Billetterie

Le bonheur dans la mare

le 29/04/2019
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Les Nordistes de Marcq-en-Baroeul ont fait trembler la LAF en sortant le leader Mulhouse d’entrée de Play-Offs, tandis que les autres ténors de la division filaient en demi-finale. En LAM, Tours a pris une sérieuse option sur la finale et Chaumont a mis fin à l’invincibilité ajaccienne.

 

LAM (demi-finales aller)

Sûrement que le roi s’est vu tomber. Sûrement que le champion a eu la sensation, brutale et douloureuse à la fois, qu’un instant, un court instant sans doute, ses pieds ne touchaient plus terre. A Nice, samedi soir, le TVB a été maltraité, martyrisé, dominé longtemps. Sous l’emprise d’une équipe niçoise exaltée, poussée par son peuple, portée par ses deux hommes monumentaux cette saison, Gojko Cuk et Robin Overbeeke, Tours fut à deux doigts, un ballon, de céder, pour la première fois depuis six mois et vingt-trois victoires de suite ! Mené deux manches à rien, distancé encore dans le quatrième set (16-9), Tours était sonné, sans cesse. Cuk, le central bosnien, régnait en maître au filet (9 contres) et Overbeeke (29 points) faisait tomber les balles comme la pluie. Seulement voilà, au-delà des talents qui le composent, le TVB a un fichu caractère et une rotation providentielle cette saison. Alors, Maxime Capet a fait parler le bras au service, à chaque fois qu’il fut sur la ligne, Teryomenko fut un guerrier magnifique et Husaj fut précieux en fin de quatrième set. Il fallait tout cela pour soutenir les piliers tourangeaux, Hermans Egleskalns (22 points), sans concession face à son ancienne équipe, et Barthélémy Chinenyeze (16 points à 65% dont 3 contres), remarquable de sang-froid dans les moments clés. Alors, le TVB a relevé le buste, la tête. Il s’est dressé, a livré un énorme combat, sauvé deux balles de match dans le tie-break pour finalement glaner une vingt-quatrième victoire de suite. La plus dure sans aucun doute des six derniers mois ! Mais elle le met désormais à une victoire, une seule, de la finale.

Chaumont aussi en est là, même si le schéma est différent puisque le CVB 52 doit aller en Corse chercher son billet. Il n’empêche, Chaumont est au rendez-vous. L’outsider désigné, l’équipe redoutée, comme annoncé. Faux sixième de la saison régulière, on l’a déjà dit, Chaumont a mis fin au bel ordre que le Gaz faisait régner depuis douze matchs ! En Haute-Marne, les hommes du coach de l’année, Frédéric Ferrandez, sont tombés sur un os. Une équipe qui a de la moelle et de l’ambition depuis son aventure formidable en Ligue des Champions. Sans un seul joueur à plus de 15 points, mais avec une réception d’une propreté impeccable (60% de réussite) et un service efficace qui brouilla le jeu d’attaque du Gazélec, flashé seulement à 41% de réussite ! Entré discrètement en Play-Offs, Chaumont ne peut plus se cacher désormais. En trois matchs, il a éparpillé Montpellier et corrigé Ajaccio en demi-finale aller, sans perdre un seul set.

 

LAF (quarts de finale retour et appui)

Il est des moments impensables, des choses inimaginables dans une saison. Sûrement que Mulhouse, bien que vigilant, n’avait osé envisager une telle issue, pas plus que Marcq-en-Baroeul n’avait sans doute pensé un seul instant sortir le leader incontesté de l’exercice régulier en deux matchs en quart de finale. Et pourtant, ce matin, l’ASPTT est noyé dans une mare de désillusion, celle où les filles du VCMB nagent, elles, dans le bonheur ! Après le quart aller, on se disait que Mulhouse allait se rebiffer. Et les Alsaciennes l’ont fait évidemment. Mais, on ne pensait sûrement pas que les Nordistes étaient ainsi en capacité de résister et de contrer. Et pourtant, dans un Palais des Sports qui a déjà écrit et vu tant de belles œuvres, ce sont bien les dames du Nord, débarquées en LAF l’été dernier, qui ont été les plus grandes. Sans complexe d’abord pour mener deux sets à rien, sans crainte ensuite, au moment de disputer un tie-break décisif qui leur promettait le paradis ou un match d’appui aux portes de l’enfer. L’exploit est authentique et monumental. Le poids de l’événement a semblé glissé sur les flancs de ces louves indomptables, à l’image de l’impavide libéro péruvienne, Vanessa Palacios, et de la phénoménale attaquante camerounaise, Laetitia Moma Bassoko (31 points). Avec seulement 19 fautes directes en cinq sets, contre 32 aux Mulhousiennes, c’est bien Marcq-en-Baroeul qui a maîtrisé l’évènement et l’ASPTT qui a flanché. Aussi incroyable que cela puisse paraître.

C’est un coup de tonnerre dans le monde de la LAF. Et c’est le seul de ce premier tour. Ailleurs, les trois autres membres du premier cercle de la saison régulière sont passés. Le Cannet, assez paisiblement, en deux matchs face à Venelles, avec notamment une prestation collective aboutie au retour (13 contres et 7 aces). Pour Nantes et Cannes, surpris à l’aller, il a fallu aligner deux succès de suite à domicile pour atteindre le dernier carré. Ce fut fait sans trop de frayeur. Le VBN, prochain adversaire de Marcq-en-Baroeul, n’abandonnant aucun set à Béziers, porté notamment par l’inspiration de Lauren Schad lors du match d’appui (14 points à 85% ), tandis que le lourd collectif cannois n’en concédait qu’un seul à Saint-Raphaël.