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Tour de France des clubs : Chaumont

le 15/08/2020
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Chaumont connaît le danzón

 

Place forte du volley français, le champion de France 2017 et double finaliste en titre lors des deux derniers exercices, Chaumont a misé cet été sur la filière cubaine pour rester en haut, dans une saison dont on pressent déjà qu’elle sera particulière et de très haut niveau.

 

Bruno Soirfeck a passé l’âge des paniques subites et des troubles incontrôlés. Comme tout le monde, le président du CVB 52 a enduré la situation, inédite, grave et tellement singulière. Comme tout le monde, il a été contraint, sans pouvoir grandement peser ni agir. Mais il a tenté de faire le tour de la question, avec lucidité et réflexion, et ce gros brin de vécu qui fait la couenne d’un club désormais référencé au plus haut du volley français. L’épidémie a obligé à repenser, à revoir les choses, à faire au mieux. « Depuis mi-mars, je suis resté au club H-24. On est dans le raisonnement du moins pire en sachant très bien que rien n’est 100% efficace. J’ai essayé en stratégie d’éliminer les risques, sachant qu’ils sont toujours possibles. C’est une actualité qui doit nous permettre de réfléchir encore davantage, de repositionner les forces en présence », résume le boss du club haut-marnais.

 

Chaumont n’est donc pas parti en tout sens, loin de là. Le club est resté solidement bordé, dans un budget et des finances tenus au plus juste, mais absolument pas revus à la baisse au moment de constituer l’équipe 2020-2021, appelée à monter sur scène en septembre prochain. « Les basiques sont les mêmes. On recrute pour faire une équipe ambitieuse, avec les finances comme variable d’ajustement qui devaient déterminer tout le reste. Je suis partie sur le fait de dépenser la même masse salariale, avec la vision budgétaire de pouvoir repartir sur les mêmes ambitions », détaille encore le président chaumontais.

 

Bien ancré structurellement, le CVB 52 devra cependant patienter encore pour entrer dans sa nouvelle salle et franchir ainsi la prochaine étape, indispensable à son développement. La crise sanitaire a rallongé les délais et Chaumont devra faire l’entièreté de cette saison à Jean Masson. Quoi qu’il en soit, l’effectif haut-marnais a été bâti pour demeurer dans le premier cercle. Champion de France 2017, double finaliste en suivant, finaliste de la Challenge Cup 2017, de la Coupe de France 2018 et 2019, le CVB 52 est présent sans discontinuer sur les hauts-plateaux depuis quatre saisons et l’idée maîtresse est d’y rester le plus longtemps possible. « L’objectif, c’est le Big Four », énonce sans voile son président. En conservant quatre joueurs majeurs de l’effectif de la saison passée, et notamment sa doublette de passeurs, Raphaël Corre et Martin Repak, le CVB 52 ne perd pas le fil. Il assure la liaison et entretient l’esprit. Côté recrutement, en revanche, Chaumont est innovant. A la rentrée, le club haut-marnais sera sous influence cubaine, avec un sacré trio sur la ligne : le central Roamy Alonso (22 ans), le réceptionneur-attaquant Osniel Melgarejo (22 ans) et le pointu Jesus Herrera Jaime (25 ans). Fort de l’expérience réussie l’an passé avec la pépite cubaine, Marlon Yant (19 ans), parti à la Lube Civitanova en Italie, Chaumont a cette fois mis les deux mains dans le pot ! « On a montré patte blanche à cette fédération, on a montré qu’en passant chez nous, tu progressais. Les Cubains ont une appétence pour le volley, un talent. Et puis nous, on a le coach pour développer ces jeunes-là », estime le patron chaumontais. Avec la jeune triplette en provenance de cette île des Caraïbes, Chaumont met de la vie, du rythme, de la salsa et du danzón dans son jeu ! « Ils peuvent nous apporter un certain dynamisme, un peps, la fameuse grinta. Avec Jorge Fernandez et Franco Massimino, l’Espagnol n’est pas la langue officielle, mais elle sera très présente. Ils doivent amener du caractère, de la révolte sur le terrain, le sens du combat. Du ludique en plus du sérieux », détaille Bruno Soirfeck.

 

Ainsi formaté, Chaumont apparaît solide, avec les renforts supplémentaires du réceptionneur-attaquant canadien Steven Marshall, du jeune pointu français Samuel Jeanlys, du central US Daniel McDonnell et du très prometteur réceptionneur-attaquant bulgare, Georgi Petrov. Au final, l’effectif est dense, avec des titulaires et des n°1 bis plutôt que des n°2. Mais il fallait au moins cela pour escompter tenir son rang. En effet, partout ou presque, à Tours, à Tourcoing, à Montpellier, à Narbonne et ailleurs, on a fortement réarmé. « La lecture des équipes constituées me laisse penser que ça va être un combat comme jamais il y a eu », prédit le président du CVB 52, qui n’oublie pas non plus le paramètre sanitaire et ce virus qui risque de rôder encore longtemps et qui peut venir brouiller les cartes.