Billetterie

Paes, cap au Nord

le 30/04/2020
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Entraîneur référencé avec Paris et Tours notamment, Mauricio Paes sera le nouveau guide technique de Tourcoing pour les trois prochaines saisons. Il débarque dans le Nord avec humilité, lucidité et ambition.

 

C’est un retour qui sonne fort dans le paysage de la Ligue AM. Après une parenthèse nippone de quatre ans, chez les Panasonic Panthers d’Osaka, Mauricio Paes, l’entraîneur franco-brésilien qui emmena tout en haut Paris puis Tours, remportant avec chacun des deux clubs quatre titres de champion de France, est de retour en LNV à la rentrée. C’est à Tourcoing, dans le Nord, et pour trois ans, que l’homme sage s’est engagé. A 56 ans, il ne s’agit nullement de retrouvailles en pente douce. Mauricio Paes est un bâtisseur, un ambitieux lucide. Et le projet du TLM, tout autant que la posture de ses dirigeants et du maire de la ville, l’ont très rapidement séduit. « Les discours du président, Pascal Lahousse, et du directeur sportif, Yann Lavallez, ont été des discours de lucidité, de crédibilité. Le club veut continuer à avancer, à construire, installer solidement Tourcoing dans le volley français. C’est un projet attractif et intéressant et je suis venu parce qu’il y avait un projet justement. Je suis un homme de projet, pas de one shot », explique Mauricio qui, tout au long de sa carrière, a toujours privilégié, le développement, la construction plutôt que la course en désordre vers les trophées. « D’ailleurs, j’ai apprécié que le maire, lors d’une visioconférence, me fasse remarquer, qu’au-delà du palmarès qui n’est pas négligeable, il avait vu le temps que je passais à chaque endroit où j’allais », poursuit Mauricio. « Souvent, on veut le résultat tout de suite, on s’enflamme et on explose. Là, il y a une volonté de continuer à grandir, à évoluer. Il y a de l’ambition, mais on se donne du temps et les moyens de construire.»

 

Mauricio est donc parfaitement en phase avec cela. En paix aussi, avec un retour qu’il avait projeté depuis plus d’un an déjà, lui qui est aussi désormais un candidat déclaré à la succession de Laurent Tillie à la tête de l’équipe de France, dans l’optique des J.O. 2024. Son escapade japonaise l’a rendu plus riche, personnellement. « Le projet nippon était très intéressant. Sur le plan humain, il m’a fait relativiser certaines choses. Ce peuple a une culture très riche, il a connu beaucoup de choses, mais il va de l’avant, il ne passe pas son temps à se plaindre », résume le nouveau technicien du TLM. Sur le plan sportif, le Franco-Brésilien a dû aussi faire montre de réelles capacités d’adaptation technique pour performer à Osaka, d’où il rentre tout de même avec un titre de champion et une coupe du Japon. Mais l’absence de sa famille, restée en Touraine, où Mauricio l’a retrouvée depuis une petite quinzaine de jours maintenant, devenait de plus en plus lourde à porter. « Quatre ans loin de la famille, ce n’est pas un exercice facile pour personne. J’ai envie de suivre de plus près les enfants », concède Mauricio.

 

Même si, confinement oblige, l’entraîneur tourquennois n’a pas encore mis les pieds dans le Nord et demeure en recherche active d’une habitation. Il a toutefois sacrément avancé sur la construction de son équipe. Un effectif renouvelé à 80% par rapport à l’exercice 2019-20, qui compte déjà sept recrues, parmi lesquelles le central international français, Daryl Bultor, le pointu brésilien Luan Weber, le passeur argentin Matias Sanchez ou encore tout récemment le réceptionneur-attaquant portugais, Lourenço Martins. Une teinte sud-américaine et une bonne dose de jeunesse souhaitées par le technicien, autour du libéro «vétéran» Julien Lemay (37 ans), promu guide de cette nouvelle troupe. « L’équipe sera jeune, pas seulement en âge, mais aussi parce que de nombreux joueurs viennent pour la première fois en Europe. On aura besoin de construire tout au long de la saison, une stabilité, une manière de jouer. Il faudra une qualité d’engagement, d’investissement, se sentir concerné par le projet, par le groupe », envisage Mauricio, qui n’a toujours pas pu établir un premier contact physique avec sa nouvelle équipe.

 

En attendant que les choses reprennent un cours normal, en attendant de connaître la date de reprise de la saison, celle de l’autorisation des entraînements collectifs, et ainsi avoir une visibilité un peu plus nette sur la mise en place de la préparation, Mauricio a demandé à chacun de ses joueurs de se rapprocher du préparateur physique du club, afin de conserver une certaine hygiène de vie, « par rapport à l’alimentation, un travail physique personnel, une certaine discipline dans la journée et construire un quotidien qui tienne la route malgré tout », explique-t-il. Comme des premiers jalons en quelque sorte, dans une période qui demeure toujours incertaine.