Billetterie

Laetitia, louve d’Afrique

le 31/10/2018
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La pointue camerounaise de Marc-en-Baroeul, Laëtitia Moma Bassoko, est entrée sans peur et pleine d’ambition dans sa première saison de Ligue AF, et veut emmener Marcq-en-Baroeul le plus loin possible.

 

Elle n’a même pas pris le temps de jauger, d’humer l’air, l’atmosphère, ce nouvel espace dans lequel elle venait d’entrer. A 25 ans, l’attaquante de Marc-en-Baroeul, Laëtitia Moma  Bassoko, n’est pas vraiment une jeune première. Certes, elle vit ici sa première aventure en LAF, à l’instar de son équipe, qui y fait également ses tout premiers pas. Une découverte du plus haut niveau français qui ne l’effraie pas cependant. Primo, ce n’est pas dans sa nature de se mettre des barrières. Ensuite, Laëtitia, qui compte déjà deux participations au Mondial et une aux JO, a déjà vu pas mal de pays et s’est forgé une expérience, un vécu, la carapace nécessaire pour faire front, le buste droit et l’ambition relevée.

 

C’est ainsi que la pointue du Nord est donc entrée dans la saison, sa deuxième à Marc-en-Baroeul. Plein fer, sans couardise, avec l’ardent désir de montrer tout de suite qui elle était et surtout que rien ne serait facile face aux Macquoises ! « C’est ma première saison en LAF, mais j’ai déjà joué deux saisons en Ligue A à l’étranger, à Schwerin en Allemagne, qui m’ont apporté beaucoup de maturité dans le jeu et dans la personnalité. Ça m’a forcé à grandir », précise ainsi la native de Yaoundé, partie tenter l’expérience allemande à l’âge de 17 ans, après avoir été repérée lors d’un camp de volley-ball dans la capitale camerounaise, qui avoue aujourd’hui que « ça fait du bien de revenir à ce niveau et de faire ce genre de matchs contre des équipes qui font le haut de tableau du championnat. »

 

Car même si Marc-en-Baroeul a cédé lors de ses deux premiers affrontements de la saison, les « Louves » furent à chaque fois dans la partie, poussant Paris St-Cloud chez elles puis Nantes au tie-break. Et si à l’arrivée, ce sont deux défaites, c’est aussi deux points déjà dans le sac et quelques belles promesses pour l’avenir. « On a bien entamé le championnat mais ce qui nous a manqué, c’est la lucidité et peut-être l’expérience. Des petits détails. C’est un peu énervant de perdre 3-2, mais c’est ça aussi la différence entre les grandes équipes qui ont l’habitude de vivre cela et nous qui venons de monter. Maintenant, il va falloir que l’on trouve au fil des matchs de quoi riposter », concède Laëtitia, qui a déjà mis la barre très haute à titre personnel, avec une moyenne de 27 points par match ! Une entrée fracassante qui, finalement, ne l’émeut et ne l’étonne pas plus que cela. « A mon poste ce n’est pas évident, mais je me suis dit, tu peux le faire ! Donc je donne tout, je me lâche. A aucun moment, j’ai hésité, je me suis dit : ça passe ou ça casse ! Pour l’instant, je suis satisfaite, mais je pense que je peux encore mieux faire et je vais me donner les moyens pour ça. »

 

Laëtitia réfute le doute et regarde droit devant. Passée une année (2014-2015) entre les mains et les mots du coach de Chamalières, Atman Toubani, elle reconnaît avoir grandi beaucoup en Auvergne, dans le jeu bien sûr mais aussi dans l’affirmation du leadership. « Atman a été pour beaucoup dans la confiance en soi et ma progression dans tous les secteurs du jeu », admet-elle. Aujourd’hui, Laëtitia n’a peur de rien. « Je me définirais comme une kamikaze dans le sens du jeu bien sûr ! Je me fous des balles, qu’elles soient basses ou hautes, je prends comme ça vient, je rentre dedans avec toute ma rage ! Quand je suis sur le terrain, je sais que je peux avoir confiance en mes coéquipières et qu’elles ont confiance en moi. »

 

Mais en attendant, Marc-en-Baroeul ne veut pas brûler les étapes. Le premier objectif est limpide : le maintien. « Ça c’est sûr. Après, on veut aller le plus haut possible. Si on peut rester dans les dix premiers, ce serait bien », avance tout de même Laëtitia, vite rattrapée par une ambition galopante, qui l’a fait même déjà rêver en grand. « A titre personnel, j’aimerais être meilleure marqueuse du championnat, rester au top quoi ! Evidemment, je sais que ce sera très difficile », lâche-t-elle, naturelle et dans un grand sourire. Que les adversaires se le disent en tout cas : Marc-en-Baroeul héberge une louve affamée !