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Tuifua a fait un long voyage

le 07/11/2018
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Originaire de Wallis-et-Futuna, le réceptionneur-attaquant de Saint-Nazaire, Glenn Tuifua, a réussi son début de saison. A 30 ans, il est aguerri et ambitieux et rêve de pousser enfin la porte de la LAM.

 

Le sourire glisse entre les mots, comme une poignée de sable polynésien sous les doigts. Il a beau être en métropole depuis presque quinze ans, Glenn Tuifua a son île dans le sang et ses racines au soleil. Chaque été, le réceptionneur-attaquant nazairien entreprend donc ce très long voyage pour retrouver son premier monde à 16 000 kilomètres de là. « La métropole française c’est un joli pays, mais il me faut ma petite île natale, avec le soleil, les noix de coco, les plages, les palmiers ! Il faut que je me ressource absolument », sourit Glenn, repéré là-bas et débarqué à 16 ans au Creps de Dinard en 2004.

 

Depuis, le garçon a fait un sacré bout de chemin. Il a appris la vie, le pays, le volley aussi. Le bonheur simple de taper la balle, mais surtout les exigences qui entourent ce sport, si tant est que l’on veuille un jour y percer. Cela a pris du temps. Glenn a dû s’adapter, apprendre, apprivoiser. Sur le terrain, il a fait tous les postes, sauf celui de central. Désormais, c’est un réceptionneur-attaquant de 30 ans, aguerri et ambitieux, qui rêve ouvertement de LAM avec son club de Saint-Nazaire. « Depuis l’an dernier, c’est dans les têtes de tout le monde de viser la montée, le club se construit en ce sens », raconte celui qui tourne à 13,5 points de moyenne depuis le début de la saison, avec dix aces au compteur, dont cinq samedi dernier face à Saint-Quentin ! « L’an passé, c’était sans doute un peu trop tôt. Cette année, la formule a changé (seul le vainqueur des Play-Offs accède à la LAM), c’est peut-être plus abordable, on verra… »

 

Vainqueur de ses quatre premiers matchs, Saint-Nazaire galope, dans les sabots de Paris, l’archi favori, sans se morfondre plus que ça quant à l’arrivée tardive de l’épouvantail parisien dans la division. « Une équipe comme ça n’a rien à faire en Ligue BM, c’est sûr et certain ! Mais qu’ils soient là ou pas, on doit faire notre saison. Moi, ça ne me dérange pas. Je ne dis pas qu’ils sont imprenables Tout peut se passer en Play-Offs», avise Glenn, qui préfère d’abord louer l’état d’esprit et la concorde du groupe nazairien. « Le travail est serein, l’ambiance est saine. Le groupe est jeune, chapoté par les « deux vieux » que sont Coloras et moi-même ! », se marre-t-il. « Ça commence à rentrer, ça plaît à tout le monde, chacun a trouvé sa place. Il n’y a pas de tricheurs, tout le monde se donne à fond. Et pour l’instant, ça paye. »

 

Bien dans l’équipe, Glenn Tuifua est aussi aujourd’hui beaucoup plus à l’aise dans son jeu. Gros serveur, réceptionneur solide, le Wallis-et-Futunien a véritablement franchi un cap depuis son passage par Nancy en 2016-2017. Dans le sillage de son pote, le libéro Romain Deveze, avec lequel il partage le même chemin de carrière depuis trois saisons, Glenn a bien grandi et mis beaucoup plus de rigueur dans son approche du volley. « Avant Nancy, j’avais toujours vagabondé dans des clubs qui jouaient le maintien sans plus. En arrivant à Nancy, j’ai commencé à prendre conscience de ce côté compétition, vouloir aller chercher les premières places, essayer de se faire mal. Avant, faire attention au poids, ça me passait au-dessus de la tête. J’avais toujours joué sur mes acquis, personne ne m'embêtait avec ça. Mais sur les moments chauds, le money time, il me manquait un petit quelque chose. Là-bas, j’ai pris conscience du travail que cela demandait, j’ai bossé sur mes défauts », convient Glenn, qui a suivi le programme d’un diététicien cette année et qui a perdu du poids pour être en pleine forme à l’attaque de cette saison. « J’ai enfin renoué le lien avec mes abdos ! », dit-il dans un bel éclat de rire. « Ça fait plaisir, quand tu arrives au match, physiquement tu te sens bien. Et Mentalement, j’ai toujours ce gros point fort, je ne lâche rien, je suis un bulldog ! »

 

A l’arrivée, ça fonctionne. Son début de saison est performant. Grâce notamment à sa remarquable lecture de jeu, son service, sa qualité de réception et sa générosité défensive. Et Glenn ne cache plus désormais son désir d’aller enfin voir plus haut, même s’il doit encore apprendre à gérer sa frustration dans les temps faibles. « Depuis trois ans, je me dis qu’il y a la Ligue AM et je me pose des questions parce que j’aimerais bien savoir ce qui se passe là-haut, ça me trotte dans la tête. Quand je regarde des joueurs à mon poste, je ne me sens pas si ridicule que cela », glisse-t-il. Pour cela, le plus simple serait de pousser Saint-Nazaire dans l’en-but. Le chemin est encore long. Mais Glenn aime les grands voyages…