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Les grands pas de Pierre

le 28/11/2018
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Arrivé en LAM cette saison, le jeune réceptionneur-attaquant de 19 ans Pierre Derouillon joue déjà un rôle majeur dans la rotation toulousaine. Un grand bond qu’il vit sans euphorie, avec sérénité.

 

Souvent, le premier pas dans le grand monde est délicat. Parfois on trébuche, parfois on tâtonne, quelques fois on va loin. Pierre Derouillon, lui, ne s’est même pas posé la question. Il n’en eut pas vraiment le temps finalement. Quand le matin du premier match de la saison, face à Tourcoing, Stéphane Sapinart le fit venir dans son bureau pour lui annoncer qu’il débuterait la rencontre, l’ancien pensionnaire du CNVB fit mine un instant de réfléchir, d’hésiter, puis il se mit bien droit et répondit qu’il était prêt ! Aujourd’hui, Pierre est devenu incontournable, pas encore un titulaire indiscutable, mais pas si loin que cela. Et il aime prendre son temps pour raconter ce premier savoureux souvenir de sa grande vie. « Pendant la préparation, ça se passait plutôt bien. « Sapi » avait l’air content de moi, mais dans mon esprit, il n’y avait pas de possibilité de titularisation. Je n’y pensais pas. En venant à Toulouse, mon objectif était d’intégrer une équipe pour ne pas être loin du terrain. Je voulais être dans la rotation, en faire partie assez rapidement. Le jour du match contre Tourcoing, il m’a dit : « On veut te faire commencer, qu’est-ce que tu y penses ? » Je n’avais pas trop les mots. Je lui ai dit : « Je suis prêt », sans savoir si je l’étais », raconte la révélation française de ce début de saison.

 

Cette histoire a jusqu’ici tous les accents du joli conte pour Pierre Derouillon. Lui, le Toulousain, venu au volley par affinités familiales, dans les empreintes des parents, se retrouve en huit matchs propulsé sur le devant de la scène dans un club qu’il connaît par cœur, pour y avoir grandi, via le TOAC-TUC, la section amateur des Spacer’s. Une ascension vertigineuse qu’il n’avait pas une seconde imaginée, lorsqu’il entra au Pôle à Bordeaux, à l’invitation de Stéphane Faure, avant d’effectuer trois années formatrices au CNVB. « La première fois que l’on m’a parlé du Pôle, je ne savais pas vraiment ce que c’était ! Quand on m’a proposé ensuite d’intégrer le CNVB, je me suis demandé ce que ça pouvait m’apporter ? J’ai discuté avec mon père qui m’a convaincu d’y aller. Les débuts au Centre ont été compliqués. J’avais un an d’avance, pas vraiment la maturité pour arriver dans un groupe comme ça. Puis, petit à petit tu te prends en main. Mon père a eu raison », glisse Pierre dans un sourire. 

 

Dans le tambour de la LAM désormais, le gaucher ne perd pas les choses de vue. Titulaire d’un bac technologique, il poursuit, en emploi du temps aménagé, le cursus d’une école de commerce. Et sur le terrain, il profite pleinement du début de saison mitigé de Ramon Martinez Gion, le titulaire déclaré au poste en début de saison. « Pour le moment, j’ai l’impression de ne pas être hors sujet. C’est une question d’équilibre. Il faut arriver à être à peu près bon dans les deux domaines », résume-t-il, avec beaucoup de lucidité. Ce qui est certain, c’est qu’il a saisi l’aubaine avec une ambition toute fraîche et beaucoup d’audace. Pour son entraîneur, Stéphane Sapinart, derrière un volume de jeu très intéressant, le jeune homme a même déjà quelques filouteries dans son sac ! En tout cas, avec 93 points inscrits en huit matchs (soit près de 12 points de moyenne), dont 17 contre Montpellier ou encore 14 à Tours, Pierre file à grand pas, sans craindre grand-chose, mais sans se percher plus haut qu’il n’est non plus. « Je prends cela comme ça vient, avec pas mal de retenue. Tout s’est joué sur le premier match en fait. J’étais stressé mais ça s’est bien passé. Ça aurait pu être le contraire. J’ai de la chance. C’est un peu le truc qui me tombe dessus. Mais on profite à fond quand ça arrive ! Maintenant, il n’y a que huit matchs, ça ne sert à rien de partir dans les nuages, il ne s’est rien passé encore », tempère-t-il.

 

Evidemment, ce n’est pas tout à fait vrai. Son entrée en LAM a déjà marqué quelques esprits et le jeune homme va maintenant être un peu plus suivi. Il lui faudra faire face, travailler sa réception et avoir un peu plus de stabilité au service notamment. Mais le garçon est prêt à tout voir et tout entendre pour avancer. « J’apprends beaucoup des gens qui m’entourent. A Toulouse, Andre (Radtke), Toafa (Takaniko), Gijs (Jorna), Sebastian (Closter) m’aident énormément », convient Pierre, le jeune homme aux grands pas.