Billetterie

Lawani, la porte grande ouverte

le 22/05/2020
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Remarquable en Ligue BM avec France Avenir 2024, le jeune et talentueux pointu de 18 ans, Ibrahim Lawani, a même fini la saison sur deux matchs avec le Paris Volley en Ligue AM, un club où il veut s’installer et saisir la belle opportunité.

 

Tout est allé très vite, presque même dans le désordre. Et pourtant, aujourd’hui, les pièces semblent s’assembler et s’imbriquer parfaitement. Ibrahim Lawani, jeune prodige volleyeur explosif, nourri dans le calme à l’Entente Sportive Yerroise, est en train de se construire un joli destin en pointe. De ceux sur lesquels on se penche d’abord curieusement, avant qu’ils ne vous éclatent au visage, comme une grande évidence. Pour sa deuxième saison avec France Avenir 2024, sa seule véritable en réalité puisqu’il avait dû soigner l’année précédente, durant près d’une demi-saison, une lyse isthmique (fracture de fatigue d’une vertèbre lombaire), l’attaquant français a tout ravagé. Avec 18,2 points de moyenne par match, il s’est invité dans le quatuor des meilleurs marqueurs de Ligue BM, avec une férocité et une autorité bluffantes. « La préparation physique au CNVB, les heures de muscu, tout est mis à dispo pour que l’on performe. Après, c’est une question de détermination dans l’envie de réaliser tes objectifs », raconte Ibrahim, très modestement.

 

N’empêche, tout le monde a vu. Et Paris, en premier. Licencié au Paris Volley, pour pouvoir y jouer la Coupe de France jeunes, Ibrahim savait qu’un jour il y mettrait les pieds. D’ailleurs, le club parisien était en passe de lui faire traverser le pont pour la saison prochaine. Mais les portes de la LAM se sont ouvertes plus vite que prévu quand l’attaquant vedette du Paris Volley, Robin Overbeeke s’est blessé en février dernier. « Je suis arrivé en tant que joker médical de Robin, dans la foulée, j’ai signé mon premier contrat pro. Du coup, je me suis dit que cela pouvait être une très bonne opportunité pour moi de finir la saison là-bas », se souvient Ibrahim, mis au parfum par son staff de France Avenir 2024, dans le vestiaire après un match face au Plessis Robinson.

 

Alors, tout s’est accéléré. Convoqué aux Pays-Bas avec les U19, Ibrahim a à peine eu le temps de converser avec son nouveau coach, Dorian Rougeyron, pas plus de prendre tranquillement ses marques à l’entraînement, avant d’être jeté au feu, à Narbonne, pour sa première entrée en scène en LAM. « J’ai eu un ou deux entraînements vite faits. Dorian ne m’a pas dit grand-chose, simplement que je ne devais pas me mettre une grosse pression, que je n’étais pas là pour être, comme Robin, la pièce maîtresse, que je venais juste les aider. » Un discours apaisant qui ne chasse pas le stress d’une grande première pour autant. A Narbonne, Ibrahim découvre un autre théâtre. « Je n’avais jamais joué dans une telle aréna. J’étais très stressé au début, je voulais vraiment bien faire. » Toute la famille avait été prévenue évidemment, mais Ibrahim va parfaitement s’en sortir avec 13 points à 58% en trois sets.

 

L’aventure est en marche. Mais la crise sanitaire va, hélas, l’écourter. Ibrahim ne joue finalement qu’un seul autre match, comme titulaire, face à Nice (14 points). « C’est beaucoup plus puissant, plus rapide qu’en LBM. Tu dois être constamment à 120 % dans tout ce que tu fais », constate-t-il. Mais ses premiers pas en LAM sont maîtrisés et prometteurs. Le jeune homme d’1,97 m a des qualités athlétiques intrinsèques qui peuvent l’emmener très haut. « C’est dur de parler de ses points forts. Je dirais ma hauteur d’intervention et ma puissance », résume le pointu en devenir, qui a énormément travaillé la variation et les angles d’attaque durant deux ans au CNVB et qui a aussi appris à servir smashé ! Mais il lui reste, et c’est heureux, énormément de champs d’expression à cultiver, comme la régularité sur les services d’impact, sa complémentarité défensive avec le central ou sa faculté à aller chercher la balle toujours le plus haut possible en attaque.

 

Le chemin, en tout cas, est tracé. En attendant de retrouver celui de la salle Charpy, toujours close pour cause de Covid-19 et qu’il pourrait presque apercevoir de la fenêtre de son appartement, où il s’astreint à du travail physique. « On a un programme individuel avec le préparateur physique. J’ai réussi à garder cette discipline, mais c’est très dur car j’ai l’habitude d’être dans un gymnase tout le temps et là, ça commence à devenir difficile », confesse-t-il. Mais la perspective est réjouissante. Avec un contrat de trois ans en poche, Ibrahim ne veut pas manquer l’opportunité. D’autant que le pointu n°1 à la rentrée demeure Robin Overbeeke… mais qu’il ne sera pas encore totalement rétabli. « L’opportunité est belle. C’est souvent comme ça… », glisse le jeune Français, qui va aussi changer de voie sur le plan scolaire. Exit les études de comptabilité, c’est avec l’anglais désormais qu’Ibrahim veut ouvrir de nouveaux horizons.