Billetterie

Tour de France des clubs : Mende

le 12/08/2020
'.$actu->_Identite['LibelleActualite'].'

Irrémédiable Mende

 

Promu en Ligue BM en 2018, Mende a parfaitement réussi ses deux premiers exercices dans le monde professionnel et est en train de s’installer solidement à ce niveau, avec une identité de jeu bien ancrée, un soutien régional sans faille et une ambition avouée.   

 

Souvent, c’est en secret, en sourdine, que le petit rêve de devenir grand. Comme si cela avait quelque chose de présomptueux ou d’inconvenant. Mais Mende n’est pas de la catégorie de ceux qui se cachent ou qui posent un voile pudique sur les hautes idées. Au contraire, le MVL s’affiche et se révèle tel qu’il est, sans fard, ni faux-semblant. Monté en LBM il y a deux ans, le club lozérien a parfaitement actionné les premiers curseurs. Une saison de promu, terminée sans peur, en lisière du Top 8, à un succès seulement des Play-Offs d’abord, puis, cette deuxième saison, entamée tranquillement et terminée vivement à la 5e place, en pleine dynamique, avant que l’exercice ne soit brutalement stoppé. Un scénario sans fin qui laisse forcément le coach emblématique du MVL, Constant Tchouassi, un peu… sur sa faim. « Comme pour la plupart des équipes, il y a un petit gout d’inachevé, avec ce groupe qui commençait à monter en puissance. On sentait une vraie force collective sur la deuxième partie de saison et il aurait été intéressant de voir ce que cela aurait pu donner en Play-Offs. Le sentiment est donc mitigé, mais ce qui l’emporte quand même, c’est la satisfaction d’avoir réussi sportivement une deuxième saison en Ligue BM et d’avoir progressé avec un groupe encore renouvelé », résume Constant.

 

Car, au-delà de la petite pointe de frustration de ne pas avoir pu aller au bout des choses cette année, Mende est, incontestablement, en train de s’installer dans le concert du volley professionnel français. Soutenu de toute part, par les collectivités, une brassée de partenaires et un public mordu et fidèle à Piencourt, le MVL est un bastion dans la région, le fleuron sportif de la ville désormais. Et si son ascension est déjà nette, tout laisse à penser que cela peut monter encore. « C’est un club qui grandit, qui apprend très vite par rapport aux exigences du haut niveau. Le sportif est même un peu en avance par rapport à la structure générale du club », reconnaît d’ailleurs son coach. « On a déjà un centre de formation, il y a une vraie politique sportive de mise en place et on a une vraie philosophie de jeu. Ici, les joueurs sont souvent en progression, ils s’épanouissent et cela nous fait une vraie plus-value. On sait où on va et je crois vraiment que Mende peut se faire une place sur l’échiquier du volley français. »

 

Par cela, traduisez la Ligue AM, qui n’est pas un gros mot en Lozère, loin de là. Pas dans l’immédiat évidemment ! A l’horizon quatre ou cinq ans, mais l’idée fait son chemin. Et pourtant, Constant doit à nouveau construire et rebâtir. Avec huit nouveaux joueurs et des moyens financiers non extensibles, le technicien n’a pas encore la possibilité de travailler dans la continuité, mais il a son fil d’Ariane, sa philosophie de jeu, son identité. Pour lui, le volley, c’est une partition, une mise en musique. « J’ai toujours été convaincu qu’au volley, un groupe qui a un niveau technique homogène, des gars capables de jouer ensemble sans le ballon, avec un vrai état d’esprit, les uns pour les autres, était capable de battre n’importe qui. Le mouvement sans le ballon, c’est ce qui crée le lien entre les joueurs et c’est ce qui fait l’équipe. C’est pour cela que chez nous, le bloc-défense est prépondérant. Apporter une réponse collective, cela demande beaucoup de discipline et donc beaucoup de confiance entre les lignes. Comme en musique, les notes les plus importantes, ce sont les silences, ce sont eux qui font le lien, et les mouvements représentent les silences en musique. S’il n’y a pas ces silences, il n’y a pas de musique », dit joliment le coach, qui garde en référence, comme un totem, la réception de Saint-Nazaire lors de la dernière saison, où mené 3-11 dans le tie-break, le MVL fut capable de tout renverser pour s’imposer 15-13 !

 

Constant, qui entame sa neuvième saison à Mende, qui a porté le club de la N2 à la Ligue BM, connaît la maison et elle lui rappelle souvent la petite bâtisse devenue grande qu’il a fréquentée étant joueur, Chaumont. « J’ai toujours fait ce parallèle avec Chaumont, où j’ai joué. Il y a des similitudes et ce qui me réconforte aujourd’hui, c’est que je sais qu’on n’a pas encore épuisé les ressources, en termes de partenaires, de structuration du club. Il y a encore tant de choses à faire que le club ne peut qu’aller vers l’avant. La marge est tellement grande ici que l’on peut voir l’avenir sous les meilleurs auspices. C’est un club qui a un potentiel », estime le technicien.

 

Et tant pis, s’il faut encore tout recommencer. Mende, qui a révélé l’an dernier le central de 18 ans, Tanguy Dijoud, appelé à être titulaire à la rentrée, a la recette : miser sur des jeunes Français à potentiel, tels le pointu Abdoulaye Soumare, le réceptionneur-attaquant Antoine Fleury, le passeur Emil Serreau ou encore le libéro Luka Randrianantenaina. Avec les arrivées de deux profils étrangers, le Brésilien Fidelis Jonas et l’Ukrainien Bohdan Tatarenko, capables de faire la différence en bout de filet sur la transition et les balles hautes, Mende espère combler encore un peu plus les manques et poursuivre sa progression, sans autre idée plus précise. Alors que le groupe a entamé la préparation depuis le 4 août, Constant ne veut surtout pas l’enferrer dans des comptes d’objectif. « L’envie, le désir sont les mêmes chaque saison. Se fixer un objectif, c’est se fixer une limite ! L’idée c’est de tirer la quintessence du groupe et j’espère qu’à la fin, on aura le classement que l’on aura mérité par rapport aux efforts et à l’investissement donnés », énonce seulement le coach, comme une belle promesse.