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Tour de France des clubs : Cambrai

le 30/07/2020
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Cambrai, l’éloge de la patience

 

Promu en LAM pour la première fois de son histoire après seize saisons en Ligue BM, dont une dernière sans fin, Cambrai n’a surtout pas volé sa montée. Désormais parmi les grands, le club des Hauts-de-France veut jouer la carte collective pour garder sa place en première division.

 

C’est une drôle d’histoire, mais c’est une belle histoire tout de même. Singulière, inachevée d’une certaine manière, mais validée dans la grandeur et la fierté d’une montée en LAM, derrière laquelle le club nordiste a couru pendant seize ans, sans jamais s’affoler, sans jamais se précipiter. Car elle est là aussi la beauté de ce conte moderne. Installé depuis la saison 2004-2005 en Ligue BM, sans discontinuer, Cambrai était un peu le gardien du deuxième temple LNV. Posé, solide, arrimé, il s’est construit lentement durant seize ans, a maturé discrètement, jusqu’à ces trois, quatre dernières années, où l’ambition a fini par germer, jusqu’à le porter au plus haut des cieux du volley pro français, en LAM. 

 

Certes, ce ne fut pas dans la fureur et les larmes de joie, au terme d’un exercice sportif terminé en apothéose en finale des Play-Offs. Ce fut dans la tourmente d’une crise sanitaire qui mit le sport brutalement à l’arrêt, mais Cambrai n’a rien volé. Leader de la division, propulsé par neuf succès consécutifs au moment de l’arrêt des compétitions et double vainqueur de Nancy à la régulière, son plus sérieux rival, le Cambrai Volley mérite d’en être. Même si le scénario sans fin laisse le staff technique, lui-même, presque sur sa… faim. « Quand ça s’arrête, on se projetait sur les Play-Offs, on avait programmé les choses, on était sur une bonne dynamique, on sentait que l’équipe continuait de grandir », raconte le coach, Gabriel Denys. « On était prêts à performer en Play-Offs. » Mais l’aventure n’ira pas plus loin et l’ivresse de l’accession, quand elle fut validée sportivement et financièrement, résonna autrement forcément. « Il n’y a pas de déception évidemment. C’était une volonté depuis trois ans de voir plus haut. C’est une fierté pour tout le monde, au prix d’un gros investissement de tous. C’est une récompense. Mais c’est un peu frustrant de ne pas avoir pu partager cela sur le terrain, avec le public, les partenaires, pas avoir pu fêter ça avec les gens qui nous ont soutenus. »

 

Mais s’il n’y a pas eu tout à fait la forme, Cambrai a tout mis pour que le fond soit juste à la rentrée prochaine. Contraint à un recrutement un chouia tardif, le club cambrésien n’a pas inventé de recette miracle pour aller chercher le seul objectif raisonnable : le maintien. En conservant cinq joueurs de l’équipe 2019-2020, dont l’expérimenté passeur Yannick Bazin (37 ans) et le réceptionneur-attaquant maison, Paul Villard, Gabriel Denys s’adosse à un socle précieux. «Il était hors de question pour moi de tout changer. Il fallait une base, un noyau dur. Ces joueurs savent d’où ils viennent, ce sont eux qui ont porté le projet», raconte l’entraîneur.

 

Dans le recrutement, Cambrai n’a pas fait de folie, mais il a visé la cohésion d’équipe, des joueurs aguerris ou, à tout le moins, avec une expérience en première division, fut-ce à l’étranger. Ses réflexions l’ont beaucoup porté en Amérique du Sud, avec un pointu gaucher physique de 21 ans, Daniel Cagliari, qui aura la délicate mission de faire oublier Szymon Romac. En réception, un autre Brésilien, Yago Dutra, arrive avec le titre de meilleur réceptionneur de Superliga (championnat brésilien) l’an passé. Avec eux, le réceptionneur-attaquant, Gonzalo Quiroga, le central cubain, Livan Osoria et le libéro autrichien d’Ajaccio, Philipp Kroiss complètent un effectif qui puisera sa force dans le collectif. « C’est la cohésion d’équipe qui va pouvoir nous permettre de disposer d’un maximum d’armes pour combattre », estime le technicien nordiste. « Il faut rester dans l’état d’esprit que la force c’est l’équipe, faire en sorte que les individualités deviennent plus forts ensembles. » En attendant de réunir tout son monde pour un lancement de préparation à la mi-août, Gabriel mesure la hauteur du défi qui attend Cambrai : « Tout le monde est conscient que la tâche sera plus difficile. Pas insurmontable, mais plus difficile », résume-t-il.