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L’AS Illac, le grand chambardement

le 05/06/2020
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Derrière une saison de promu LBM remarquable en 2018-2019, Saint Jean d’Illac a connu un dernier exercice très compliqué, avec deux victoires en seize matchs seulement. Pour repartir de l’avant, les Girondins ont décidé de tout changer ou presque à la rentrée.

 

Sûr que l’ASI n’avait pas envisagé les choses comme cela. A leur arrivée dans le monde des grands en 2018, avec une Coupe de France amateur en guise de cerise sur le gâteau de la montée en LBM, les soldats de la ruche avaient été tout simplement admirables. Cinquièmes de la saison régulière, demi-finalistes des Play-Offs, ils avaient même poussé Paris à disputer un match d’appui ! Saint Jean d’Illac, bourgade girondine enchâssée au milieu des pins, donnait à sa formidable aventure des airs d’épopée. Alors, forcément, en retouchant à minima la phalange l’été dernier, Stéphane Hassoun, le président, et Anisse Guechou, l’entraîneur, espéraient secrètement que la belle histoire allait perdurer.

 

Mais la Ligue BM est ainsi sculptée. Dans le dur, dense, ne pardonnant pas la moindre erreur de casting, où un seul départ peut avoir un effet domino dévastateur. Ce fut le cas pour l’ASI, malheureusement. Avec le départ de Eduardo Antony Carlos, dit «Kadu», l’équipe girondine a perdu d’un coup son phare, son repère, son personnage central sur et en dehors du terrain. « Le niveau de la Ligue BM est très homogène. Tu peux avoir quasiment la même équipe, s’il te manque la clé de voute… On a perdu Kadu, une personne incroyable sur et en dehors du terrain. Il faisait le liant, il rassurait avec son aisance technique et physique. On n’a pas réussi à combler son départ », convient ainsi le technicien de l’ASI, Anisse Guechou.

 

Derrière, tout s’est (mal) enchaîné. Des joueurs piliers, comme Hugo Moulinier et Romain Bonon ont avancé souvent blessés tout au long de la saison. Saint Jean d’Illac ne s’est jamais remis, remportant deux matchs seulement sur seize avant l’arrêt de la saison, soit le plus petit bilan de victoires de toute la division. Mais il n’a jamais perdu la tête pour autant. Il a continué d’afficher une farouche volonté, une solidarité et un état d’esprit exemplaire, qui ont sans doute empêché que le groupe n’explose en route. « On n’a pas su remettre du jus et repartir vers l’avant et tu te fais un peu happer par ça. Ce fut une saison un peu cauchemar, sportivement pas à la hauteur de nos ambitions, mais j’ai été admiratif de la façon dont ce groupe à continuer de travailler. Dans plein d’autres groupes, sûrement que ça se serait embrouillé. Les mecs sont restés très pros, très humains », raconte Anisse.

 

Mais il fallait tout de même tourner la page. Repartir sur du neuf. L’ASI a donc tout changé ou presque. Avec huit nouveaux joueurs sur dix, Saint Jean d’Illac se paye un sacré lifting ! Seuls, Hugo Moulinier et le deuxième passeur, Jules Fargier restent à bord. Pour les autres, c’est la découverte. Cependant, l’ASI ne part pas totalement dans l’inconnu, même si les certitudes ont pu être quelque peu ébranlées. « Avoir des certitudes aujourd’hui, c’est assez précaire. Cette dernière saison nous a appris que les certitudes ne sont pas certaines », dit joliment Anisse. N’empêche, le club a des idées, un projet et une philosophie qui ont guidé son recrutement entamé et bouclé très tôt. « Pour schématiser, l’idée, c’était d’avoir 30% de trentenaires qui ont bourlingué, 30% de joueurs avec déjà un bon vécu et 30% de jeunes avec un potentiel à développer. Trouver cette alchimie entre jeunesse et expérience pour que le club puisse évoluer », résume Anisse.

 

A l’arrivée, le projet est séduisant et surtout basé sur une équipe 100% française la saison prochaine, une rareté ! « Si tu veux développer les choses, la communication est importante. Avoir la même culture, le même langage de référence, c’est important dans un groupe», estime Anisse. Parmi les renforts, il y a des noms qui sonnent fort, comme celui de Martin Jambon, pointu référencé dans le milieu de la Ligue BM. Les arrivées du libéro Théo Morillon (Chaumont), du réceptionneur-attaquant Gauthier Bonnefoy (Tourcoing) et de l’attaquant Maxime Capet (Tours), tous trois vus en Ligue AM l’an passé, apportent aussi, a priori, quelques solides garanties. Mais l’ASI ne veut pas s’emballer. Surtout pas maintenant. « L’équipe est toute nouvelle, on aura besoin d’un certain temps de préparation », admet Anisse. « A voir comment tout cela va prendre. Dans ce sport, l’humain est au centre de tout. » Mais vu de loin, le canevas a belle allure.