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Rennes repousse vite

le 02/01/2019
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En grande difficulté la saison passée, Rennes a superbement inversé la tendance et mène le bal LAM après trois mois de compétition. Mais le champion de France, Tours, n’est pas loin et Poitiers n’est pas décramponné.

 

Le redressement est spectaculaire, la trajectoire quasi vertigineuse. Cabossé tout l’an passé, ne sauvant sa peau, sur le terrain, qu’à la faveur d’une phase de barrages maîtrisée face aux pointures LBM, le Rennes Volley s’est aujourd’hui extirpé des bas-fonds pour atteindre des hauteurs sommitales, qu’il n’avait sans doute pas envisagées ou espérées si vite. Le revirement tient en une recette risquée mais payante pour l’instant : celle d’une équipe formatée sur un sept de base très fort, quitte à en «mettre» un peu moins dans la rotation. Depuis le début de la saison, cela fonctionne à plein et l’équipe bretonne est parfaitement à l’équilibre, tenue principalement par un trio sans faille sur cette phase aller. A la passe, le Portugais Miguel Tavares domine son sujet, dans l’élan de son excellente année tourquennoise, tandis que le vétéran tchèque, Kamil Baranek, rescapé de la rude bataille l’an passé, est un pôle de performance et de sérénité indispensable aux Rennais. Et avec eux, le pointu belge, Bram Van Den Dries, meilleur marqueur du championnat jusqu’ici  (21,7 pts de moyenne), rayonne comme à ses plus grandes heures.

 

Tout cela donne une sacrée belle dimension au collectif rennais, seulement stoppé par Poitiers et à Chaumont sur cette première partie de saison régulière, en prenant un point à chaque fois cependant. Bref, pour Tours, le grand favori à sa propre succession, la lutte est sévère. Mais l’équipe de Patrick Duflos est au rendez-vous. Son effectif est imposant, ses hommes de base (Egleskalns, Wounembaina et Henno) font le job, tandis que le nouveau passeur espagnol, Angel Trinidad de Haro porte plutôt bien le costume. Quand le talentueux réceptionneur-attaquant albanais, Gazmend Husaj aura trouvé la bonne cadence, le TVB sera, à coup sûr, plus redoutable encore. Poitiers aussi suit le mouvement. Dans la foulée de sa meilleure saison LAM l’an passé (5e) depuis sa remontée, le SPVB confirme et se fixe parmi les grands. Malgré la perte de trois joueurs fondamentaux à l’intersaison, le passeur Jan Zimmermann, le pointu, Mohamed Al Hachdadi et le réceptionneur Baptiste Geiler, Brice Donat a joliment reformaté tout cela, à grands coups d’audace, comme «d’hab», en confiant notamment l’orchestration du jeu à un «môme» de  19 ans, Konstantin Abaev ! Et cela marche, notamment parce que les solutions offensives autour sont multiples. Poitiers est ainsi la seule équipe à placer trois joueurs dans le top 20 des marqueurs, avec Jochen Schöps, Zouheir El Graoui et Menelaos Kokkinakis.

 

Derrière ce trio, les affaires furent plus contrastées. Après un début de saison un chouia délicat, Chaumont semble cependant avoir trouvé le bon rythme, s’infiltrant dans le quatuor de tête à la faveur de quatre succès de rang, série en cours. Montpellier a aussi alterné le très bon et le plus ordinaire, mais les Héraultais sont dans les clous, cinquièmes à mi-parcours. Pour Nantes-Rezé, après un départ canon, décembre fut beaucoup plus laborieux avec un seul point pris sur les quatre dernières journées avant la trêve. Mais les Nantais demeurent des «playoffables» en puissance. Ajaccio y est aussi, avec Pierre Pujol à la baguette et le tandem offensif, Thimotée Carle/Milan Pepic en bout de chaîne, de même que les Spacer’s et leur jeune talent, Pierre Derouillon.   

 

Pour les autres, il va falloir se révolter et se bagarrer. Vainqueur de la Coupe de France et belle surprise de l’exercice 2017-2018 pour sa remontée en LAM, Tourcoing a un peu dévissé sur cette première partie de saison. Mais rien n’est encore figé évidemment et les Nordistes, coincés en bas avec trois succès tout comme Narbonne, ont le potentiel pour se relever. Il faudra tout autant de désir et d’aplomb aux Niçois, 9e, pour aller chercher les Play-Offs, et aux Cannois et aux Sétois pour s’extirper du fond du classement. Pour l’AS Cannes et l’Arago, nantis seulement de deux succès en onze matchs, l’automne ne fut pas tout rose. Mais l’hiver et les premiers jours de 2019 leur apporteront, peut-être, de belles couleurs.