir énormément de responsabilités dans cette équipe, sur et en dehors du terrain, pour aider notamment à trouver cet équilibre, entre les jeunes et les expérimentés. Ce sera primordial. »

 

La justesse collective sera d’autant plus déterminante qu’au poste d’attaquant de pointe, Ajaccio s’élance sans filet. Pour tenir le rôle, le club corse a fait venir un jeune talent cubain de 21 ans, aux qualités athlétiques redoutables, Jose Carlos Romero Gonzalez. Le seul hic, c’est qu’il va découvrir le championnat français, qu’il lui faudra donc un temps d’adaptation, mais aussi qu’il sera cette saison tout seul sur le poste ! Pour la première fois, Ajaccio n’a pas pu s’offrir de doublure à la pointe. Afin de faire au mieux, Frédéric mise sur la progressivité. « Il va falloir l’intégrer progressivement, ne pas lui donner trop de responsabilités dès les premiers matchs, ne pas le griller dès le début en lui mettant trop de pression, pour s’appuyer de plus en plus sur lui au fil de la saison. Il faut essayer de mettre en place un jeu en créant des possibilités offensives et des incertitudes pour l’adversaire. C’est un fort potentiel, mais ça reste un jeune joueur à potentiel », prévient ainsi le coach corse.

 

Frédéric Ferrandez est donc désormais devant un gigantesque Lego à construire, mais il est heureux que les choses reprennent enfin. Ses hommes travaillent individuellement selon un programme fixé par le préparateur physique depuis le 1er juillet et le coach réunira ses troupes le 20 août prochain. « Le championnat va être très difficile. Quand on voit les effectifs qui se montent un peu partout, ce sera peut-être l’une des plus belles années de ce championnat. Mais on va se battre avec nos moyens, avec l’effectif qu’on a mis en place et que je trouve plus que correct. On va essayer de se mettre le plus rapidement possible à l’abri et après on verra si on peut être le trouble-fête du championnat », glisse Frédéric, dans un sourire qui dit que le GFCA trépigne déjà sur la ligne de départ.