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Hasanova, les yeux au ciel

le 11/04/2018
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La centrale du Cannet, Olena Hasanova, élue dans le six majeur LAF, est l’une des révélations du championnat. Mais l’internationale azerbaïdjanaise ne compte pas s’arrêter là et vise haut dès cette saison.

 

Il y en a eu pourtant des chamboulements. Des virages, des bouts d’histoire, des pans de vie. Enfant d’Ukraine, née à Kharkov, la deuxième plus grande ville ukrainienne après Kiev, Olena Hasanova n’a pas grandi au volley dans la ouate. Et son arrivée en France l’été dernier était tout sauf simple à appréhender pour la jeune fille qui avait alors 21 ans seulement. «Ça a été une décision difficile pour moi de changer de pays, m’adapter à un nouveau climat», avoue-t-elle. «Mais je savais qu’il fallait passer par là pour progresser.» De Kharkov, où Olena fit ses tous premiers pas de volleyeuse, jusqu’à Bakou, en Azerbaïdjan, où elle prit véritablement conscience qu’elle avait de jolis atouts, en même temps qu’elle endossa le passeport et le blason de l’équipe nationale, en passant entre temps par Zaporojie, son parcours n’est pas commun. Un tantinet dans le rude. Mais il a forgé le mental et le jeu de cette centrale offensive, rapide, verticale et explosive, qui a indéniablement marqué de son talent, le championnat LAF 2017-2018.

 

D’ailleurs, quand elle se confesse et se raconte, par écrit de préférence, jugeant, sans doute à tort, son anglais parlé encore trop juste, on lit assez aisément entre les lignes que cette jeune femme élancée (1,88 m) a allégrement puisé dans son cheminement personnel ce désir farouche de s’élever très haut. «J’ai beaucoup travaillé sur moi-même. Je voulais devenir l’une des meilleures joueuses de ce championnat», clame-t-elle, sans fard. Meilleure contreuse de LAF (3,7 par match), 13e marqueuse (12,7 pts de moyenne) et première centrale de ce classement, Olena fut ainsi élue sans aucune contestation dans le meilleur six du championnat et parmi les grandes révélations de l’année. Mais si cela la touche assurément, ça ne lui suffit absolument pas ! «C’est un grand honneur que l’équipe, les coachs, le public aient eu confiance en moi. Mais je n’ai pas prévu de m’arrêter là, je veux maintenant obtenir le meilleur résultat possible et que l’équipe se batte pour les médailles», dit-elle joliment, quand il faut comprendre évidemment que son souhait le plus cher aujourd’hui est d’emmener Le Cannet en finale.

 

Elle sait Olena que l’équipe a été recalibrée pour cela à l’hiver dernier. Avec des renforts majeurs (la pointue Casanova et la passeuse Zivkovic) et une phase retour bonifiée, avec trois revers seulement, Le Cannet est revenu dans la course, malgré un retrait de six points en décembre dernier. Et si la croissance expresse du club interpelle certains, sur le terrain, l’équipe fait peur désormais. «On a maintenant une très bonne équipe, beaucoup de jeunes et talentueuses joueuses et nous sommes en ordre de marche pour lutter jusqu’au bout», convient la centrale ukraino-azerbaïdjanaise. Mais en attendant de mettre des actes sur les mots, Le Cannet est clairement sous pression avant le match retour de son quart de finale samedi soir. Battues sèchement à l’aller par Saint-Raphaël (3-0), «les Guerrières» de la Côte d’Azur n’ont pas le droit à l’erreur, si elles veulent au moins repousser la série jusqu’au match d’appui dans le Var, et continuer à lever les yeux au ciel.

 

Mais rien ne sera simple. Olena a découvert cette saison un championnat de qualité, extrêmement dense et homogène. «Toutes les équipes en Play-Offs sont dignes de se battre pour le titre. Ce championnat est totalement imprévisible», remarque la centrale d’Europe de l’Est, emplie d’ambition et humble tout à la fois. «Je ne me considère pas comme une forte centrale, mais j’aime vraiment ce que je fais», avise simplement Olena, quand il s’agit de parler un peu d’elle. Consciente sans doute qu’elle-même et ses copines du Cannet peuvent encore aller beaucoup plus haut…