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«Tirer le maximum du collectif»

le 13/04/2018
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Quatrième de la saison régulière, Ajaccio et son entraîneur, Frédéric Ferrandez, ont fait mieux que tenir les objectifs et défient ce soir Poitiers en quart de finale avec vigilance et ambition, mais aussi déjà un point en poche.

 

- Frédéric, Ajaccio n’a pas fait de bruit cette saison, mais quand on jette un œil à votre exercice 2017-2018, il est pourtant joliment réussi non ?

C’est une saison positive, en termes de résultats, c’est certain. L’objectif principal était de faire une place entre 5 à 8 et l’on termine quatrième donc de ce côté-là on a rempli plus que l’objectif ! On souhaitait aussi aller loin dans les Coupes, malheureusement en Coupe de France, on est tombé dès le 2e tour sur une grosse équipe parisienne et en Coupe d’Europe (éliminée en quart de finale de CEV Cup par Rzeszow), il n’y avait pas grand-chose à faire.

 

- Vous avez souvent bataillé, vous avez souvent été dans les matchs cette saison, on a le sentiment  d’une équipe à fort caractère, qui ne lâche rien ?

C’est la marque de fabrique, l’ADN d’Ajaccio depuis plusieurs années, c’est la personnalité qu’on essaye de donner à cette équipe. On veut faire jouer au maximum l’adversaire, réduire le plus possible les fautes, être patient dans les échanges. On sait que quand on rencontre des équipes plus physiques que nous, on a du mal.

 

- En termes de jeu, Ajaccio peut aussi s’appuyer sur une intéressante palette offensive. C’est précieux d’avoir ainsi plusieurs recours en attaque ?

Bien sûr oui. On savait dès le début de saison que l’on n’avait pas les moyens de s’appuyer sur un élément très fort comme Boyer, Patry, Al Hachdadi dans d’autres équipes. Il fallait tirer le maximum du collectif. On a mis un peu de temps à le faire, mais sur le classement de la phase retour, je crois que l’on est 2e et c’est quand même très bien ! On essaye de proposer différentes choses, de varier, de multiplier les problèmes pour nos adversaires. On travaille beaucoup tactiquement et parfois, on arrive à bien mettre les choses en place. Lors du premier match face à Poitiers, l’adversaire a peut-être mieux réceptionné que nous, mais sur le bloc-défense, on a peut-être été mieux qu’eux.

 

- Ca veut dire que cette équipe est bien équilibrée, mais aussi fortement stabilisée, avec des «anciens» qui connaissent la maison comme Exiga, Dailey, Lacassie et finalement peu de renouvellement l’été dernier ?

La stabilité était pour moi la chose la plus importante. C’était nécessaire de pouvoir travailler sur plusieurs années avec un noyau de joueurs pour leur faire comprendre que le style de jeu serait comme ça, pour les intégrer au système.

 

- Et sur le recrutement, le pointu argentin, José Luis Gonzalez, est une très bonne pioche ! 

Je le suivais depuis deux ans. Petreas, qui le connait, m’en disait du bien. Je l’avais aussi vu avec l’équipe nationale argentine. J’ai eu la chance qu’il soit disponible au moment où je l’ai approché, il a aussi fait des efforts financiers pour venir ici. Il est arrivé au dernier moment et on n’a pas fait de folie ! Je suis très heureux de l’avoir cette année. Son expérience et son professionnalisme nous ont fait beaucoup de bien.

 

- Quel est votre état d’esprit avant ce quart retour ce soir à Poitiers. Un peu plus tranquille en vous disant que vous avez un petit bonus en poche ?

Non, pas du tout ! L’état d’esprit est le même qu’à 0-0. C’est le message que j’ai voulu faire passer aux joueurs cette semaine. Même si on a effectivement un petit avantage, on repart de 0. Il faut partir dans cet état d’esprit-là sinon on risque de faire un faux-pas.

 

- A Poitiers, il y a un phénomène, Mohamed Al Hachdadi. Y-a-t-il un plan contre lui ?

Bien sûr qu’il y a un plan ! Mais ça je ne vous le dirai pas. Il y a des stratégies mises en place pour tenter de le limiter. Il y aura des moments dans le match où on va le «laisser tomber», d’autres où on va se focaliser sur lui. Mais au-delà d’Al Hachdadi, il faudra que l’on soit solide dans nos prises de décisions et nos positions sur les gros serveurs de Poitiers. Après, on sait qu’Al Hachdadi a une part très importante en attaquant la moitié des ballons. Si on le canalise, on peut faire la différence. Mais on sait aussi que ça va se jouer sur les fins de set, il faudra bien gérer ces moments-là.

 

- Malgré cette bonne saison, Ajaccio semble encore, comme lors de la dernière intersaison, dans l’incertitude en termes financiers pour construire la saison prochaine ?

C’est même pire cette année. On ne sait pas financièrement où on va. Pour l’instant, le président a stoppé le recrutement. On a perdu des collectivités territoriales et tant que l’on n’a pas le budget, le président ne prendra pas de risque. Le danger, c’est de perdre des joueurs et j’espère que tout le travail fait depuis plusieurs années ne sera pas remis en cause. 

 

- Cette situation doit évidemment vous interpeller aussi à titre personnel, non ?

C’est la question oui. Est-ce que je ne vais pas faire l’année de trop ? Est-ce que je vais être suivi, pouvoir garder les joueurs que je veux, en avoir qui puissent apporter une plus-value ? Ce sont des questions de coach, c’est normal. On a réussi à faire avec peu de choses jusqu’à maintenant. Je suis libre à la fin de saison. Le président m’a dit qu’il voulait me garder, mais je n’ai aucun contrat en main pour l’instant.