Billetterie

Tour de France des clubs : Poitiers

le 10/08/2020
'.$actu->_Identite['LibelleActualite'].'

Poitiers, la jeunesse rêveuse

 

Dans un championnat qui s’annonce plus dense encore que par le passé, le Stade Poitevin a poursuivi le rajeunissement de son effectif cet été et attaque la saison prochaine avec intensité et enthousiasme, tout en préparant aussi les années d’après.

 

Il ne l’a pas encore sous la main, seulement sur le papier, mais Brice Donat a les mots qui cavalent gaiement quand il trace le canevas de sa future équipe. Car si le SPVB 2020-2021, le Poitiers d’après, suit la première trace esquissée la saison dernière, cette version-là affirme plus nettement encore ses rêves de jeunesse. Durant cette intersaison, forcément particulière pour tout le monde, le coach a soufflé une grande brise dans les voiles poitevines et fait passer un vent de fraîcheur qu’il se plaît à conter à quelques semaines d’une rentrée dont personne encore ne devine véritablement les contours.

 

Entre une fin de saison stoppée nette, dans l’inquiétude générale et une grosse pointe de frustration, légitime, pour Poitiers, qui remontait alors au classement comme un avion, pour entrer dans les Play-Offs et même tenter d’arracher une qualification européenne sur le fil, le SPVB a un peu ruminé. Mais il a surtout réfléchi à la composition de son équipe, en y intégrant tous les éléments du contexte nouveau. « Cela a été une période compliquée pour tout le monde. Il y a eu l’inquiétude générale par rapport à la santé publique et on a vite accepté le fait qu’il fallait arrêter. Maintenant, il y a eu de la frustration aussi, car on était remonté à la 6e place, on venait de battre Tours à Tours, on était dans une bonne dynamique avant d’aller jouer le Final Four de la Coupe de France. Et à l’arrivée, on manque la place européenne pour un set et c’est Cannes qui la prend », raconte le technicien poitevin. 

 

La déception passée, Poitiers s’est surtout nourri d’une saison aux deux visages. Une première moitié, délicate, où il a fallu faire sans son coach titulaire, contraint de lever le pied suite à des problèmes de vertige, et une deuxième bien plus enlevée, avec Brice de retour aux affaires et un effectif qui trouvait enfin son équilibre. Fort de tout cela, Poitiers a analysé la situation et a remis une grosse pièce sur la carte jeune. Plutôt que de se payer deux ou trois gros joueurs d’expérience, Poitiers a étiré son effectif et doublé tous les postes, pour un effectif à douze, voire treize joueurs, qui aura le profil du jeune et doux rêveur. « On va avoir une équipe très jeune, avec une moyenne d’âge de 22 ans », confirme Brice, sur un ton emballé. « Cela va être ultra dynamique à l’entraînement, avec des séances chargées, beaucoup d’intensité et une grande concurrence. Cette constitution d’équipe est aussi un peu réfléchie par rapport à la situation et au Covid. Je pense que les jeunes joueurs vont très vite reprendre, alors que les anciens vont peut-être mettre un peu plus de temps à trouver le rythme. »

 

Poitiers n’a pour autant pas tout chamboulé. Au contraire. Sa colonne vertébrale passeur-pointu, très sollicitée à l’intersaison, reste la même, avec l’Américain de 23 ans Micah Ma’a à la baguette et le phénomène brésilien du même âge, Chizoba Neves Atu à la finition, lequel sera même épaulé par un nouveau minot tchèque gaucher de 20 ans et 2,06 m, Marek Sotola. « C’est une grande chance d’avoir pu garder Micah et Chizoba. Au-delà du sportif, Micah est un joueur exceptionnel humainement et Chizoba est encore un peu « fou », mais il capable de faire des choses exceptionnelles. Quant au Tchèque, il a pour moi un potentiel international et cela va créer une vraie émulation entre eux deux », envisage l’entraîneur. Avec le jeune Luca Ramon, libéro et tenancier du fond de terrain, propulsé titulaire a tout juste 20 ans, un réceptionneur-attaquant cubain, José Miguel Gutierrez, de 18 ans et au grand talent à polir, Poitiers va forcément manquer un peu de vécu et d’expérience, ce qui peut lui nuire, dans une saison qui s’annonce dense et de très haut niveau, au regard des effectifs montés ça et là. Mais quelques anciens assureront la garde : Marc Zopie (33 ans) est toujours là, un autre central trentenaire étranger d‘expérience est attendu dans les jours qui viennent, et le renfort de l’ancien réceptionneur-attaquant hongrois du Paris Volley, Roland Gergye, seront autant de balises et de relais précieux pour le coach.

 

Un entraîneur qui a retrouvé en 2020 le plaisir et l’envie à temps plein, après un passage délicat. « Il y a eu un trop plein, une fatigue générale, c’est le corps qui disait stop. Aujourd’hui, il y a une grosse envie et beaucoup d’enthousiasme », assure le technicien, qui sera, pour la première fois, épaulé tout à la fois d’un assistant et préparateur physique (Stefano Mascia) au quotidien, et d’un analyste vidéo (Steven Plateau). « C’est une année où on fait attention, on développe. C’est une saison particulière. On va travailler aussi cette année pour l’année d’après », convient Brice, qui regroupera ses troupes le 12 août, mais qui n’efface pas pour autant toute ambition immédiate. Pour Poitiers, comme beaucoup en LAM, la première cible, c’est le Top 8. Après, il sera toujours tant de se rapprocher du centre…