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« Ajaccio est un club à part »

le 16/07/2018
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Ajaccio a réalisé un très joli coup en attirant le passeur international, Pierre Pujol, tout récent champion d’Allemagne avec Berlin, ravi de retrouver la LAM et de relever ce nouveau challenge en Corse.

 

- Pierre, pourquoi ce retour en France, en LAM, alors que vous sortiez d’une saison couronnée d’un titre de champion d’Allemagne avec Berlin et que le club allemand vous avait même proposé une prolongation de contrat ?

C’est vrai que mon choix a étonné plein de gens. La décision n’a pas été simple car j’étais très bien à Berlin, où j’ai trouvé un club au top niveau, une salle pleine à craquer, avec la Ligue des Champions en plus la saison prochaine. Mais le coup de fil d’Ajaccio, les discussions que j’avais avec ce club depuis pas mal d’années déjà m’ont convaincu. Je voulais un club spécial si je partais de Berlin. Et Ajaccio est un club à part, un club qui monte, avec une ferveur populaire qui peut être assez incroyable par moment. Le projet sportif est cohérent, ils ont gagné deux Coupes de France récemment (2016, 2017), ils viennent de faire une demi-finale en championnat. Ils ont passé le cap. Et puis, c’est aussi un choix de vie, j’avais envie de revenir en France. Et dans ce club d’Ajaccio, j’ai beaucoup de connaissances, des amis proches, comme Ludo (Castard) et Dejan (Radic). Ça a fait pencher la balance aussi. C’était le bon moment pour rentrer.

 

- A 34 ans, ce n’est pas une pré-retraite sur l’île de beauté, mais bien plus un nouveau challenge que vous voulez relever ?

Bien sûr ! Je ne veux pas voir ça comme une dernière boucle ! Berlin me proposait un long contrat. Physiquement, je vais très bien. Tant que je n’ai aucune douleur, je veux continuer à être performant sur un terrain. Je me connais bien mieux qu’avant. Je ne viens pas pour jouer un an, deux ou trois ans. Si j’ai envie de jouer cinq ans, personne ne pourra m’empêcher de jouer cinq ans ! En Pologne, tu as des mecs qui jouent jusqu’à quarante barreaux ! Tant que tu prends du plaisir et que tu es utile à l’équipe, il n’y a pas de raison d’envisager autre chose.

 

- Ajaccio a parfois connu des exercices délicats ces dernières saisons en termes financiers, cela ne vous a pas refroidi ?

Quand tu lis certains trucs, tu te poses des questions. Mais les discussions avec les entraîneurs, le président, le staff, tu sens que ce club, même s’il a connu des difficultés, travaille sérieusement. C’est un des clubs français les plus rigoureux, les plus sérieux. A partir du moment où j’ai signé, je fais entièrement confiance. C’est un club, quand il te promet quelque chose, il te le paye. J’ai toujours fonctionné comme ça, à la parole donnée, et là-dessus je n’ai aucun doute. Il a pu y avoir une petite appréhension sur le moment, mais elle a été très vite évacuée.

 

- Sportivement, vous l’avez dit, Ajaccio commence à s’installer dans le haut depuis quelques saisons. Ajaccio peut-il venir embêter les gros, Tours ou Chaumont, dès la saison prochaine ?

Embêter, je ne sais pas. Quand on voit sincèrement ce qu’a fait Tours, les effectifs solides qui se construisent un peu partout, à Chaumont, Tourcoing, Narbonne ou ailleurs, c’est costaud. Mais Ajaccio a envie de faire un truc historique. Je sens ici cette volonté de faire quelque chose. Si tu te qualifies en Play-Offs, après tout se joue sur quelques matchs. Je sens que les gens au club ont envie de franchir les étapes. Tu sens qu’il y a une ferveur. Ici, à Ajaccio, quand tu commences à gagner, quelque chose peut se passer. A Berlin, tu sentais que ça avait déjà gagné. Là, ce n’est pas la même chose. Il faut franchir les étapes, en tout cas j’y vais pour ça.

 

- Au-delà, votre retour en LAM est aussi la preuve de la valeur sportive de ce championnat ?

J’en suis convaincu. Le championnat est parfois un peu rabaissé, dénigré par certains, mais ce sont des gens qui regardent peu de matchs. C’est certain qu’avec les quatre, cinq premiers du championnat italien ou polonais, la différence est nette, il n’y a rien à dire. Mais après, regarde le parcours de Chaumont en Ligue des Champions, Tours en CEV il y a deux ans. En LAM, tous les week-ends, tu sais que tu dois jouer au maximum pour ne pas perdre ! La France a son mot à dire parmi les meilleurs championnats européens.

 

- Vous avez même consenti des efforts sur le plan financier pour retrouver la LAM, non ?

Ce sont des choix personnels. Les discussions financières entre Ajaccio et mon agent ont duré six secondes et demie! Si j’avais voulu gagner plus d’argent, je serais resté à Berlin.

 

- En tout cas, avec Exiga, Castard, Dailey, Radic et vous désormais, Ajaccio ne va pas manquer d’expérience la saison prochaine ?

Je pense que ça va être intéressant parce qu’il y a des joueurs qui ont bourlingué, mais aussi pas mal de jeunesse avec Mendez, Carle, Bruckert. Je me dis que ça peut fonctionner, même si ça va prendre un peu de temps, avec notamment l’axe passeur-pointu qui change complètement. Mais l’équipe est capable d’avoir un niveau de jeu stable assez vite, je pense. Après, il faudra aller chercher plus haut.