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Chaumont, champion tranquille

le 04/05/2018
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Battu en finale de la Coupe de France, Chaumont revient à Paris pour défendre cette fois son titre de champion. Sans pression particulière, mais avec une grande motivation, le club haut-marnais rêve d’un deuxième sacre pour la dernière de son pointu star, Stephen Boyer.

 

Silvano Prandi n’a même pas un mot plus haut que l’autre. A l’instant de disputer face à Tours la finale du championnat, dans un cycle magnifique, avec l’opportunité de récidiver et de conserver son titre, l’entraîneur chaumontais fait une lecture paisible du rendez-vous. Non pas qu’il ne s’en émeut pas, non pas qu’il considère en avoir déjà trop vu et trop mené de ces batailles. Simplement, à 70 ans, Silvano Prandi a les pieds au sol et les idées ancrées à la réalité. « Ce n’est même pas une question d’expérience, c’est une question de considérer la réalité des choses », dit-il. Alors cette finale, idéale et somptueuse sur le papier entre les deux meilleures équipes de la saison régulière, l’Italien la range gentiment avec toutes les parties disputées cette saison. « C’est un match. Je ne pense pas en termes d’évènement. Je pense à un match, au service, au bloc, à l’équipe, aujourd’hui, demain. Il n’y a  pas de choses particulières. Pour moi c’est un match comme le premier de la saison, comme les quarante que l’on a déjà joués avec les mêmes choses à faire pour le gagner, rien de plus rien de moins. Il faut vivre la journée normalement. Je pense à ma famille, à quoi manger, comment dormir », glisse-t-il, calmement.

 

Aborder cette finale comme une rencontre ordinaire, ne pas être pollué par les signes extérieurs, l’émotion qui affleure, tous ces indices qui tendraient à prouver le contraire, voilà donc l’idée maîtresse du technicien chaumontais. Même si ce fin connaisseur sait bien que dans les corps et les têtes de ses joueurs, ça va forcément remuer un peu. Champion de France en titre, Chaumont revient en effet sur ce lieu magique qui le consacra l’an passé et le fit entrer pleinement dans la cour des grands. Cette année, le CVB 52 a confirmé, stabilisé ses ambitions au plus haut. Mieux, il s’est même fait une place jusqu’au premier tour des en Play-Offs de la Ligue des Champions ! Difficile dès lors de se cacher, de ne pas se laisser griser, alors qu’un deuxième sacre national vous tend les bras. « Chaque joueur a son caractère, je ne sais pas comment chacun va réagir. Pour moi, c’est important de gérer les entraînements sans changement particulier, pour ne rien souligner de nouveau. Les joueurs connaissent l’importance du match, mais c’est la même chose que face à Paris en demi-finale ou Tourcoing en quart. Si tu perds Tourcoing au premier tour, tu es éliminé et les Play-Offs sont terminés ! »

 

Mais Chaumont a franchi les obstacles, nordiste puis parisien, et le revoilà donc à Coubertin, après y avoir chuté en finale de Coupe de France, face, justement, à Tourcoing. Mais la plaie est, a priori, guérie et refermée aujourd’hui. Dans ses causeries de la semaine, Silvano n’en a même pas fait état. « On a joué une finale de Coupe ici, on a perdu, ok. C’est une expérience qui laisse peut-être des choses. Mais c’est toujours mieux de prendre l’habitude de jouer des matchs importants. Individuellement, c’est plus facile de gérer la pression, peut-être plus forte, sur ce type de match. Mais bon ici, à Chaumont, il n’y a pas de pression particulière. C’était bien pour nous de vivre la semaine qui précède tranquillement», répète encore l’entraîneur italien.

 

Reste l’atmosphère et le contexte que Silvano ne peut occulter. Au-delà de la légitimité immense que cette deuxième finale LAM consécutive (la 5e finale en deux saisons toutes compétitions confondues !) apporte à l’équipe haut-marnaise, elle marque aussi la fin d’une aventure, celle que le coach et tout le club ont partagé durant trois saisons avec un jeune talent devenu pépite, Stephen Boyer. Samedi, le pointu de l’équipe de France disputera son dernier match sous le maillot chaumontais, devenu trop petit désormais pour ses larges épaules. Mais là encore, Prandi ne veut pas en rajouter. Pas maintenant en tout cas. « On a dix joueurs qui partent, on ne pense pas seulement à Stephen ! », réplique-t-il. « Comme tous les ans, on vient faire le mercato à Chaumont, car il y a de bons joueurs pas très chers. Penser à l’année prochaine, ce n’est pas une bonne chose. Le lendemain, on pensera au futur et si le club veut fêter Stephen, très bien. Mais maintenant on doit penser au match car on a un titre devant nous. »

 

Et une équipe du TVB qui lui fait face avec toute l’autorité que lui confèrent son histoire et son parcours quasi sans-faute sur la deuxième partie de saison. Pour tout cela, le technicien italien est bien conscient de la difficulté de la tâche et n’accorde finalement que peu de crédit au fait que Chaumont ait dompté deux fois Tours sur l’exercice régulier. « Tours a gagné la saison régulière, c’est l’équipe la plus forte de la ligue et le favori naturel de la finale », estime-t-il. Mais si Chaumont reste tapi, tranquille, il est un champion en titre, avec  le cœur qui va avec désormais…