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Martin, fine lame dans le milieu

le 03/12/2019
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Avec 31 points, Martin Jambon a signé un carton à Saint Jean d’Illac samedi dernier. Surtout, l’attaquant du Plessis Robinson a rappelé avec éclat qu’il faisait bien partie des fines lames d’un championnat de Ligue BM qu’il connaît sur le bout des doigts et dans lequel il continue de s’épanouir.

 

Il aurait pu se morfondre et se triturer l’esprit pour tenter, au moins, d’en faire jaillir un semblant de réponse. A 30 ans, Martin Jambon sillonne toujours la Ligue B Masculine, comme il le fit la quasi-entièreté de sa carrière. Désormais au Plessis Robinson, ce Lyonnais, pure souche, qui passa le plus clair de son temps à l’ASUL, ne s’interroge pas plus que cela pour autant. Au contraire. De retour dans le bain bouillonnant d’un championnat de Ligue BM sans sécurité pour personne, après une saison à succès en Elite avec Lyon, Martin Jambon préfère ne pas trop s’arrêter sur ce qu’il n’a pas fait, pour mieux savourer ce qu’il a accompli.  « Je me suis toujours trouvé à ma place en Ligue BM », confesse avec une grande honnêteté cet attaquant-réceptionneur de formation, repositionné à la pointe depuis quelques saisons.

 

Très attaché à sa terre et à l’ASUL, Martin y fit deux passages, entre 2010 et 2015, puis de 2016 à 2019, après une parenthèse d’une saison en Elite à Ales. Il en a suivi les contours, les plaisirs d’une montée en Ligue AM, les vicissitudes de la relégation et la tristesse de la rétrogradation en Nationale pour manquement financier. De ses passages en LAM, cet attaquant de «petite» taille (1,90 m) ne garde pas mille souvenirs. Hormis la saison de la montée en 2011-2012 (« ma saison la plus remplie en Ligue AM », dit-il), où il fut titulaire, d’abord à la pointe puis en poste 4, Martin a souvent dû se contenter de courtes séquences, d’un temps de jeu limité sur le pré. Mais il a toujours tenté de vivre cela avec beaucoup de sérénité, sans se perdre dans un dédale de questions ou de frustration. « On peut toujours dire… Bien sûr, j’aurais voulu jouer en Ligue AM, y poser mon empreinte. Le plus dur est d’y faire sa place, qu’un club te fasse confiance, être régulier. Il y a un palier quand même en Ligue AM, beaucoup d’étrangers à ce poste. Et puis, entre un pointu qui fait 2m, bien plus grand, bien plus costaud et moi, certains clubs font plus confiance aux grands costauds », sourit-il, sans amertume. « Je ne me suis pas morfondu sur ça. Je joue en Ligue BM et chaque week-end, j’essaie de me donner à fond. Je n’ai jamais terminé une saison déçu. »

 

Et cela se voit. A l’ombre de la Ligue AM, Martin Jambon est une pointure, une fine lame dans le milieu, dont l’explosivité et les capacités à défendre un chouia plus que les attaquants pur race, de part sa formation de réceptionneur, font merveille. En Gironde samedi dernier, Martin a affolé les compteurs avec une justesse redoutable. Auteur de 31 points à 62% de réussite, il a remis Le Plessis Robinson sur le bon chemin, quand le club des Hauts-de-Seine est apparu assez inconstant depuis le début de la saison. « On avait besoin de prendre trois points, car on est un peu sur courant alternatif en ce moment. Aller chercher trois points à l’extérieur, enchaîner une deuxième victoire de suite, c’est important. Et quand il y a la belle perf qui va avec, c’est toujours bien. Je n’ai pas réclamé plus de ballons que d’habitude. J’ai fait mes points assez rapidement, le passeur a eu confiance en moi. Quand ça réussit, il faut en profiter », raconte simplement l’actuel deuxième marqueur du championnat (133 points), derrière le Serbe de Saint-Quentin, Strahinja Brzakovic (140 points).  

 

Au Plessis Robinson, Martin trace donc sa route avec plaisir. « Je voulais rejouer en Ligue BM. Cédric Logeais (le coach) m’appelait chaque été depuis trois, quatre ans. Le projet du Plessis m’a bien plu. C’est un club qui monte, qui se construit, qui a fait 4e l’an passé», résume l’attaquant des Hiboux. Tout jeune marié l’été dernier, il a quitté le Rhône avec sa femme, kinésithérapeute libérale, mettant en location l’appartement que le couple venait à peine d’acheter à Lyon ! A 30 ans, le physique n’émet encore aucun signal contraire et Martin sent que les sensations reviennent à plein depuis quelques semaines. « Tout se passe bien. Le Plessis reste une petite banlieue de Paris, c’est sympa, c’est bon à vivre », relate-t-il. Sur le terrain, Martin est aussi persuadé qu’il y a moyen de faire de belles choses. Avec deux matchs à venir à la maison avant la trêve de Noël, le moment est idéal pour passer un cran. « Il y a de grosses individualités dans ce groupe, il faut que la mayonnaise prenne, mais je ne me fais pas de souci. Cette équipe a une grosse marge de progression », prévient l’attaquant francilien, bienheureux de vivre une nouvelle aventure en Ligue BM.