Billetterie

« Franchir un cap »

le 05/07/2019
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Emblématique entraîneur de l’ASPTT Mulhouse durant quatorze saisons, Magali Magail a décidé au printemps dernier de donner une nouvelle orientation à sa carrière. Devenue manager général du club, elle laisse à François Salvagni les affaires du terrain pour travailler désormais au développement structurel et économique du club mulhousien.

 

- Magali, après quatorze saisons de coaching, pourquoi ce choix de prendre du recul par rapport au terrain ?

C’est une réflexion sur laquelle on se penche depuis maintenant deux ans, après l’année du titre. C’était un peu tôt pour le club, il fallait le construire. Les résultats de l’année dernière n’ont rien à voir, la décision a été prise dans le courant de l’année. Maintenant, une partie du travail n’est pas nouvelle pour moi. J’étais déjà engagée avec le club dans la recherche de partenaires depuis longtemps. C’était sans doute un peu particulier mais j’ai toujours eu, plus ou moins, ce rôle-là dans le club aussi.

 

- C’est assez singulier effectivement qu’un coach s’occupe aussi de ramener des partenaires ! Ça ne fait pas partie de ses attributions normalement non ?

Non, c’est sûr (sourire). Mais ça fait bien dix ans que je fais cela. Après je n’étais pas forcément engagée de la même façon, mais il y a beaucoup de partenaires pour lesquels j’ai participé à la venue au club. Maintenant, je pense que l’on est à un tournant, où il faut qu’on arrive à franchir un cap dans la structuration du club, dans notre potentiel à générer des moyens propres. Dans tout ce qui est partenariat boutique, bar, billetterie. On a la structure, mais on manque de moyens humains pour travailler à son développement, à l’organisation du club. On veut vraiment tenter de franchir ce cap.

 

- Allez-vous suivre une formation spécifique à ce nouveau métier ?

J’ai postulé pour passer le DU (diplôme universitaire) de manager de club professionnel à Limoges, ce qu’ont fait Zidane, Laurent Blanc et d’autres. J’ai postulé pour intégrer ce cursus et me former à ce nouveau métier. Je saurai dans les prochains jours si je suis admise à suivre la formation.

 

- Faut-il voir dans votre choix une certaine lassitude du terrain ?

L’envie de prendre un peu de retrait, mais pas par manque de passion. C’est un métier usant et fatigant. C’est prenant, d’autant plus que quand je m’engage quelque part, je n’ai pas de limites. Même si mon nouveau métier sera très prenant également, je le vois déjà, ce sera différent. Le club a vraiment une volonté de franchir un cap, se rapprocher de ce qui se passe dans les autres clubs, tout près de chez nous à la SIG (basket), à Metz au niveau du hand, à Bourges au niveau du basket. On a un potentiel énorme à Mulhouse, avec un Palais des Sports magnifique. Le club se donne les moyens d’aller plus haut. Cela va être un travail de longue haleine. A moyens termes, notre rêve c’est de jouer à guichets fermés.

 

- Quelle dynamique pouvez-vous amener dans ces domaines, du commerce, du marketing ?

Déjà, le club je le connais par cœur et je suis passionnée. J’ai grandi avec ce club. Enfant, adolescente et femme, je me suis construite avec ce club. Quand je parle de ce club, je suis passionnée. Je vais essayer de dynamiser tout le réseau partenaires, en créant un vrai club d’entreprises, de business, avec des actions, des nouvelles idées. On a quatre-vingts partenaires, il faut que ça vive, qu’ils trouvent un réel intérêt à investir dans le volley-ball. Tous nos partenaires sont fidèles, c’est la première des choses, et on se rend compte que plein de nouvelles entreprises se greffent au projet. L’idée, c’est de grossir encore, il n’y a pas de secret. On est trois salariés dans l’administratif, c’est très peu. C’est donc un vrai défi. Mais on a la particularité à Mulhouse d’avoir entre quatre-vingts et cent-vingt bénévoles. On peut compter sur eux, ils sont efficaces et ça n’a pas de prix pour nous.

 

- Ne craignez-vous pas que le terrain, l’adrénaline, vous manquent à la rentrée prochaine ?

Bien sûr que je crains cela, le premier match ! Aujourd’hui je ne sais pas encore si ça va me manquer ou pas. L’adrénaline, pour moi, c’est quelque chose d’hyper important. Avoir de l’ambition, mais dans un autre secteur. Je vais me créer des challenges qui seront porteurs d’adrénaline, mais de manière différente. J’ai besoin de ça. Du jour au lendemain, c’est sûr que ce n’est pas simple. Dans ma tête, il y a déjà des millions de projets ambitieux, qui ne seront peut-être pas réalisables dans l’immédiat. Mais il me faut des choses comme ça. Même si je sais que ça va être long.

 

- Avez-vous tout de même participé à l’élaboration de l’équipe, au recrutement à l’intersaison ou avez-vous aussi délaissé cela ?

Non, non ! On a co-construit l’équipe disons, avec le nouvel entraîneur, l’entraîneur adjoint, le président et moi-même. Après, au-delà de ça, c’est très clair que je ne suis plus l’entraîneur. Avec le président, on a longuement étudié les différents choix d’entraîneur que nous avons eus et on fait entièrement confiance à François Salvagni pour me remplacer.

 

- Par curiosité, allez-vous de temps en temps assisté aux entraînements ?

Il faut absolument que je laisse travailler l’entraîneur en toute sérénité. Parfois, je passerai, je serai là, mais je vais laisser l’entraîneur travailler. Après, si on a besoin de mes conseils, je serai là.

 

- Justement, quel regard portez-vous sur votre successeur, François Salvagni ?

C’est un entraîneur qui a de l’expérience, qui a déjà gagné des titres et pour nous, c’est important. Il a été élu meilleur entraîneur en Italie, ce qui n’est pas rien quand on sait que la concurrence là-bas est très rude. Christina Bauer l’a eu quand elle était en Italie et elle nous en a dit que du bien. Il fallait aussi que l’on continue à avoir la confiance des agents par rapport aux jeunes joueuses talentueuses. Aujourd’hui, Mulhouse est un tremplin pour ces jeunes joueuses et François nous permet de maintenir ce tremplin-là. Après, c’est quelqu’un qui travaille, qui vient ici pour un projet. Il ne vient pas pour un one shot. On sait qu’il va construire et qu’il veut continuer à grandir avec nous. Il fait aussi des concessions financières, la France, ce n’est pas l’Italie. Il vient vraiment pour un projet et ça, pour nous, c’était capital.

 

- Question plus légère pour finir : Avez-vous troqué le survêtement pour une tenue de ville plus appropriée à votre nouvelle fonction désormais ?

Ah oui, oui ! J’ai dû investir dans ma nouvelle garde-robe (sourire). Maintenant, je suis dans les bureaux et beaucoup en représentation à l’extérieur, donc j’ai mis de côté le survêtement.