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Mulhouse veut mûrir

le 30/08/2019
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En difficulté dans les moments clefs de la saison, l’ASPTT Mulhouse a décidé de muscler son recrutement. Histoire de ne pas subir les mêmes désillusions.

 

Comme le vin, une équipe se bonifie avec l’âge. Du temps et de la maturité permettent souvent de déguster de grands crus. Le même alliage offre parfois des formations de très haut niveau. L’an passé, Mulhouse a montré que la cuvée à venir pouvait être intéressante, mais qu’il fallait peut-être attendre un peu pour en tirer la quintessence.

Vingt-quatre succès, deux revers seulement en phase régulière – avec au passage une série de dix-huit victoires de suite – avaient fait des Alsaciennes les candidates principales au titre de championne de France. L’entraîneur adjoint Christophe Magail tire d’ailleurs un excellent bilan de cette première partie de saison : « C’est probablement la meilleure de l’histoire du club. Rien ne pouvait nous résister ou presque. Nous avons perdu très peu de sets, en étant très peu souvent mis en danger. La suite ne s’est pas déroulée comme nous le voulions. »

Un doux euphémisme. Organisateur des demi-finales de la Coupe de France, le club mulhousien prenait la porte face à Nantes (1-3). Opposées à Marcq-en-Baroeul en ¼ de finale du championnat, la déception était toute aussi grande avec une élimination prématurée en deux rencontres sèches (0-3, 2-3) !! Avec quelques mois de recul, l’explication est simple pour Christophe Magail : « Notre équipe a eu du mal à gérer les matchs importants. Ceux ou la pression était au rendez-vous. Nous sommes souvent passés à côté. Que ce soit en Coupe d’Europe, en Coupe de France et en championnat. Ce ne fut pas le cas en phase régulière car nous étions souvent devant. Nous pouvions jouer notre jeu tranquillement. » L’exemple parfait est la double confrontation face à Marcq-en-Baroeul. Victorieuse autoritaire à l’aller (0-3), la formation nordiste déjouait encore tous les pronostics au retour (2-3). « L’aller fut un non match. Toute l’équipe passe au travers, ce qui est très rare à ce niveau. Pas une joueuse n’a surnagé. Au retour, avec le stress qui nous accompagne ça part très mal. Ce fut une grosse déception pour tout le monde. Joueuses, staff, supporters… », commente Christophe Magail.

Pour ne pas revivre ce genre de désillusion, Mulhouse a fait en sorte de muscler son recrutement avec des joueuses habituées à vivre des instants de tensions et à supporter la pression. Parmi les arrivantes, il faut noter la présence de Laetitia Moma Bassoko (25 ans, 1,84m), meilleure marqueuse du dernier exercice et « bourreau » de Mulhouse en ¼ de finale : « C’est une joueuse que nous avions ciblée depuis un petit moment et nous avions trouvé un accord bien avant cette double confrontation. À la limite cela nous a confortés dans notre choix », explique l’entraîneur adjoint en souriant. La signature de la jeune attaquante Héléna Cazaute (21 ans, 1m83) championne de France avec Cannes l’an passé sera là encore un renfort de poids pour le groupe de François Salvagni, nouvel entraîneur des Alsaciennes. Sans oublier Madison Bugg (25 ans, 1m84), passeuse américaine en provenance de Stuttgart. Sous la houlette du préparateur physique Luca Donati, dont ce sera la première année au club, les joueuses ont commencé dans le vif du sujet avec une reprise rapide : « Il y a presque eu deux mois de coupure. Les filles suivaient un programme déjà avant de revenir. Ce qui sera compliqué c’est de travailler sans être au complet », explique l’homme de l’ombre Christophe Magail. « En tant qu’entraîneur, les sentiments sont forcément mélangés. D’un côté, on souhaite que les filles soient vite éliminées avec leur sélection pour les récupérer plus vite. Et de l’autre, on a envie qu’elles aillent le plus loin possible. Le principal, c’est surtout que les internationales rentrent sans la moindre blessure. Sinon, c’est encore du temps de perdu », poursuit-il.

Il ne faudra en tout cas pas être en retard avec une reprise des hostilités le 5 octobre pour la réception de Chamalières avant un déplacement trois jours plus tard sur le parquet de… Marcq-en-Baroeul. L’occasion de conjurer le mauvais sort.