Billetterie

Mulhouse, entre insouciance et sagesse

le 07/10/2018
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Demi-finaliste des Play-Offs l’an passé, l’ASPTT Mulhouse, championne de France 2017, a voulu apporter un peu plus de stabilité à la passe et beaucoup de fraîcheur et de solutions autour.

 

Magali Magail empile les saisons comme des perles sur la chaîne d’une vie d’entraîneur, mais elle ne s’en lasse toujours pas. « Le jour où je n’aurai plus la flamme, je ne serai plus là », glisse-t-elle. Pour sa quatorzième saison, la coach postière en parle comme si elle découvrait une terre nouvelle. Dans ses mots, cette même envie, cette même conviction, ce même air de défi qui la caractérisent et qui l’habitent depuis le premier jour. De l’exercice précédent, tout ne fut pas mis au rebut loin de là. Troisième de la saison régulière, éliminé par Cannes en demi-finales des Play-Offs, l’année où il fallut ingurgiter en plus la Ligue des Champions, Mulhouse ne fut finalement pas si loin du compte.

 

Mais il manqua un petit quelque chose. Des vétilles, ces riens qui font la différence. Ce que l’entraîneur alsacien nomme «stabilité émotionnelle». C’est là, dans la tenue et le sang-froid sur les phases clés que Mulhouse, parfois, a péché. Alors pour y remédier, le club alsacien a rappelé à la manœuvre une ténor, une femme à poigne qui connaît la maison : Athina Papafothiou. Et pour bien assurer le coup, l’ASPTT a doublé le personnel, en lui adjoignant en second, la Portoricaine, Raymariely Santos Perez. « On a mis les moyens à la passe, ce sont deux vraies patronnes », confirme Magali, qui prévient tout de même que le château ne tiendra pas debout en un claquement de doigt ! « Athina, émotionnellement, est hyper stable, on la connait. Après, ça ne va pas être notre génie, elle ne va pas non plus tout faire ! Mais c’est une patronne, elle arrive à prendre du recul. C’est un poste difficile et ingrat, c’est toujours de la faute des passeuses, et Athina a le recul nécessaire par rapport à cela. Elle sait quand c’est bien, quand c’est moins bien. »

 

La solidité mentale de la maîtresse d’œuvre grecque ne sera pas de trop cette saison. Car c’est vers un savant équilibre que Mulhouse veut tendre, entre vécu et vertes ambitions, intelligence et potentiel naissant. Car si l’ASPTT conserve une base solide de la saison dernière, il a allègrement réarmé, notamment dans le secteur de la réception-attaque, avec des jeunes filles au talent tout frais émoulu de l’université américaine. C’est ainsi le cas pour la doublette, Ali Frantti et Carli Snyder. La première, très efficace en réception, a effectué une pige en Slovénie en début d’année pour se familiariser un peu avec le volley européen. Quant à Carli, attaquante dynamique, elle arrive tout droit de la Floride et de l’université des Florida Gators, avec laquelle elle a disputé la finale NCAA, avec une mission délicate à remplir : succéder à la pépite belge et MVP de la saison, Britt Herbots !

 

La mise en place requerra forcément un peu de temps. Mais pour Magali, les associations proposées et une longueur de banc quasi jamais vue à l’ASPTT offrent des solutions multiples et variées que le coach n’avait pas l’an passé. « Notre équipe est un mélange d’expérience et de jeunesse, elle allie insouciance et sagesse et présente un potentiel offensif très intéressant. Les postes sont doublés, il y a plus de solutions, c’est sûr. Avec le risque qu’il y a aussi : tout le monde aura envie de jouer ! Mais aujourd’hui, se poser la question de savoir qui va jouer, c’est un bon problème et c’est aussi ce qui avait fait notre force quand on a été champion de France : cette capacité de tous à se mettre au service du collectif. C’est ce qu’on espère créer cette année », exprime Magali.

 

Et cela tourne bien depuis le début d’une préparation plus longue que d’habitude. Les victoires en amical se succèdent avec, presque à chaque fois, une nouvelle rotation à chaque début de set. « Pour l’instant, ça ne nous empêche pas de gagner, il n’y pas de problèmes d’égo», note la technicienne mulhousienne. Ce week-end, sur ses deux premiers matches de l’Open Femina à Nancy, Mulhouse a ventilé ses deux adversaires (Wiesbaden et Vandoeuvre) sans concéder un seul set ! Mais Magali reste en vigilance et très prudente tant que les choses sérieuses ne sont pas encore lancées. «On a pu voir à l’intersaison que toutes les équipes avaient recruté intelligemment et bien. Le niveau du championnat augmente et, à ce stade, personne ne sait comment chaque équipe répondra mentalement », prévient-elle. Pour l’ASPTT Mulhouse, en tout cas, les premiers signes sont encourageants.