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Tour de France des clubs : Istres

le 07/08/2020
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Istres, promu mais pas trop

Après quatre saisons en Elite, Istres Provence Volley retrouve la Ligue AF. Entre enthousiasme et raison, le club istréen, qui a conservé le noyau dur de la saison passée, visera d’abord le maintien, en s’appuyant sur ses valeurs fondamentales, le mental et la combativité.

 

C’est un étrange retour en LAF. Une histoire peu banale qui, aujourd’hui encore, laisse au sol un enchevêtrement de sentiments. A la mi-mars, quand soudain tout fut arrêté en raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus, Istres n’avait pas la moindre idée de ce qu’il adviendrait. Saison blanche, montée, prise en compte du classement etc… : tout s’envisageait alors et l’IPV était là, attendant une lueur, un signe. « On a vécu cette période en trois phases », raconte aujourd’hui l’entraîneur portugais, André Sa. « La première phase, ce fut le choc, comme tout le monde. Mais on a pensé que le championnat allait reprendre. Puis la deuxième, deux semaines après, quand on a pris conscience qu’il serait très difficile de reprendre. Là, a commencé une période de frustration, car la saison se passait très bien, l’équipe était dans une bonne dynamique et toutes les conditions étaient réunies pour monter. Enfin, la troisième phase, celle de l’attente de la décision a été la plus difficile à gérer, jusqu’à la bonne nouvelle. On a le sentiment d’avoir été payé de nos efforts. »

 

Car Istres n’a rien volé, loin de là. Leader du groupe B du championnat Elite, seule équipe invaincue du plateau en quatorze matchs, l’IPV est pleinement à sa place en LAF. Un retour dans le grand monde après quatre saisons à l’étage inférieur, que le club provençal veut désormais appréhender au plus juste. Sans illusions démesurées mais sans couardise non plus. Istres connaît la LAF, il y a passé seize saisons dans son histoire. Ce vécu est un atout non négligeable, même si André Sa n’a cessé d’alerter les dirigeants de son club depuis l’annonce de la grande nouvelle : les choses ne sont plus comme avant en LAF. « La Ligue pro aujourd’hui n’a rien à voir avec ce qu’il se passait il y a quatre ans », confirme le technicien portugais, qui entamera sa cinquième saison à Istres, sa première en LAF à titre personnel. « Ca a beaucoup changé, en termes de qualité de jeu, d’investissement, ce n’est plus pareil sportivement et financièrement. Pour nous, remplir le cahier des charges, ça demande de l’énergie et de l’engagement. »

 

Istres s’attelle donc à être digne du plateau à la rentrée prochaine. La masse salariale n’a guère été gonflée et il a fallu être pragmatique et malin dans le recrutement. D’abord, l’IPV a misé sur la continuité en conservant sept des douze joueuses qui ont porté l’équipe au plus haut au printemps dernier. Côté recrutement, le club istréen a allégrement pioché dans le vivier américain, qui offre sur le secteur féminin l’un des meilleurs rapports qualité-prix. En plus de Mia Swanegan, la centrale US déjà dans les murs, trois autres Américaines débarquent donc en Provence, la passeuse Caila Rose Stapleton et la réceptionneuse-attaquante Mary-Kate Morgan Marshall en provenance de Finlande, ainsi que la centrale Annayka Legros, qui arrive de Saint-Raphaël. En plus, Istres a également mis une pièce sur la réceptionneuse-attaquante brésilienne, Laiza Figueiredo Ferreira.

 

L’objectif est simple désormais : amalgamer tout ce petit monde et faire en sorte que la philosophie prônée par André soit transmise au plus vite aux nouvelles. « Ce sont des filles qui ont des qualités et qui ont les bonnes attitudes. C’est bien d’avoir cette base-là pour construire et transmettre la philosophie du club et de l’équipe », explique l’entraîneur. Istres n’a donc pas lancé de grande révolution. Les valeurs fondamentales restent les mêmes : un mental à toute épreuve et des combattantes à toute heure. Car si le promu revient dans le grand monde avec toute l’humilité nécessaire, il n’entend pas non plus courber l’échine tous les samedis. Pour son coach, il faudra tenir la posture. « Bien sûr, on ne peut pas être arrogant et notre objectif est de se maintenir », avise André. « Mais on ne peut pas non plus se regarder comme le petit. Il faut se voir comme l’une des quinze équipes du championnat, il faut jouer ! Nous sommes une équipe qui fait partie de la Ligue pro, pas plus pas moins qu’une autre. On va se battre sur chaque point, chaque match, chaque situation, ce doit être une de nos forces. » Pour inculquer tout cela, le staff technique n’a pas perdu de temps. Le groupe est au travail physique depuis le 29 juillet déjà, même s’il manque encore les deux Américaines « de Finlande » et la Brésilienne, en attente de la délivrance de leur visa. A raison de deux séances par jour, Istres a déjà trouvé la bonne cadence.