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Chamalières, l’énergie de l’espoir

le 07/09/2018
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Maintenu en Ligue AF, le club auvergnat repart en campagne avec des moyens très modestes, un effectif resserré, mais une belle audace, une énergie folle et beaucoup d’espoirs. 

 

Atman Toubani a la voix un peu lasse. La saison n’a pas encore débuté, la préparation en est à ses premiers balbutiements et pourtant l’entraîneur de Chamalières semble déjà enterré sous dix kilos de terre. « En fait, je n’ai pas trop le temps de lever le nez du guidon, alors qu’il le faudrait parfois. Ce championnat pro, c’est une essoreuse », avoue le technicien du VBCC. Difficile effectivement d’exister, de se construire et de gommer toutes les fragilités quand on est un club aux moyens très modestes, quand la masse salariale vous permet tout juste de constituer un groupe de dix joueuses et seulement neuf pros.

 

Oui mais voilà, il y a bien longtemps que Chamalières sait tout cela. Il y a bien longtemps que Chamalières a appris à vivre avec cela. Et même si les saisons sont rudes, comme la dernière, terminée avec quatre maigres succès, à la dernière place du classement, loin du reste de la troupe, les Auvergnats ont la tête haute et l’espoir aussi dur que du bois. L’an passé, Chamalières aurait sans doute fait beaucoup mieux, s’il n’avait pas perdu sa passeuse américaine, Kathleen Gates, au bout de quatre journées pour toute la phase aller. Derrière, il a fallu cravacher, en déséquilibre, heureusement porté par une énergie positive incroyable et sans fin. Et pour le staff chamaliérois, le simple fait d’être allé ainsi au bout, droit dans son fonctionnement et ses convictions, c’est comme avoir finalement assuré son maintien sur le terrain et non par le seul passage de la LAF à quatorze clubs cette saison. « Notre maintien, on l’a eu sportivement. On a pris le risque de partir comme ça, de tenir le budget à l’équilibre. On n’a pas dépensé l’argent que l’on n’avait pas. Il a fallu que les joueuses acceptent d’être seulement dix, de se déplacer en minibus, de manger des sandwichs ! J’aurais pu prendre les six meilleures joueuses du championnat et faire couler mon club ! On fait avec le peu qu’on a, on continue à pagayer », reconnaît Atman, soudain requinqué par le défi.

 

Et il sera de la même veine cette année. Chamalières retourne au combat, sans plus de sous en poches, mais avec une vraie lucidité sur ce que le club représente aujourd’hui dans le département du Puy-de-Dôme, et plus largement la région Auvergne-Rhône-Alpes dont il est le seul club féminin professionnel ! Derrière un recrutement sans esbroufe, mais tourné encore et toujours vers l’offensive, avec les arrivées notamment de joueuses capables de doubler les postes de pointue et réceptionneuse-attaquante, comme la Canadienne, Marie-Alex Belanger et la Colombienne Diana Arrachea, qui entoureront l’emblématique pointue camerounaise et capitaine du navire, Christelle Nana, Chamalières ne va pas faire de calcul. Le VBCC va jouer, tenter, risquer, car là est sa planche de salut ! « On garde notre ligne directrice, on va jouer avec trois pointues sur le terrain, un état d’esprit et un jeu qui va s’appuyer énormément sur nos ailières. Maintenant, on est plus petit au centre et on ne va tourner qu’avec deux centrales. C’est une prise de risque maximum », reconnaît Atman, sans faire de mystère technico-tactique.

 

Car, en Auvergne, la force est ailleurs. L’énergie est toujours en éveil, avec ce désir ardent de montrer des choses, d’oser. Cette saison encore, Chamalières va délocaliser trois matchs à la Maison des Sports de Clermont-Ferrand (Paris Saint-Cloud, Cannes et Béziers) et un quatrième se jouera même dans un autre département ! Histoire de raconter la belle histoire un peu plus loin. « Il y a un engouement, c’est génial. Deux années de suite en LAF, ça a déclenché quelque chose et ça donne de la crédibilité à notre projet. Il y a quelque chose à construire pas à pas. Mais ça va être dur », convient le coach. Mais le défi vaut le coup d’être relevé.