Billetterie

Tours, le fil de l’histoire

le 02/05/2018
'.$actu->_Identite['LibelleActualite'].'

Le sextuple champion de France revient à Paris pour tenter de décrocher un septième titre. Leader de la saison régulière, impressionnant sur la phase retour, le TVB s’est construit tout au long de la saison pour vivre ce moment-là.

 

Pris comme cela, ça n’a rien de grisant ou d’exceptionnel. Tours est en finale du championnat de France de volley, la belle affaire. Après le recrutement costaud de l’intersaison, l’ajout décisif de Konstantin Cupkovic en décembre dernier, le TVB, leader de la saison régulière, avait tout intérêt à pousser loin son carrosse en Play-Offs. Mais cela, c’est si on reste en lisière des choses. Car, quand on entre un peu plus dans le moelleux, dans le cœur de la saison tourangelle, il a fallu du temps, du caractère, quelques recadrages et du talent pour en arriver là. « On a réussi à se construire, ça n’est pas venu tout seul. Ce que j’aime dans l’histoire de ce groupe-là, c’est que dans un début de saison un peu délicat, une élimination en Coupe de France, l’histoire un peu « merdique » de la Coupe d’Europe, nos difficultés à trouver la bonne carburation à l’extérieur, il s’est forgé un caractère, un mental. On a eu du mal à avoir des certitudes, ça a pris du temps. Mais cette première partie de saison, il ne faut pas l’occulter, elle nous a permis de nous construire », raconte Cédric Enard, l’entraîneur tourangeau.

 

Et voilà donc le TVB qui revient à Paris, pour y disputer une finale face au champion sortant Chaumont, et tenter d’y décrocher un septième titre de champion de France. Après deux saisons sans finale hexagonale, derrière une année 2015 triplement magique (championnat, Coupe de France, Supercoupe), Tours veut clairement reposer sa grosse paluche sur le volley français. Même si ça ne semble pas affoler plus que cela Cédric Enard, qui n’aura donc vécu qu’une seule saison au TVB, avant de disputer samedi soir son dernier match en bord de terrain tourangeau. Mais il aura eu le temps d’apprivoiser la pression et d’emmagasiner un joli vécu en une dizaine de mois ! « La pression, tu l’as vis depuis le mois d’octobre. A Tours, il y a un devoir par rapport à la performance, c’est l’ADN du club. Cette finale ne rajoute pas une pression supplémentaire, au contraire. On a construit tout ça dans la difficulté et cette semaine, il n’y a plus que deux équipes qui s’entraînent pour gagner un match, c’est Chaumont et nous. Il y a surtout une farouche envie de profiter de l’événement », raconte le technicien.

 

Quant aux agitations, aux émotions éventuelles autour de son départ, planifié et validé de longue date déjà pour cause d’équipe de France (Cédric Enard est l’un des adjoints de Laurent Tillie), il esquisse un petit sourire entendu. « Le volley, c’est un sport co, mais il ne faut pas se leurrer, c’est hyper individualiste. Le maillot, les valeurs etc…, ça disparaît progressivement. Mon départ n’impacte pas les joueurs, chacun défend sa carrière, les gars, ça ne les affecte pas. Mais on a vécu une belle histoire ensemble et j’aimerais bien emmener ce groupe au bout », avoue, très honnêtement, l’entraîneur du TVB.

 

D’autant que défier Chaumont en finale, c’est renouer le fil de l’histoire tout en bouclant la boucle. C’est un dernier acte idéal entre le n°1 et le n°2 de la saison régulière, plus vu en LAM depuis le Tours – Poitiers de la saison 2011-2012 ! Pour le TVB, c’est surtout se souvenir que c’est à Chaumont, cette saison que tout a commencé. Par une gifle en Haute-Marne (3-0) le 9 décembre dernier, des remises en questions, pas mal de discussions, avant l’irrésistible envol. « On perd assez sèchement là-bas et  on reste tous ensemble à Chaumont, à l’hôtel, le dimanche et le lundi,  avant d’aller jouer à Ajaccio. On prend le temps de discuter, de débriefer et c’est tout de suite validé par une victoire en Corse. Puis derrière, Cupkovic arrive et va agir un peu comme un détonateur dans le groupe. »

 

Depuis, Tours n’a perdu que deux matchs pour arriver en finale. Et même s’il compte deux revers dans les deux confrontations face au CVB 52 en saison régulière, Cédric Enard préfère retenir que l’un le fut sans Cupkovic et l’autre sans Nathan Wounembaina (blessé et rentré en jeu pour deux réceptions seulement). Aujourd’hui, le coach se plaît surtout à parler d’équilibre, dans la vie et dans le jeu de son équipe. « L’histoire de cette saison fait que maintenant, on arrive sur les matchs avec beaucoup plus de sérénité dans les temps faibles. Quand on prend des petits éclats, on s’affole moins. Il y a du recul, de la lucidité et des joueurs d’expérience pour rassurer tout le monde», avise-t-il. De quoi écrire, samedi, un bel épilogue au bas de la dernière page du livre de l’année…