Billetterie

Johnson, le saut de l’ange

le 23/10/2019
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La réceptionneuse-attaquante américaine de Béziers, coleader de LAF, compense sa petite taille par une détente incroyable, une activité incessante et une énergie positive qui anime le groupe biterrois depuis le début de la saison.

Si l’on s’en tient à une lecture crue des chiffres, Janisa Johnson est une anomalie à son poste. A 28 ans, la Californienne, née à Long Beach, venue au volley après être passée par tous les terrains de sport ou presque, du softball au tennis notamment, est loin du haut monde. Avec son «petit» 1,73 m, la réceptionneuse-attaquante a sans cesse les yeux au ciel, elle qui rend une bonne poignée de centimètres à tout le monde. Et pourtant, dans un monde bien plus grand et physique qu’elle, Janisa rayonne et s’éclate, pour sa troisième saison à Béziers, actuellement coleader invaincu après quatre journées de championnat. « Dès la présaison, j’ai eu un très bon feeling avec cette équipe. Quand on a commencé à s’entraîner, les choses sont allées dans le bon sens, l’alchimie a pris tout de suite dans ce groupe. Et ça paye sur le terrain », résume Janisa, tandis que Béziers reste sur une dynamique de onze succès consécutifs, matchs amicaux estivaux compris !

Il faut dire que l’Américaine a été touchée par la grâce quand elle était petite. Un don, un cadeau. Un jump monumental, une détente sèche bien au-dessus de la moyenne, qui va lui permettre de franchir beaucoup d’obstacles et de faire taire pas mal de sceptiques. « Je ne sais pas trop d’où me vient ce jump en fait, il a toujours été là », sourit l’ancienne étudiante de California State. Il va devenir son arme maîtresse. « Elle a une explosivité énorme, près de 90 cm de détente sèche », précise son coach, Fabien Simondet. Et cela va lui permettre de faire des bonds, de creuser son sillon, quand certains l’auraient peut-être cantonnée à un rôle défensif exclusif, au poste de libéro. « Quand j’étais plus jeune, des joueurs, des coachs me disaient : « Peut-être que tu es trop petite ». Je n’aimais pas entendre ça, je n’aimais pas penser que j’étais limitée. J’ai travaillé pour être capable de soutenir le block malgré ma taille, pour trouver des solutions en attaque pour marquer », explique-t-elle.

Mais les figures de Janisa ne se résument pas au saut de l’ange. L’Américaine ne fait pas que bondir. Dans son sac, elle a toute la panoplie de la parfaite volleyeuse. « C’est quelqu’un qui respire le volley. Elle a tout compris et elle a une lecture du jeu que beaucoup n’ont pas, ce qui lui permet d’anticiper sur les phases défensives, en réception. C’est une travailleuse et humainement, une fille super chouette », résume Fabien Simondet. Sur le terrain, Janisa est une boule d’activité et d’énergie, mais chaque déplacement est pensé, calculé au plus juste. Selon elle, des coachs de haut niveau dans sa jeunesse et cinq années de beach-volley lui ont permis de développer son QI volley. « Au beach, c’est ton partenaire et toi sur le terrain. A deux, tu dois être capable de comprendre et lire très vite le jeu. Ça change la perspective et j’ai appris beaucoup », concède la Californienne, dont l’énergie positive irradie aux quatre coins du terrain et dans toute l’équipe. « C’est quelqu’un qui ne se morfond pas, qui switche rapidement. Elle a un gros mental », admet son coach. « Je pense que tu perds plus d’énergie à être négative que positive. Tout le monde fait des erreurs durant un match, mais je me dis, j’ai fait une erreur ok, on passe au point suivant », confirme Janisa.

A Béziers, en tout cas, l’Américaine apprécie l’aventure, derrière une saison dernière, post-titre de champion, qui fut parfois délicate à appréhender. « Il y avait beaucoup de pression, beaucoup d’attentes, l’équipe était nouvelle et ça n’a pas été simple mentalement », confesse la réceptionneuse-attaquante US. Mais le club se structure, se construit et Janisa est ravie d’être dans les plans. « Elle fait partie des meubles, elle se sent bien. Le projet est ambitieux, chaque année le club avance », admet Fabien. Et si elle ne le dit pas encore en français, Janisa l’a bien compris.