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Chaumont tombe, Nantes rêve

le 21/03/2018
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Battu 3-0 par Trente hier, Chaumont a quitté la Ligue des Champions au terme d’un formidable parcours. Sur le front européen, il ne reste désormais plus que Nantes, dernier représentant français, au défi turc de Bursa, ce soir en Challenge Cup.

 

C’est la fin de  l’histoire. Mais ce n’est surtout pas le terme de tout. Loin de là. Bien au contraire même. Pour ses premiers pas en Ligue des Champions, Chaumont a entrouvert une porte qu’il n’avait sans doute même pas espéré franchir. Champion de France 2017, convié au plus prestigieux banquet du volley européen, le club haut-marnais roulait des yeux comme des billes. Il n’avait pas vraiment les épaules, absolument pas les structures, contraint d’accueillir ses hôtes à Reims, à 80 kilomètres de son petit théâtre habituel, Jean Masson, pas homologué pour les grandes représentations de ce style. Mais dans ce contexte, entre l’émoi de la découverte, la peur du vide et le désir de vivre à l’égal des plus grands, Chaumont a bataillé et rivalisé toute l’année, avec une ferveur, une envie, un fond de jeu solide et une férocité à domicile qui ont fini par l’installer, le convaincre qu’il avait le droit de rêver.

 

Propulsé en Play-Offs dès sa première campagne en Ligue des Champions, Chaumont a replacé le volley français de clubs au centre du jeu. Seul Tours (2014 et 2016) avait réussi à atteindre le premier tour des Play-Offs lors des cinq dernières saisons. La présence de Chaumont n’est donc pas anodine : elle confirme la bonne tenue et l’épaisseur du championnat de France désormais. Et il ne s’en est finalement pas fallu de grand-chose que les Chaumontais aillent plus loin. La défaite d’hier à Trente, lue par le seul prisme du score final (3-0), sonne bien trop sèchement. Vainqueur à l’aller (3-2), quand il aurait peut-être pu l’emporter 3-1, le CVB 52 a manqué en Italie de lucidité, de malice, de sang-froid dans toutes les fins de set. Et pourtant, il mena à chaque fois : 21-24 dans le 1er, 22-23 dans le 2e et 21-22 dans le 3e. Mais il prit une volée de services d’Eder, un coup de sang de Lanza et il plia.

 

Privé sur ses deux confrontations de son atout maître en attaque, Stephen Boyer, Chaumont est passé tout près et il regrettera sans doute longtemps de ne pas avoir pu compter sur sa star offensive pour dynamiser le jeu et mettre la réception transalpine un chouia plus sous pression. L’histoire aurait pu être totalement différente et peut-être ne se serait-elle pas finie hier alors. Mais Silvano Prandi connaît trop les choses du volley pour ne pas se servir de cette magnifique épopée. Chaumont veut déjà y revenir et il sera sans doute plus fort…

 

Il ne reste donc plus sur le champ que le VB Nantes désormais. Ce soir, les filles de Sylvain Quinquis reçoivent les Turques de Bursa. Le défi est de taille, la mission délicate. Dominées d’un coup sec à l’aller en Turquie (3-0), les Nantaises doivent donc l’emporter 3-0 ou 3-1 pour disputer un set en or et rêver à une première finale historique en Challenge Cup. En face, Bursa connaît mieux que quiconque la petite musique. Double vainqueur et tenant du trophée (2015, 2017), Bursa est musclé et rompu à ce genre de combats. Nantes, lui, y va avec des «espoirs ras-la-gueule» et un joli grain de folie sous les semelles. Ça peut ne pas suffire, mais ça peut aussi vous emmener loin pour peu que ce soir, dès le début du match, la magie prenne à Mangin Beaulieu.

 

Car, malgré la netteté du score à l’aller, l’entraîneur nantais est rentré au port la tête haute et pleine d’idées. «Les filles ont sorti un bon match. Ça c’est vraiment joué sur des détails», avisait-il sur le site du club. Nantes est donc résolu à se battre et il l’est d’autant plus qu’il peut s’y lancer à plein, sans frein et le cœur léger. Septième ex aequo de LAF, le VBN est assuré de disputer les Play-Offs du championnat, avant même le verdict de la dernière journée de la saison régulière ! Ce soir, il n’y a donc aucune retenue à avoir et c’est justement le sens des mots de la pointue nantaise, Katie Carter : «Il y a quelque chose à faire. Dans la tête des filles, ce match retour de Coupe d’Europe est l’objectif suprême. S’il y a un moment où le travail d’une saison doit payer, c’est sur ces matchs-là, s’il y a un moment où l’on doit récompenser le soutien du public, c’est maintenant !» Ce soir, ils seront 2 500 à pousser leurs héroïnes. Une place en finale n’est peut-être pas si loin…