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Tour de France des clubs : Marcq-en-Baroeul

le 16/08/2020
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Marcq-en-Barœul, la ligne et l’ambition

 

Epatant promu en 2019, solidement installé en Play-Offs avant l’arrêt de la saison au printemps dernier, Marcq-en-Barœul poursuit sa progression sans s’emballer ni bouleverser un effectif largement conservé et garant du projet collectif.

 

Il faut croire que là-haut, dans le Nord, le collectif prend un sens encore un peu plus aigu qu’ailleurs. A Marcq-en-Barœul, les constructions à l’aveugle, sur une passade, ce n’est pas franchement la spécialité de la maison. Ici, on fait les choses patiemment, en se tenant la main, même si en ces temps de distanciation sociale et de gestes barrières, l’image semblerait presque braver l’interdit. Monté en LAF à l’été 2018, le club des Hauts-de-France n’est pas sorti de sa ligne pour autant. Pas de chambardement, pas de raffut, pas de folie des grandeurs, mais l’envie toute simple de solidifier l’édifice, de renforcer la base, de tisser le lien pour s’élever encore.

 

Thibaut Gosselin est à la tête de l’équipe depuis 2016. A la rentrée, il entamera sa cinquième saison en tant que chef de meute des Louves. Et dans le tiroir de son bureau, il n’y a pas mille projets, mais un seul, celui que le club marcquois et lui-même ont commencé à bâtir en Elite. L’idée n’est ni spectaculaire ni révolutionnaire, elle est seulement teintée de bon sens, d’humilité et d’ambition tout à la fois. Et pourtant, Marcq-en-Barœul grandit vite. Demi-finaliste pour sa saison de promu, sixième au printemps dernier, au moment de l’arrêt du championnat, le club nordiste paraît déjà solidement ancré avec deux ans d’expérience LAF seulement sur le cv ! « C’est ma cinquième saison au club. J’ai deux joueuses qui sont avec moi depuis le début du projet et plus de la moitié qui sont là depuis quatre ans. Ce groupe-là fait un travail de fond depuis un bon bout de temps et on avance. A chaque fois on retouche un peu, mais la volonté c’est de rester sur notre base. C’est tout à la fois une sécurité pour le jeu, une sécurité financière pour le club et les joueuses qui arrivent savent où elles mettent les pieds », résume ainsi le jeune technicien nordiste.

 

Continuité, partage, sens du collectif, voilà donc les balises d’un club qui a conservé sept joueuses de la saison passée et recruté 100% français, avec les arrivées à la passe de Aziliz Divoux et Loane Motta-Paes, de la jeune réceptionneuse-attaquante de l’équipe de France Manon Moreels, et de la centrale Chloe Lesenechal ! La pièce maîtresse ajoutée au puzzle, c’est évidemment l’arrivée de la passeuse franco-belge, Aziliz Divoux, vue en France à Paris Saint-Cloud et Mulhouse auparavant et qui revient en LAF, forte d’une expérience en Ligue des Champions avec le club allemand d’Aix-la-Chapelle. L’histoire de «la» rencontre est d’ailleurs assez magique. En janvier dernier, quand il monte dans la voiture qui l’emmène au TQO, Thibaut Gosselin pense soudain à Aziliz pour tenir le jeu du VCMB à la rentrée prochaine. Dix minutes plus tard, l’agent de la joueuse l’appelle pour lui demander si le profil de la passeuse franco-belge pouvait l’intéresser ! « Elle doit nous apporter son expérience et nous emmener vers le niveau supérieur. En même temps, je ne veux pas changer l’équipe pour elle et je ne veux pas qu’elle change pour l’équipe. Je veux que l’équipe et elle se rencontrent et construisent quelque chose ensemble », dit joliment Thibaut.

 

Car, aussi sage soit-il dans la construction et l’approche des choses, Marcq-en-Barœul est un ambitieux, qui ne s’ignore plus désormais. Alors qu’il vient de terminer sa deuxième semaine pleine de travail, le VCMB a les coudes serrés et il avance groupé. D’ailleurs, avec le coronavirus, toutes les joueuses, étrangères comprises, sont restées en France durant l’intersaison ! Le club a prolongé les baux des locations et les filles ont très vite eu envie de se remettre au travail. L’arrêt brutal de la saison, alors que les Louves avaient les crocs, a laissé la trace d’une petite frustration. « On était qualifié pour les Play-Offs, sur une bonne dynamique, l’élan était là », concède Thibaut. « Tout le monde est heureux de démarrer une saison au complet, reposé, avec une grande envie. » Depuis quinze jours, les mots qui reviennent dans les discours du technicien sont audace et impertinence. « Avoir l’audace et l’impertinence de croire qu’on peut bousculer tout le monde, ne pas se considérer comme une équipe du ventre mou, mais comme une une équipe qui travaille pour aller plus haut. Ne pas se reposer. Le maintien reste quand même d’actualité, on reste un jeune club. Mais jouer le maintien, c’est faire une saison bof et nous on veut faire une saison magique. Les mots sont jolis, maintenant, il faut qu’on les mette en forme et en jeu », résume ainsi le coach du VCMB, à l’aube d’une troisième saison LAF porteuse de belles promesses.