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Tour de France des clubs : Chamalières

le 29/07/2020
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Chamalières change de discours

 

Malgré un maintien assuré plus tôt que d’habitude la saison dernière, Chamalières a revu certaines choses pour la rentrée prochaine. Autour d’une équipe plus expérimentée et à fort potentiel offensif, le discours du coach notamment se veut plus ambitieux.

 

Atman Toubani aurait très bien pu se cacher derrière les résultats secs et se contenter d’afficher la mine satisfaite de celui qui a porté le VBCC vers le maintien le plus rapide en LAF que le club auvergnat ait assuré en quatre années au plus haut niveau. Dès la fin janvier, Chamalières était allègrement dans les clous pour s’éviter les frayeurs passées, celles qui lui serraient le cœur chaque saison, quand il jouait sa vie sur la dernière ou l’avant-dernière journée. Là, à l’inverse, le VBCC a mené sa barque plus tranquillement. Et pourtant, à la sortie, pas de contentement. Bien au contraire, une remise en question et la conclusion nette, radicale que Chamalières doit désormais changer d’optique, changer de vue.

 

Le discours du maintien systématique, comme une marotte. Le schéma d’une fin de saison en accéléré pour sauver les meubles a donc vécu. Atman Toubani en est convaincu et il le dit avec des mots francs et limpides, au sortir d’une saison où Chamalières, malgré donc un maintien aisé, n’a pas su franchir la marche et rester mobilisé jusqu’au bout. « C’est la première fois où j’ai la sensation qu’à partir de janvier, mon équipe a régressé. Mathématiquement, on était bien mieux que les années précédentes à cette période, mais en revanche, sur ce qu’on mettait en place au niveau de notre jeu, paradoxalement, on était bien moins fort. On n’a pas réussi à passer le petit cap alors qu’on avait notre petit matelas de points. Je pense que mon discours n’était pas adapté à leurs attentes. Il était devenu caduque, en parlant systématiquement de maintien aux joueuses, aux dirigeants, à nos sponsors. Ça m’a permis d’ouvrir les yeux, d’être un peu plus ambitieux. Ça me met un peu plus de pression, mais les gens attendent qu’on fasse des parcours à l’image de la première partie de la saison dernière. Ça va être la cinquième saison en LAF et ce message de dire on va aller chercher le maintien en fin de saison, les gens attendent autre chose, surtout les joueuses. En toute honnêteté, j’avoue que mon message n’est pas passé », dit-il dans une analyse empreinte de lucidité et d’honnêteté.

 

C’est donc avec une autre approche, mais sans se prendre pour un cador, que Chamalières prépare l’avenir et notamment la saison qui arrive. Côté recrutement, le VBCC a fait dans l’international charpenté. Deux Portoricaines, la centrale Ana Jusino et la réceptionneuse-attaquante Pilar-Marie Victoria Lopez, passée par Béziers, une jeune Cubaine de 21 ans, capitaine de la sélection et au leadership affirmé, Diaris Perez Ramos, une passeuse hollandaise, Nynka Oud, une centrale bulgare d’expérience, Viktoriya Grigorova, une réceptionneuse serbe, Ivana Jeremic, une centrale canadienne issue de la NCAA, Layne Van Buskirk, et une toute jeune libéro international, sortie de l’IFVB, Juliette Gelin vont mêler les accents et donner un nouveau visage au VBCC. De la saison dernière, seules les racines camerounaises, historiques, qui ont élevé Chamalières au plus haut, demeurent en terre d’Auvergne, symbolisées évidemment par la capitaine emblématique, Christelle Nana. « Par rapport à ce changement de discours, où on me demande des résultats plus rapides, on est allés chercher des joueuses en espérant avoir un peu plus de garanties sur du très court terme, plutôt que d’aller vers des joueuses qui ne sont que des joueuses de passage, qui se servent de nous comme une équipe-tremplin », convient Atman.

 

En termes de jeu, en revanche, le fil conducteur reste le même. L’impact physique offensif primera encore sur le jeu arrière à Chamalières. Mais en attaque, Nana, qui concentrait la plupart des ballons et des séquences offensives, ne sera plus seule. Sa compatriote, Estelle Adiana, va prendre un peu plus de galons, tandis que Diaris Perez Ramos et Pilar Victoria vont ouvrir l’éventail d’options en attaque. « Ce sont trois profils qui se ressemblent beaucoup, des joueuses qui vont pouvoir soulager Nana et changer notre système offensif. Là on va pouvoir élargir, y mettre de la concurrence, interchanger les postes… », se félicite le technicien, dont l’équipe gagne aussi beaucoup en expérience et en maturité. « J’ai besoin d’être challengé par des joueuses qui ont de l’expérience et qui vont tirer l’équipe vers le haut », assume Atman, dont le six de base la saison dernière, était celui qui cumulait le moins de match en LAF, et de très loin !

 

Chamalières entame donc clairement un nouveau cycle. Mais pas question de se brûler au feu des illusions. Dans la situation actuelle et avec la crise sanitaire qui a secoué le pays, personne ne peut prédire le déroulement de la saison. « Ça va être le championnat le plus curieux que l’on n’ait jamais vu », pense le coach. Pas de plan donc, mais des idées de Top 8 évidemment. Et pour Atman, un goût de défi aussi. « C’est un challenge et une belle revanche à prendre sur moi-même », glisse-t-il, à quelques jours de lancer la préparation du VBCC, lundi prochain.