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Béziers, un bonheur à bâtir

le 11/05/2018
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Sacré champion de France pour la première fois de son histoire, Béziers est définitivement entré dans le cercle des grands du volley féminin. Mais avec un nouveau coach et la Ligue des Champions, le club biterrois ouvre déjà une nouvelle page.

 

Bernard Fages est vite parti en vacances. Une semaine, pas plus, sitôt les dernières larmes de joie séchées et les derniers cotillons du titre historique balayés sur le parvis de l’hôtel de la ville de Béziers. Couronnées pour la première fois samedi dernier à Coubertin, en dominant l’immense RC Cannes aux vingt titres nationaux (3-2), les Angels ont quitté les cieux ordinaires pour s’élever définitivement parmi les grands du volley féminin français. D’un coup, le club a pris une nouvelle dimension, il a rejoint les galonnés, il a enfin mis du prestige au bout de ses ailes, lui qui ne passait jamais très loin depuis plusieurs années (finaliste LAF 2013 et Coupe de France 2017 et 2018).

 

Mais, en président avisé, en place au club depuis une vingtaine d’années, Bernard Fages sait aussi que derrière cet indicible bonheur, cette immense fierté, s’annonce un énorme chantier. Alors, il a pris quelques jours, pour souffler, pour faire tomber un peu l’émotion, avant de regarder droit devant et de s’atteler à la nouvelle tâche. « C’est une grande satisfaction et un soulagement aussi d’atteindre ce titre. C’est le premier du club, c’est un grand bonheur d’y arriver après trente ans d’attente. Honnêtement, je pense que Béziers aujourd’hui fait partie des grands. Les filles parlent entre elles et il y  a un vrai respect pour Béziers désormais. Les filles qui viennent jouer ici viennent jouer dans un grand club français. On est fier de ça, oui. Maintenant, le titre, c’est bien beau, mais le plus difficile, c’est la suite : comment on gère un titre, dans les têtes, financièrement et sportivement », avoue, lucide, le patron des Angels.

 

Déjà délicate à relever en temps normal, la mission, ici, s’annonce encore un peu plus sensible. Car à Béziers, le titre, dans toute sa gloire et la joie qu’il procure, s’accompagne d’un petit bémol. Alors qu’il aurait dû fédérer, embarquer tout le monde pour faire face aux nouveaux défis qui attendent le club, ce titre historique de champion marque paradoxalement la fin d’un cycle et parachève le septennat d’un coach emblématique, Cyril Ong. En place depuis sept ans, l’entraîneur des Angels a largement contribué à installer Béziers dans le premier cercle. Mais samedi dernier à Coubertin, il a vécu tout à la fois le plus intense et le dernier moment de bonheur de sa carrière sur la ligne des Angels. La fin de l’histoire lui a laissé un goût un peu amer. Ong aurait aimé continuer l’aventure, le club a fait un autre choix. « C’est le petit bémol absolument », convient, honnêtement, Bernard Fages. « Cyril est un très bon entraîneur. Il nous amène au titre de champion de France après avoir terminé 1er de la saison régulière. Au niveau sportif, les résultats sont là et c’est sûr que la séparation est quelque chose qui est mal vécue, autant par lui que par le club. Mais quelques soucis financiers à un moment ont fait qu’il a fallu prendre cette décision. Se séparer de Cyril Ong, c’est aussi la double peine pour moi en plus car c’est un ami. Le bémol de cette saison, ce sera ça. »

 

Béziers part donc un peu dans l’inconnu, même si c’est un homme du sérail qui succède à Cyril Ong sur le banc, en l’occurrence, Fabien Simondet, entraîneur de la N2, qui fut un temps l’adjoint de Ong en LAF. « C’est un gros challenge pour lui mais on aime bien relever les challenges ici. Une page se tourne, il faut l’accepter », résume encore le patron du club. Le bonheur est donc à bâtir. L’effectif devrait bouger dans les deux semaines qui viennent. Si pour l’instant, aucun mouvement n’a été acté, le club aura-t-il les moyens de garder ses joueuses maîtresses, notamment la meilleure marqueuse du championnat, Krystal Rivers ? D’autant que la Ligue des  Champions, coûteuse en énergie, l’est aussi, plus prosaïquement, en termes financiers. Pour faire face au cahier des charges et exister dans la plus prestigieuse compétition européenne, Béziers espère un geste des collectivités locales et de ses partenaires. « Je leur fais confiance. Il y a un engouement qui nous fait dire qu’on est  sur la bonne ligne. On aura un budget un peu plus conséquent et on devrait normalement y arriver. Après, au niveau sportif, on est en pleine négociation avec les filles, mais une ossature va rester. On aura une équipe performante. On n’est pas arrivé là pour jouer les seconds rôles, ce ne serait pas normal et ce n’est pas dans notre philosophie. On est plus des gagneurs qu’autre chose ! », clame le président, convaincu que le nouveau cycle à Béziers peut démarrer de belle façon.